Strass Syndicat du travail sexuel - TravailleurSES du sexe en lutte !

Soirée Empower : Militance Pute en Thaïlande

Mardi 11 juillet,  19h30 à la Mutinerie 75003 Paris

Le Strass est heureux d’accueillir des travailleuses du sexe du collectif militant Empower pour une Rencontre autour du travail du sexe en Thaïlande.
En prenant comme support de discours des productions artistiques faites par les travailleurSes du sexe elles-même, Maï et Oa nous exposeront les situations spécifiques rencontrées par les sexworkeuses Thaïlandaises, et leurs stratégies de lutte contre les forces de police et les « escadrons de sauveteuses acharnées ».

La Rencontre-Discussion sera accompagnée de la projection « Last Rescue in Siam » film court satirique réalisé par le collectif Empower
et de l’exposition de la « Milda Tapestry »: une longue oeuvre d’art brodée cousue par des travailleuses du sexe migrantes, documentant l’impact des descentes de police sur leurs vies. L’usage de la tapisserie comme support tourne également en dérision le fait que les travailleuses du sexe sont régulièrement forcées ou encouragées à se former à la couture comme solution de lutte contre la précarité et promue comme activité professionnelle valorisante pour les femmes.

Event Facebook : Soirée Empower : Militance Pute en Thaïlande

 

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Protégeons-nous des agressions !

Travailleuses du sexe les violences augmentent.
Protégeons-nous !

Le STRASS – Syndicat du TRAvail Sexuel, créé et géré par et pour les TravailleurSEs du Sexe, défend les droits de touTEs et lutte contre la stigmatisation, les discriminations et les violences que nous subissons.

En partenariat avec Médecins du Monde et le Lotus Bus nous menons le projet TEM« Tous en Marche contre les violences faites aux travailleurSEs du sexe. » Ensemble nous nous engageons dans la création d’un dispositif d’alerte et de signalement des individus dangereux que nous pouvons croiser dans notre activité.

Pour que ce dispositif d’alerte corresponde à vos besoins merci de donner un peu de votre temps en remplissant ce questionnaire Anonyme et Confidentiel.

Français :        https://webquest.fr/?m=31808_luttons-contre-les-violences

English:           https://webquest.fr/?m=32072_fighting-against-violences

Español:          https://webquest.fr/?m=32071_luchar-contra-las-violencias

 

Si vous avez été victimes de violences et que vous souhaitez témoigner, si vous avez besoin d’aide ou d’informations sur vos droits ou sur les structures qui peuvent vous aider, contactez-nous.

Solidairement,

L’équipe du Strass
Strass – Syndicat du Travail Sexuel
c/o Act-Up
8 Rue des Dunes
75019 Paris
Site web :       Strass-syndicat.org
Courriel :        contact@strass-syndicat.org
Les permanences du STRASS :
chaque jeudi de 17h à 21h à Paris
chaque vendredi à Marseilles
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Mutuelle santé et prévoyance pour les travailleurSEs du sexe, une première en France !

Le STRASS est heureux d’annoncer le lancement d’une mutuelle santé et prévoyance pour les travailleurSEs du sexe en France.

Notre syndicat a identifié la MPI comme partenaire (http://www.mutuelle-mpi.fr/) permettant ainsi aux travailleurSEs du sexe en France de bénéficier d’une couverture santé prenant en charge les soins non remboursés ainsi que les incapacités de travail et invalidités.

En France, les travailleurSEs du sexe étant excluEs du droit commun, nous ne pouvons nous déclarer qu’en tant que travailleurSEs indépentantEs, et ne pouvons bénéficier des mêmes avantages que les salariés. Cela signifie que toute maladie ou accident revient à notre charge, raison pour laquelle nous avons décidé, via le STRASS, de mutualiser nos efforts afin de réduire les coûts de notre protection sociale et d’augmenter la couverture de nos soins.

Le lancement de cette mutuelle représente une grande avancée pour les droits et la protection sociale des travailleurSEs du sexe. Nous envisageons par la suite la création d’une couverture retraite sur le même principe.

Contact : Axelle 0641113858

 

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Appel à manifestation samedi 8 avril 2017 départ 15h00 place Pigalle

Un an de pénalisation, un an de trop !

Marche pour les droits des travailleurSEs du sexe et contre la pénalisation du travail sexuel

Nous, associations de travailleurSEs du sexe, féministes, pour la santé, de lutte contre le sida, ou pour les droits humains, alertons sur le bilan catastrophique d’une politique de pénalisation contreproductive.

