Strass Syndicat du travail sexuel - TravailleurSES du sexe en lutte !

Bordeaux : Rencontre – Situations de prostitution – Travail du sexe

Situations de prostitution / travail du sexe

Contexte Local – Luttes – conditions de travail – lois – prostitution de rue et internet

Rencontre avec

les travailleur-se-s sociaux-ales d’IPPO
(association d’aide d’accès aux soins et aux droits pour les personnes en situation de prostitution)
ET
Marin Prin, Secrétaire Générale du STRASS (syndicat du Travail Sexuel)

organisée par Les VOLTAIRINES
asso féministe engagées dans la défense des droits et l’autonomisation des femmes, des lesbiennes et des personnes trans’, ayant pour objectif la création d’un espace d’accueil de jour : un lieu d’accompagnement, de socialisation, d’échanges et de solidarité pour, avec et entre femmes, lesbiennes et personnes trans’

jeudi 18 juin 2015 à 18h30
Athénée Libertaire
7 rue du Muguet 33000 Bordeaux

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TOULOUSE : Rassemblement contre la pénalisation des travailleurSEs du sexe, des prostituéEs et de leurs clients

Le 12 juin 2015, l’Assemblée Nationale étudiera en deuxième lecture la proposition de loi visant à « lutter contre la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle, contre le proxénétisme et pour l’accompagnement des prostituées».
La mesure phare de cette proposition, la pénalisation des clients, bien qu’elle ait été dénoncée par le Sénat, a été réintroduite dans le texte et à toutes les chances d’être finalement votée. De plus, nous revendiquons l’abrogation du délit de racolage public qui avait également été supprimé par le Sénat.
En novembre 2013, un nombre important d’associations locales s’étaient mobilisées et nous avions été près de 300 à défiler dans les rues toulousaines pour dénoncer cette mesure. Une telle mobilisation est plus que jamais nécessaire pour éviter l’adoption de ce projet de loi qui aura des conséquence désastreuses sur les conditions de vie et de travail des travailleurSEs du sexe et des prostituées.
Grisélidis et le STRASS appellent donc les associations de santé communautaire, de santé, de lutte contre le Sida, LGBT et féministes, ainsi que toutes les personnes solidaires avec les travailleurSEs du sexe et les prostituéEs à ce rassembler vendredi 12 juin 2015 à 17h au métro Jean Jaurès.

« Prostitution: Non à la pénalisation – On veut des putains de droits! » premiers signataires :  Grisélidis, Médecins du Monde 31, Aides 31, le Planning Familial 31, Act Up Sud Ouest, la Case de Santé, le STRASS, Arc En Ciel, Santé Active et Solidaire, Faire Face, Homosexualités et socialisme, l’Ebranleuse et Afrique Arc-en-ciel.

11116331_787295328052290_7397544420197504182_oTOULOUSE : Vendredi 12 juin 2015 – 17h – Esplanade François Mitterrand (Métro Jean Jaurès)

https://www.facebook.com/events/1024139017597695/

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Commission spéciale du Sénat : Table ronde avec le Strass et Act Up-Paris

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le STRASS Toulouse était invité par l'émission féministe Voyelles

émission à télécharger et à écouter ici http://voyellesfm.wordpress.com/anciennes-emissions/2014-2/

Marie est notamment revenue sur l’altercation avec Zero Macho lors de la manifestation pour le droit à l’IVG, ainsi que sur la situation actuelle des travailleurSEs du sexe, et nos revendications.

Un grand merci à toute l’équipe de Voyelles pour cette émission !

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Mission 'Prostitution' au Sénat : les rapporteurs doivent être dessaisis !

Bien que les auditions soient encore en cours au Sénat et que démarre à peine le travail de réflexion engagé depuis un peu plus d’un mois sur « la situation sociale des personnes prostituées » au sein de la Commission des affaires sociales, les deux rapporteurs de la Mission chargée de la question se sont fait remarquer en proposant des amendements en faveur de la pénalisation des clients (Chantal Jouanno, UDI-UC) et du maintien du délit de racolage public actif (Jean-Pierre Godefroy, groupe Socialiste), cela à l’occasion du vote de la proposition de loi déposée par Esther Benbassa (groupe écologiste) le 28 mars dernier revenant justement sur une approche répressive et contre-productive de la prostitution.