La pénalisation des clients ne fait pas baisser le nombre de travailleurSEs du sexe mais dégrade leurs conditions de travail. Par ailleurs, cette mesure comme l’ensemble de la loi du 13 avril 2016 n’a aucun impact sur la traite des êtres humains.

En revanche, la précarisation s’est généralisée avec un rapport de force inversé en faveur des clients. Avec un pouvoir de négociation affaibli, des déplacements et un isolement accrus, les travailleurSEs du sexe prennent plus de risques pour leur santé et leur sécurité, conduisant à une perte du suivi sanitaire, des interruptions de traitement, et des témoignages de violences plus nombreux. Il est urgent de mettre fin à ces mesures qui mettent en danger celles et ceux que la loi prétend défendre.

Venez nombreuSEs

Signataires :

Acceptess-T, Act Up-Paris, Aides, Amis du bus des femmes (Paris), Autres Regards (Marseille), Cabiria (Lyon), Collectif Droits & Prostitution, Collectif des femmes de Strasbourg-St Denis (Paris), Elus Locaux Contre le Sida, Grisélidis (Toulouse), Itinéraire Entr’Actes (Lille), Médecins du Monde, MWASSI-Collectif afro-féministe, Planning Familial, Les Roses d’Acier (collectif des travailleuses du sexe de Belleville), STRASS – Syndicat du Travail Sexuel

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TOUS.TES CONCERNEES

Notre syndicat est le premier témoin et l’organisme le plus légitime pour porter notre parole sur les violences que nous subissons dans l’exercice de notre activité car il est composé de personnes concernées, éclairées et porte une expertise, par son ancienneté, de longue date.

Ces violences nous les avons entendues lors de nombreux témoignages, ces violences nous les avons  vécues nous même, adhérent.Es et membres du Comité d’Administration du Strass. Ce sont les violences des lois et de la stigmatisation sociale telles que déclinées ci dessous:

Proxénétisme hôtelier = violence
  • interdiction de louer à un.e Travailleur.Se  Du Sexe pour qu’elle.il puisse travailler dans un endroit décent = violence
  • abus sur les loyers de la par des propriétaires avisés du risque lié à l’activité = violence
  • confiscation/réquisition du lieu de travail= violence.
  • changement permanent du lieu de travail pour échapper à l’abus de loyers excessifs, à la stigmatisation du voisinage, aux expulsions = violence
  • invisibilité des personnes donc le non accès aux services des associations de terrain et l’exposition aux agressions = violence.
Proxénétisme de soutien =  violence
  • freins à la vie privée dans la condition aux revenus pour être en couple = violence.
  • non usage libre de nos revenus pour aider les proches, y compris nos enfants = violence.
  • impossibilité de travailler avec des collègues ou de donner des conseils = violence.
  • impossibilité d’avoir des prestataires de sécurité = violence.
  • surexposition au danger et agressions exponentielles   = violence
Harcèlement policier et justice arbitraire = violence
  • contrôles de papiers = violence.
  • gardes à vue = violence.
  • perquisitions = violence.
  • chantages à l’expulsion contre dénonciation (de qui hors situation de traite ?)pour les sans papier.Eres = violence.
  • chantages à la dénonciation et intimidations = violence.
  • corruption = violence.
  • refus de dépôts de plainte pour viol et agressions, traitement et accueil en commissariat arbitraires = violence.
  • traitement arbitraire des victimes lors de procès = violence.
Arrêtés anti prostitution = violence
  • harcèlement policier = violence.
  • amendes = violence.
  • véhicules en fourrière = violence.
  • recul du lieu de travail dans des endroits qui exposent au danger = violence.
Loi du 8 avril 2016 et la pénalisation du client = violence
  •  perte des clients et témoignages de descente dans une extrême précarité quotidiens et exponentiels = violence.
  • impossibilité de choisir le client et l’exposition aux agresseurs potentiels= violence.
  • exposition aux prises de risques sanitaires = violence.
  • fermeture des sites d’annonces = violence.
  • éloignement géographique même hors du territoire loin des siens pour conserver ses revenus = violence.
  • surveillance des sites à des fins de traque fiscale et sociale et redressements = violence.
  • stigmatisation et victimisation de notre activité qui attirent les agresseurs potentiels, portées et soutenues par les porteurs de cette loi = violence.
  • chantage au retour dans son pays d’origine contre parcours de sortie obligatoire pour les sans papier.Es TDS= violence
  • lobby des associations, élus, gouvernement pour la prohibition= violence

 

La stigmatisation sociale =  violence
  • statut des TDS victimes ou  personnes de mauvaise vie  = violence
  • positions patriarcale et matriarcale  des institutions et du gouvernement actuel = violence
  • dénie de notre parole = violence
  • refus de soins dans le corps médical = violence
  • refus de prêts dans les organismes bancaires donc déni de projets de vie  = violence
  • traitement patos des médias du travail sexuel  = violence
  • chantages anonymes à la dénonciation de l’activité = violence
  • exposition aux tentatives de rackets accompagnés de coups et viols ciblés sur les TDS de la part d’individus ou de bandes organisées = violence

Notre syndicat le Strass existe depuis le 20 mars 2009 et a pour objet l’étude, la représentation et la défense des intérêts collectifs, professionnels et moraux de toute personne amenée à échanger un service de nature sexuelle moyennant contre partie et de toute personne salariée ou indépendante ou travaillant pour son propre compte exerçant une activité liée à la sexualité.

Nous avons pour objectif de garantir l’effectivité des droits fondamentaux des personnes concernées. Ainsi que l’effectivité du droit du travail, fiscal en lien avec l’activité.

Quelques lignes  ne sauraient expliquer pourquoi nous, TDS, sommes victimes depuis toujours, des lois et de la stigmatisation mais les vécus quotidiens et analysent  que nous en tirons devraient amener à conclure que nous sommes victimes des stigmatisations, des lois prohibitionnistes et sur le proxénétisme et que celles-ci sont égal à violences pour notre population.

L’ implication et l’engagement du Strass  dans le programme Tous en Marche  contre les violences est ,au-delà de sa pertinence, au plus haut point légitime, contrairement à ce que pensent  et ce que font les lobby favorables à la criminalisation de notre activité qui n’ont de cesse de diffamer notre objet, notre travail et les personnes que nous représentons. Il ne peut y avoir d’expertise et d’avancées réelles et objectives pour nos droits sans les témoignages des personnes (anonymes ou non) concernées qui nous sont apportés lors de nos permanences hebdomadaires, nos tournées en île de France et par nos différentes fédérations en régions, par nos centaines d’adhérents, par nos milliers de contacts en Europe et à l’internationale , par nos échanges sur les réseaux sociaux, enfin par la transmission intracommunautaire de nos expériences et nos savoirs individuels sur notre activité et ses conditions.

Nous  avons lutté et continuerons pour nos droits à être respectés et traités comme tout travailleur exerçant une activité légale avec des obligations, projets et engagements  familiaux, sociaux et fiscaux.

Nous  continuerons à mettre en lumière les violences étatiques afin que nous soyons respecté.Es et dénonçons  qu’au travers de cette énième loi qui criminalise notre activité en s’en prenant à la source même de nos revenus, les politiques et institutions sont dans l’illégalité car notre activité est légale  et que le déni de  nos droits fondamentaux orchestré par l’idéologie engendre donc toutes les violences, baffoue  les fondements des droits des hommes et des femmes, leur sécurité et leur parole, et anéantit, en faisant de notre activité une zone de non droit, le but initialement recherché :  la lutte contre les violences inhérentes à l’exploitation et la traite.

C’est pourquoi nous sommes aujourd’hui acteurs du programme Tous en Marche contre les violences en partenariat avec Médecin du Mondes et le Bus des Femmes et que nous appelons au témoignage de toutes les violences que vous rencontrez dans votre activité et que nous mettons à disposition de touTEs les travailleurSEs du sexe  les outils et compétences humaines, matérielles et juridiques pour les combattre.

Les témoignages et les personnes bénévoles sont, plus que bienvenues, indispensables dans cette dénonciation des violences que nous subissons quotidiennement. Vous pouvez apporter vos témoignages et vos soutiens par mail aux adresses ci-dessous.

Nos contacts : violences@strass-syndicat.org ainsi que contact@strass-syndicat.org

Solidairement.

Mylène Juste

Secrétaire Générale pour le Strass

 

 

 

 

 

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8 Avril 2017 – Manifestation : un an de pénalisation, un an de violence, un an de précarisation, un an de trop !