Le STRASS dénonce la partialité des sénateurs chargés de mener une enquête sur la situation et surtout les besoins des travailleurSEs du sexe et non de justifier l’adoption de mesures répressives qu’elles-mêmes, leurs alliéEs et nombre d’experts indépendants dénoncent [1]. Le manque patent d’objectivité et d’attention des rapporteurs de cette Mission s’est illustré lors de l’audition du STRASS : Chantal Jouanno a tout simplement cru bon de s’absenter longuement et à plusieurs reprises.

Nous avons déjà eu affaire à la partialité de la députée Danielle Bousquet et savons aujourd’hui à quoi nous attendre. Elle avait également déposé une proposition de loi en faveur de la pénalisation des clients en 2006 (laquelle Chantal Jouanno admet d’ailleurs avoir plagiée [2] [3]) et avait, sans surprise, remis à l’Assemblée nationale en 2011 un rapport allant dans le même sens, quitte à instrumentaliser ou détourner la parole des personnes auditionnées, y compris celle des travailleurSEs du sexe !

Le but inavoué mais non moins flagrant de cette nouvelle Mission est de légitimer la prohibition de la prostitution au nom d’une meilleure protection des prostituéEs alors que les travailleurSEs du sexe ne cessent, d’une part, de mettre en garde contre les effets catastrophiques qu’aurait une telle mesure pour leur sécurité et leur santé et, d’autre part, de réclamer l’application du droit commun, sans discrimination, pour être en mesure de se défendre elles-mêmes contre les abus et violences dont elles peuvent faire l’objet [4].

C’est pourquoi le STRASS exige :

  • que la Commission des affaires sociales du Sénat confie cette Mission à des sénateurs qui sauront faire preuve d’objectivité, d’écoute et ne cherchant pas à tout prix à imposer une idéologie prohibitionniste, dangereuse et minoritaire.
  • que soit abandonnées toutes mesures réprimant le travail sexuel, qu’elles visent les travailleurSES du sexe et/ou leur clientEs.
  • l’application du droit commun aux travailleurSEs du sexe, sans discrimination, notamment dans le cadre de la lutte contre les violences et les abus.
  • que les éluEs cessent de légiférer sans tenir compte de l’avis des premièrEs concernées, dont l’expertise est seule légitime à exprimer ce qui est bon ou pas pour elles.

[1] http://www.cns.sante.fr/IMG/pdf/2010-09-16_avi_fr_prevention-2.pdf,

http://www.undp.org/content/dam/undp/library/HIV-AIDS/Governance%20of%20HIV%20Responses/Commissions%20report%20final-FR.pdf.

Commission citoyens-justice-police, De nouvelles zones de non-droit. Des prostituées face à l’arbitraire policier, 2006,
http://www.ldh-france.org/IMG/pdf/prostituees_arbitraire_policier.pdf.

http://www.igas.gouv.fr/spip.php?article291

[2] Mme Chantal Jouanno : « Je ne vais pas vous mentir, c’est un plagiat revendiqué de la proposition de loi Geoffroy-Bousquet, qui est elle-même la transcription fidèle des recommandations contenues dans le rapport de nos deux collègues députés sur l’abolition de la prostitution et la reprise de la proposition de résolution votée à l’unanimité à l’Assemblée nationale en ce sens.»