La loi du 13 avril 2016 pénalisant nos clients a considérablement aggravé nos conditions de travail et de vie. Nous ne nous laisserons pas abolir par une idéologie criminelle.

Nous appelons à une manifestation le samedi 8 avril 2017 pour exiger l’abrogation de la pénalisation des clients et de toute mesure prohibitionniste.

Inscrivez vous sur l’événement Facebook

 

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TOUS EN MARCHE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX TRAVAILLEUSES DU SEXE

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Les travailleuses et travailleurs du sexe constituent une des catégories de la population les plus exposées aux violences de toutes sortes.

Ces violences ne sont pourtant pas inhérentes à l’activité de prostitution elle-même.
Les prostituées font l’objet de discrimination à la fois en lien avec leur activité, mais aussi en raison de leur situation sociale et administrative souvent précaire.
Ces discriminations constituent autant de barrières pour accéder à leurs droits et aux services de santé.

La très forte incidence de violences d’une part et le très faible recours aux droits de l’autre forme un « cercle vicieux » qui contribue à perpétuer les violences à l’égard des prostituées.

Ce projet vise à favoriser l’accès aux droits et aux services de santé pour les travailleuses et travailleurs du sexe victimes de violence dans le cadre de leur activité afin de « briser » ce cercle vicieux et réduire, à terme, l’incidence des violences à l’égard de ces personnes.

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OBJECTIFS

  1. →Renforcer les capacités des travailleuses et travailleurs du sexe à prévenir les violences par la mise en place d’un système d’alerte et la formation des différents acteurs.
  2. →Favoriser l’accès aux soins des victimes par l’élaboration de bonnes pratiques de prise en charge, la mise en place d’un parcours de prise en charge et la sensibilisation des professionnels de santé à la problématique des violences.
  3. →Garantir l’accès aux droits des victimes par l’élaboration de bonnes pratiques de prise en charge, la mise en place d’un parcours de prise en charge et la constitution d’un réseau de professionnels sensibilisés à la problématique des violences.
  4. →Mesurer l’impact et diffuser les bonnes pratiques par le recueil et l’analyse de données et la communication autour de celles-ci.

EXEMPLE

TEM3ENTRE 2006 ET 2014, un individu surnommé Longs Cheveux a agressé et violé, parfois sous la menace d’une arme, des dizaines de travailleuses du sexe chinoises à Paris. Il sélectionnait ses victimes parmi les femmes qui venaient d’arriver dans le quartier et qui étaient les plus isolées. Il montrait à ses victimes une photo de lui en compagnie d’une femme en uniforme de police pour les menacer. Ses victimes pensaient donc qu’il était protégé par la police et que cela ne servait à rien d’aller porter plainte. D’ailleurs, une femme a porté plainte contre lui en 2006 et sa plainte n’a eu aucune suite. Cela a eu un impact très négatif pour l’ensemble des victimes, renforçant l’idée qu’il était protégé par la police. En lui assurant qu’elle serait soutenue par les associations, l’animatrice de prévention a réussi à convaincre une autre victime de porter plainte.

Un rendez-vous a alors été pris avec un officier de police connu du Lotus Bus. Un interprète a été mis à disposition par la police pour le dépôt de plainte. Petit à petit, presque 30 femmes ont porté plainte. Cela reste très peu par rapport au nombre total de ses victimes (presque 100). Grâce au courage de quelques victimes, cet agresseur a pu être arrêté. Si le courage des victimes a été déterminant dans l’arrestation de cet agresseur, le soutien des associations a permis de surmonter nombre d’obstacles qui se dressent devant les victimes de violences et plus encore quand elles sont travailleuses du sexe. Si les victimes avaient été soutenues dès le début dans leurs démarches d’accès aux droits et aux soins, de nombreuses violences auraient pu être évitées.

PRÉSENTATION DES STRUCTURES

capture-decran-2016-12-11-a-02-50-27LES AMIS DU BUS DES FEMMES est une association communautaire créée en 1990 par et pour les prostituées à Paris. Ses actions principales sont la prévention du VIH, des hépatites et des IST, l’accueil et l’accompagnement, la lutte contre l’exclusion et les discriminations ainsi que l’accès aux droits fondamentaux.

capture-decran-2016-12-11-a-02-44-57MÉDECINS DU MONDE est une association de solidarité internationale qui s’appuie sur l’engagement de ses membres pour porter secours, depuis plus de 30 ans, aux populations les plus vulnérables dans le monde et en France.

LE LOTUS BUS est un programme de Médecins du Monde de promotion de la santé et des droits des travailleuses du sexe chinoises à Paris.

strass-logohdLE STRASS (Syndicat du TRAvail Sexuel) est un syndicat communautaire créé en 2009 par des travailleurSEs du sexe lors des Assises européennes de la prostitution. Il revendique l’application du droit commun à touTEs les travailleurSEs du sexe, permet aux travailleurSEs du sexe de reprendre la parole dans le débat public sur leur activité professionnelle et sensibilise l’opinion publique à la réalité de la politique menée par la France contre les travailleurSEs du sexe.


CONTACT

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Sarah-Marie Maffesoli

MÉDECINS DU MONDE

62 bis avenue Parmentier

75011 Paris – 01 43 14 81 50

                                                                       

sarah-marie.maffesoli@medecinsdumonde.net


 

 

 

 

 

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8 mars : droits des travailleuses du sexe = droits des femmes !

le STRASS appelle à la manifestation qui partira ce samedi à 14h de Belleville, à l’appel du Collectif 8 Mars pour touTEs.

« Nos corps, nos identités et nos histoires nous appartiennent. Ils n’appartiennent ni aux hommes, ni à l’Etat. Nous ne leur laisserons pas.

Contrôle policier, contrôle judiciaire, contrôle médical, contrôle politique, contrôle économique, contrôle social, contrôle moral.

A l’image de nos vies, nos corps de femmes sont des champs de bataille.

Nous ne céderons pas.
En nous privant de libertés et de notre autonomie, notamment économique, les hommes et l’Etat ont fait de nous des guerrières.
Nous ne nous battons pas par romantisme mais pour vivre.
Nous ne nous battons pas avec des armes de guerre mais chaque jour porte son lot d’obstacles à franchir. Chacune d’entre nous a développé ses propres stratégies et ses propres armes, seule ou collectivement.
Ce combat est quotidien, ce combat est familier : ce combat est notre force.
Nous le menons parce que ce sont nos vies qui sont en jeu.
Pour les femmes, vivre, c’est combattre, et nous avons décidé de vivre.

Pour la dignité de chacune et pour la justice pour toutes et tous.
Pour que soient respectés aujourd’hui et toujours : nos choix, nos désirs, nos besoins. »

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la transphobie tue.

Hier, une de nous nous a quittéEs.

Aujourd’hui, nous sommes en colère. En colère contre un Etat putophobe et transphobe, qui, parce qu’il refuse de nous reconnaitre et de nous accepter comme nous sommes, d’écouter nos plaintes et les demandes de changements d’état civil des personnes trans, de prendre au sérieux les agressions dont sont victimes les travailleuSes du sexe dans le cadre de leur travail rend nos vies trop souvent trop difficiles à vivre.

Aujourd’hui, nous sommes tristes, et nous nous joignons à la douleur des proches de Karima, sa famille, ses amiEs des Myriades Trans, ses collègues de la fédération de Limoges, touTEs celles et ceux qui l’ont connue et la regretteront.

Cette colère et cette douleur ne manqueront pas de nous accompagner dans nos luttes : Karima a rejoint celles en la mémoire de qui nous allons continuer à nous battre, à combattre ces discriminations qui touchent particulièrement les personnes trans’ et travailleuses du sexe.

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PROSTI TUÉES !

“Lobbys religieux, charity-business, démagogie, errances idéologiques, bonne conscience, politiquement correct, mensonges, manipulation… Abolitionnisme : pour en finir avec ce système.”

Alternative Libertaire a choisi de faire dans son numéro de juillet-aout 2010 un dossier sur la prostitution avec pour titre « Proxénètes, Clients, PROSTI   TUEURS, pour en finir avec ce système ». (1)

Ils expliquent que leur volonté d’écrire ce dossier est venue de leur rencontre avec des féministes qu’ils appellent ‘pro-prostitution’ ainsi que de groupes qu’ils nomment règlementaristes. Des militantes du STRASS ayant fait partie du collectif féministe en question, nous croyons comprendre que c’est de nous entre autres qu’il s’agit à travers ces mots. L’éditorial du dossier est en fait plus précis, parmi les exemples de ce qu’AL appelle ‘l’offensive règlementariste’ ils citent : « création d’un syndicat de prostitué-e-s – le Strass –, pétition demandant la mise en place de services sexuels pour les personnes handicapées, articles dans des grands quotidiens appelant à la constitution de maisons de prostituées autogérées… »