[3] (amendement n°4 portant création de stages de sensibilisation des clients incriminés – sic – ) : « Mme Chantal Jouanno. Il s’agit, une fois de plus, d’un « copier-coller » de la proposition de loi de Mme Bousquet et de M. Geoffroy… »
Voir: http://www.senat.fr/seances/s201303/s20130328/s20130328013.html#Niv3_art_Articles_additionnels_apres_T

[4] http://www.planning-familial.org/communiques-de-presse/oui-peut-etre-feministe-et-contre-la-penalisation-des-clients-005273,

Commission citoyens-justice-police, Un harcèlement institutionnalisé. Les prostituées chinoises et le délit de racolage public, 2013,
http://www.ldh-france.org/IMG/pdf/ccjp_rapport_final_un_harcelement_institutionnalise_avec_annexes.pdf.

Dossier de presse contre la pénalisation des clients, Collectif Droits & Prostitution/Strass
http://strass-syndicat.org/wp-content/uploads/2011/06/dossier_de_presse_penalisation_clients1.pdf

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Abrogation immédiate et complète de l’infraction de racolage public

Alors que la proposition de loi déposée par la sénatrice Esther Benbassa va être discutée jeudi en séance publique au Sénat, le groupe socialiste du Sénat continue ses petits arrangements avec les promesses de campagne du candidat Hollande.

La proposition de loi avait été déposée une première fois en novembre dernier avant d’être retirée à la demande de la ministre des droits des femmes au prétexte qu’elle attendait le rapport de l’IGAS sur les enjeux sanitaires des prostitutions. Elle a été à nouveau déposée pour être examinée le 28 mars prochain. Malgré l’adoption à la quasi-unanimité du texte en commission des lois, le groupe socialiste s’acharne à le dénaturer en déposant des amendement et motion qui vont à l’encontre de la promesse d’abroger le délit de racolage public. Après avoir tenté un renvoi devant la commission des lois du Sénat, il s’oriente maintenant, semble-t-il, vers un retour à la situation antérieure à 2003 en instituant à nouveau une contravention de racolage actif. L’objet de l’amendement est clairement énoncé : « il semble nécessaire d’assurer que le racolage ne disparaisse pas de notre arsenal juridique ». Quittant ainsi l’hypocrite posture pseudo-abolitionniste, le groupe socialiste s’affiche ainsi clairement dans une tendance prohibitionniste, considérant qu’il faut continuer à criminaliser les putes.

Parce qu’il est faux de croire qu’il s’agirait de diminuer la pression pénale pesant sur les travailleurSEs du sexe. L’expérience des 10 ans d’application du délit de racolage public nous permette d’affirmer sans ambages que la situation ne changera pas pour les travailleurSEs du sexe. La Cour de cassation avait essayé de circonscrire l’application de ce délit. Cela n’empêche en rien les forces de l’ordre d’user et d’abuser du pouvoir de contrôle qui leur est ainsi donné, se livrant ce faisant à un harcèlement institutionnalisé.

L’infraction de racolage, qu’il s’agisse d’un délit ou d’une contravention, visant le racolage passif ou actif, est une atteinte aux droits des travailleurSEs du sexe. En plus d’être stigmatisante, elle met en danger leur santé, leur sécurité, leur vie, en les éloignant des structures de prévention, de soins et d’accès aux droits. En outre, elle expose particulièrement les migrantEs aux violences, notamment policières. Loin de favoriser la lutte contre le travail forcé, la servitude, l’esclavage et la traite à ces fins, le maintien de l’infraction de racolage public au sein de l’arsenal juridique a pour principal objet de lutter contre la prostitution, en particulier des migrantEs.

Outre cet amendement, un amendement visant à pénaliser les clientEs a été déposé par la sénatrice Chantal Jouanno (dont la position contre le travail sexuel n’est plus à démontrer, alors même qu’elle est rapporteure de la mission sur la situation sociale des personnes prostituées). Nombreuses sont les organisations de travailleurSEs du sexe et d’alliéEs soutenues par des experts scientifiques indépendants à dénoncer le projet de pénaliser les clientEs et d’interdire toute prostitution qui ne ferait qu’aggraver la situation des travailleurSEs du sexe en les exposant davantage à toute forme de violence ou d’abus.