Ni le STRASS ni ses alliées féministes ne se sont ‘pro-prostitution’, mais défendent la légalité du travail sexuel, sa dignité, son droit d’exister sans souffrir de discriminations, d’opprobre et de violence. Le STRASS n’est pas un lobby ‘pro-prostitution’ mais un syndicat de défense des droits des travailleurs et travailleuses du sexe. L’amalgame est trompeur, et l’on ne dirait pas des autres syndicats qu’ils défendent le capitalisme quand ils défendent les travailleurs. Le STRASS n’est pas règlementariste. (2) En fait, le STRASS est l’organisation en France qui se bat le plus contre le règlementarisme car c’est nous qui avons été à la pointe du rejet de la réouverture des maisons closes prônée par la députée UMP Chantal Brunel en hiver dernier. C’est nous qui avons consacré les Assises de la prostitution 2010 au Sénat en partenariat avec le Collectif Droits et Prostitution sur le thème de l’opposition aux maisons closes, et c’est nous encore qui avons organisé la seule manifestation publique le soir de ces Assises, ayant clairement comme mot d’ordre le rejet de la proposition de Brunel. (3) Nous nous sommes maintes fois exprimé publiquement sur notre refus des maisons closes.

Il est évident qu’AL a une définition faussée du règlementarisme, mais certainement aussi de l’abolitionnisme et du prohibitionnisme. Nous considérons en effet le réglementarisme comme une politique de contrôle et de répression de la part de l’Etat qui est en contradiction totale avec nos revendications, parmi lesquelles notre proposition de maisons ouvertes autogérées en coopératives, sans patron ni contrôle d’un tiers ou de l’Etat. Nos revendications pour la reconnaissance de notre existence, le droit commun et l’égalité des droits, et la décriminalisation de notre travail par l’abolition de toutes les lois sur la prostitution s’apparentent au contraire bien plus à la volonté originelle de l’activiste et fondatrice de la philosophie abolitionniste, Joséphine Butler. Or, il est vrai que nous ne nous définissons pas non plus abolitionnistes, car ce courant a été récupéré et dévoyé par des prohibitionnistes souvent d’obédience chrétienne ayant pour but final l’abolition du travail du sexe, par le contrôle social de la prostitution et notre « réhabilitation ».

Ce courant bénéficie de millions d’euros de subventions publiques chaque année afin de lutter contre la prostitution, avec des centaines de personnes salariées dans toute la France ayant tout intérêt à préserver leurs intérêts économiques. Pour ne prendre exemple que de l’une d’entre elles, l’Amicale du Nid bénéficie d’un budget annuel de 12 200 000 euros avec plus de 200 salariés. (4) L’abolitionnisme tel qu’il existe aujourd’hui est donc avant tout un business très juteux. Ces organisations défendent la criminalisation de l’organisation de notre travail à travers les lois sur le proxénétisme, sans distinguer le proxénétisme de contrainte du proxénétisme de soutien, et maintenant militent pour la pénalisation de nos clients, contrairement à ce qu’ils déclaraient lors de leur audition au Sénat, en 2001 estimant que c’est une “fausse solution”. C’est dans cette ligne idéologique qu’AL veut se situer, en prétendant ne pas être prohibitionniste parce qu’ils sont contre la criminalisation du racolage. Or, le délit de racolage n’est qu’une des mesures d’un ensemble législatif prohibitionniste qui criminalise les travailleurs et travailleuses du sexe de bien des façons.

L’autre raison pour laquelle nous ne nous définissons pas abolitionnistes est que toutes ces organisations participent à la confiscation de la parole des travailleurs et travailleuses du sexe, soit par notre maintien au silence, soit par la calomnie, en nous accusant d’être complices de trafiquants, de proxénètes, de pédophiles et de violeurs, quand nous ne le serions pas nous mêmes.(5) La seule parole des travailleurs du sexe qui leur semble valable est celle qu’ils instrumentalisent, c’est-à-dire celle de personnes présentées comme victimes, n’ayant pas la capacité de faire leur propre choix et nécessitant leur aide charitable.

Ce n’est pas ainsi que nous concevons notre libération. Nous pensons au contraire que le statut de victime est un piège, qui nous enferme dans une posture de passivité, et nous prive de moyens d’actions pour nous auto-organiser. Les abolitionnistes ont beau avoir de belles intentions, nous ne leur reconnaissont aucun droit à décider de nos vies et des actions que nous devons mener, comme le fait de continuer à exercer le travail du sexe ou non.

Il est déplorable qu’AL ait décidé de procéder de la même façon en rédigeant tout un dossier sur notre travail, sans se donner la peine de consulter les divers collectifs de travailleurs et travailleuses du sexe qui existent en France, dont le STRASS. AL s’arroge le monopole de l’autogestion en déniant la parole des travailleurs et travailleuses du sexe dans son analyse et nous explique pourquoi  dans un texte datant de 2007: «Nous ne participerons pas aux luttes revendiquant des droits attachés au « métier » ou au statut de prostitué(e)s, mais avec les prostitué(e)s aux luttes universelles qui les concernent aussi (lutte pour les droits sociaux universels, lutte contre les lois sécuritaires). » (6) Voilà tout le paradoxe de la position abolitionniste d’AL qui refuse de considérer les travailleurs du sexe dans leur diversité et divise les prostituées en traçant une frontière improbable : d’un côté les “bonnes” prostituées victimes et de l’autre ; des libérales complices du système patriarcal et du capitalisme mondialisé. Comme si nos luttes, bien que partagées par des libertaires, n’étaient pas légitimes parce qu’émanant de femmes, de trans’ et d’hommes exerçant le travail sexuel mais refusant la victimisation et la confiscation de notre parole par des “spécialistes” auto-proclamés, et préférant nous syndiquer pour enfin, nous faire entendre. Y a-t-il d’autres groupes de travailleurs pour lesquels AL conditionne ainsi sa solidarité ?

En lisant le dossier d’AL, les seuls ‘experts’ cités, à l’exception d’Andrea Dworkin, n’ont aucune expérience du travail du sexe. Ce qui est éclairant par ailleurs, c’est que ces ‘experts’ se contredisent entre eux. En effet, AL interviewe le sociologue Lilian Mathieu qui les met pourtant en garde contre les erreurs des courants abolitionnistes. Son livre, La Condition Prostituée, explique très bien l’essentialisme de l’idéologie abolitionniste et Mathieu a dû dénoncer le manque de rigueur scientifique des autres ‘experts’ cités comme Richard Poulin, et en particulier leur habitude de fabriquer de faux chiffres. (7)

Celles et ceux qui militent pour les droits des travailleurs et travailleuses du sexe savent que les chiffres avancés sont pour la plupart faussés, quand ils ne sont pas inventés de toute pièce. Par exemple, lors de chaque événement sportif international, nous entendons la même légende urbaine des 40 000 femmes victimes de la traite déportées d’un endroit à l’autre de la terre. (8) AL décide de présenter les mêmes faits et décrit la prostitution en France comme dominée par la traite. Il semble donc qu’AL se base sur les mêmes chiffres que ceux délivrés par le Ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux. Cependant, le STRASS a déjà démontré dans une tribune sur LeMonde.fr que les chiffres du Ministre sont faux, basés sur le nombre de personnes arrêtées dans le travail de sexe de rue et ne reflètent en rien la réalité de la prostitution en France.(9) En effet, les personnes arrêtées en priorité par la police sont étrangères car le délit de racolage a pour but de les expulser. Il ne reste plus qu’aux courants abolitionnistes d’imposer le dogme selon lequel tous les travailleurs et travailleuses du sexe étrangèrEs sont des victimes de la traite car par définition il ne peut y avoir pour eux de migration économique s’agissant du travail sexuel. Nous en arrivons donc à la conclusion erronée que la grande majorité des prostituéEs en France seraient des victimes de la traite des êtres humains.

“Post hoc ergo propter hoc”

Ce constat biaisé érigé en vérité scientifique permet ensuite, pour le gouvernement d’expulser autant qu’ils veulent, et pour les courants abolitionnistes de revendiquer de plus amples mesures prohibitives dont la principale est à présent la pénalisation de nos clients. Comme son titre l’indique, avec en couverture l’image d’une ombre d’homme portant un costume représentant le pouvoir masculin, le dossier d’AL tient la position des hommes comme centrale dans l’existence de la prostitution et de la traite. En plus de la figure du proxénète, qui pourtant dans la réalité est souvent une femme, le nouveau responsable de tous les maux des femmes est le client de prostituéEs. C’est lui qui est considéré comme responsable de la traite des femmes, car c’est lui qui créerait la demande pour le marché du sexe. En plaçant, le rôle du client comme central dans son analyse, AL commet l’erreur d’omettre les travailleurs et travailleuses du sexe. En général, la raison pour laquelle nous exerçons le travail du sexe n’est pas à la suite d’une demande d’un client mais pour des raisons économiques.