Toute criminalisation directe ou indirecte du travail sexuel a des conséquences réelles et catastrophiques sur les travailleurSEs du sexe. Il est indigne que le parti socialiste soutienne de la sorte la persistance de mesures dangereuses pour la vie, la santé, la sécurité des personnes et souhaite en adopter de pires.

 

Nous exigeons :

– l’abrogation immédiate et sans condition du délit de racolage public ;

– la fin immédiate de toute criminalisation et de toute répression du travail sexuel ;

– l’arrêt de l’instrumentalisation de la lutte contre la traite à des fins racistes, sexistes et putophobes ;

– l’application du droit commun aux travailleurSEs du sexe, notamment dans le cadre de la lutte contre les violences et les abus.

 

Contact Presse

Morgane Merteuil – 06.63.58.45.23

 

 


http://www.seronet.info/article/francois-hollande-le-sida-ne-doit-pas-seulement-concerner-ceux-qui-sont-porteurs-de-cette

http://www.igas.gouv.fr/spip.php?article291

http://www.senat.fr/amendements/2012-2013/440/Amdt_2.html

http://www.senat.fr/amendements/2012-2013/440/Amdt_1.html

Cass. Crim., 25 mai 2005, n° 04-84769 et 04-84714.

Commission citoyens-justice-police, De nouvelles zones de non-droit. Des prostituées face à l’arbitraire policier, 2006, http://www.ldh-france.org/IMG/pdf/prostituees_arbitraire_policier.pdf.

Commission citoyens-justice-police, Un harcèlement institutionnalisé. Les prostituées chinoises et le délit de racolage public, 2013, http://www.ldh-france.org/IMG/pdf/ccjp_rapport_final_un_harcelement_institutionnalise_avec_annexes.pdf.

http://infos.fondationscelles.org/index.php?option=com_content&view=article&id=532%3Ala-prostitution-n-est-ni-un-metier-ni-un-mal-necessaire&catid=103%3Afondation-scelles-infos-n-22-fevrier-2013&Itemid=232&lang=fr

http://www.senat.fr/presse/cp20130123.html

http://strass-syndicat.org/wp-content/uploads/2011/06/dossier_de_presse_penalisation_clients1.pdf,http://www.planning-familial.org/communiques-de-presse/oui-peut-etre-feministe-et-contre-la-penalisation-des-clients-005273, http://www.npa2009.org/content/communiqu%C3%A9-du-npa-prostitution-contre-lhypocrisie-de-la-p%C3%A9nalisation-des-clients.

http://www.cns.sante.fr/IMG/pdf/2010-09-16_avi_fr_prevention-2.pdf, http://www.undp.org/content/dam/undp/library/HIV-AIDS/Governance%20of%20HIV%20Responses/Commissions%20report%20final-FR.pdf.

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« Prohibition2012 » : les masques tombent

Suite à l’annonce de la possible abrogation du délit de racolage dans les semaines à venir, le collectif « Abolition 2012 » s’est insurgé dans un communiqué de presse repris en partie ici. Ces associations, qui prétendent défendre les droits des femmes, trouvent cette abrogation « précipitée », et auraient préféré attendre la proposition d’une loi plus globale comprenant la pénalisation des clients. Cependant, alors que les travaux parlementaires sont toujours en cours, les putes, elles, tous les soirs, continuent de subir arrestations, humiliations, viols et expulsions. Cela dure aujourd’hui depuis dix ans. Lorsqu’elles parlent de « précipitation », les abolitionnistes montrent tout le mépris qu’elles ont pour la vie et l’intégrité de celles qu’elles prétendent protéger.

Par ailleurs, dans ce même communiqué, « Abolition2012 » cherche à nous faire croire que l’abrogation de la loi pénalisant le racolage « ne réglera aucunement la question de la précarisation des personnes prostituées ». Alors que depuis dix ans, les associations travaillant au quotidien avec les travailleuses du sexe – comme les associations de lutte contre le sida, le CNS, la CNCDH, le PNUD, Médecins du Monde, Le Planning Familial, ou encore plus récemment la LDH – démontrent régulièrement la responsabilité de cette loi dans la dégradation de la situation sociale et sanitaire des travailleurSEs du sexe, le collectif Abolition2012 voudrait balayer leurs expertises en une phrase.