La plupart du temps, c’est nous qui allons chercher le client pour répondre à nos besoins. En voulant criminaliser nos clients, AL ne répond pas à notre situation économique, mais met en danger les ressources que nous avons à notre disposition par le travail du sexe. AL a beau préciser que des droits universels devraient nous permettre de ne plus avoir à travailler dans l’industrie du sexe, mais la répression de nos clients telle qu’elle s’est déroulée dans les pays qui ont choisi ce  modèle, et telle qu’elle est présentée par le reste des courants abolitionnistes ne va pas dans ce sens. En réalité, la répression des clients est le moyen de ne pas avoir à résoudre la question de notre situation économique, et de fait, ne fait pas disparaitre la prostitution. Si AL considère sérieusement le problème de la précarité des femmes et des minorités qui ont recours au travail du sexe comme forme de stratégie économique, ils ne devraient même pas avoir à envisager la question de nos clients mais tenter de trouver de meilleures options. La criminalisation de nos clients au contraire aggrave notre précarité car elle nous prive d’une partie de nos revenus, nous force à travailler dans des espaces plus éloignés de la police pour conserver notre clientèle et donc à travailler plus longtemps et dans de plus grands dangers.

AL répondra alors que la majorité des prostituéEs étant des victimes de la traite, notre situation économique n’est qu’un facteur secondaire car minoritaire, un souci de capitalistes libéraux présentant la « figure mensongère de l’indépendante faisant croire que la prostitution est faite par et pour les travailleuses: l’argent leur reviendrait ». Or, même si AL avait raison et que la majorité des prostituées étaient des victimes de la traite, criminaliser les clients ne supprimerait pas la ‘demande’ de sexe. Elle ne ferait que réprimer celui qui pour l’instant est le seul acteur qui peut encore appeler la police sans risque d’être arrêté, et celui en meilleure position de mettre fin à la traite des êtres humains concrètement en étant en direct contact avec les victimes. Si AL connaissait un peu mieux nos clients, ils sauraient qu’ils ne viennent pas dans le désir ordinaire de nous dominer, parce que la sexualité des hommes n’est pas vouée par essence à toujours vouloir dominer celle des femmes.

Le STRASS déplore qu’une organisation libertaire puisse défendre de telles positions, celle de lobbys religieux, contre l’auto-organisation des travailleurs et travailleuses du sexe dénoncée comme règlementariste, et envisage peut-être même la pénalisation de nos clients. Nous estimons que c’est un réel recul de la part des mouvements anarchistes et libertaires quand on sait par exemple qu’Emma Goldman avait dénoncé la fabrication du mythe de la traite des blanches par les mouvements chrétiens et prohibitionnistes afin de contrôler les femmes du peuple en réprimant davantage l’exercice de la prostitution. Goldman plaçait la question de la situation économique des femmes au centre de son analyse et jamais n’a accusé les prostituéEs d’être complices du capitalisme ou du patriarcat. (10)

1 http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article3631

2 http://www.strass-syndicat.org/2009/11/reouverture-des-maisons-closes-mise-au-point-sur-la-position-du-strass/

3 http://www.strass-syndicat.org/2010/04/assises-de-la-prostitution-et-pute-pride-2010-revue-de-presse-suite/

4 http://www.fondationscelles.org/index.php?option=com_content&task=view&id=208&Itemid=111

5 http://www.mouvementdunid.org/Feu-Verts-au-proxenetisme-Lettre

6 http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article707&var_recherche=prostitution%20abolitionnisme%20

7 http://www.contretemps.eu/socio-flashs/ce-que-melange-entre-expertise-militantisme-peut-produire-pire

8 http://endehors.net/news/une-legende-urbaine-les-40-000-prostituees-d-europe-de-l-est-importees-en-allemagne-pour-la-coupe-du-monde-de-football

9 http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/06/02/combien-de-travailleurs-du-sexe-sommes-nous-par-thierry-schaffauser_1366353_3232.html

10 http://womenshistory.about.com/library/etext/bl_eg_an8_traffic_in_women.htm

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