Au lieu de se réjouir d’une telle proposition de loi, les associations membres de « Abolition2012 » préfèrent prendre le risque de retarder un peu plus l’abrogation du délit de racolage, voire de la faire échouer. Ce faisant, elles se font les complices de la répression policière ainsi que des violences que nous subissons chaque jour et que nous continuerons de subir jusqu’à l’abrogation effective de cette loi.

Les masques tombent enfin. Alors qu’elles s’y disaient favorables, nous n’avions jamais vu les associations abolitionnistes se mobiliser pour l’abrogation du délit de racolage. Nous comprenons aujourd’hui la raison de cette absence : la victoire de leur idéologie et la nécessité de voir leurs subventions renouvelées a toujours primé sur la vie des travailleurSEs du sexe.

Stopper une violence faite aux femmes n’est jamais une décision « précipitée » : l’abrogation du délit de racolage est urgente ! Elle doit se faire sans condition !

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Une nouvelle équipe pour le STRASS

L’Assemblée Générale du STRASS s’est tenue le 2 juin dernier.

Lors de cette AG nous avons renouvelé notre bureau et élu les personnes suivantes :

Morgane Merteuil, secrétaire générale

Nicole Simovic, trésorière

Le reste du CA est composé de :

Tatiana M.

Cornelia Schneider

Chloé N.

Maitresse Gilda

Samantha

Manon

Les portes paroles sont également reconduites dans leur fonction à savoir :

Maitresse Gilda

Tiphaine Besnard

Isabelle Schweiger

Le STRASS est à présent composé de 462 membres à jour de leur cotisation.

La priorité de la nouvelle équipe pour l’année qui vient sera la lutte contre la pénalisation des clients.

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Justice – Communiqué de presse.(mise à jour 02/03/2011)

Le 17 février 2011, la 17ème Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris, a reconnu que Mme Henriette Zoughebi s’est rendue coupable de diffamation et l’a condamné à 500€ d’amende avec sursis. Elle devra en outre verser 1500 € de frais de justice et 1€ de dommages et intérêts au STRASS, le Syndicat du Travail Sexuel qui s’est constitué partie civile. Mme Zoughebi a toutefois fait appel de ce jugement qui n’est donc pas définitif.

Sur son blog,  Henriette Zoughebi, Vice-présidente du Conseil régional d’Ile-de-France, s’en était violemment pris aux organisateurs des « Assises de la Prostitution ». Le Tribunal a également ordonné le retrait du texte.

Le STRASS prend acte de cette décision, qui renforce sa détermination à défendre les intérêts de toutEs les travailleuses du sexe et leurs aliéEs qui luttent pour leur Droits.

Les Assises de la Prostitution sont une des trop rares occasions de rassemblement national des travailleurs du sexe et cette année encore, le STRASS participera à cet événement les 18 et 19 mars prochains à Lyon, ne déplaise à Mme Zoughebi !

infos :

contact@strass-syndicat.org

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PROSTI TUÉES !

“Lobbys religieux, charity-business, démagogie, errances idéologiques, bonne conscience, politiquement correct, mensonges, manipulation… Abolitionnisme : pour en finir avec ce système.”

Alternative Libertaire a choisi de faire dans son numéro de juillet-aout 2010 un dossier sur la prostitution avec pour titre « Proxénètes, Clients, PROSTI   TUEURS, pour en finir avec ce système ». (1)

Ils expliquent que leur volonté d’écrire ce dossier est venue de leur rencontre avec des féministes qu’ils appellent ‘pro-prostitution’ ainsi que de groupes qu’ils nomment règlementaristes. Des militantes du STRASS ayant fait partie du collectif féministe en question, nous croyons comprendre que c’est de nous entre autres qu’il s’agit à travers ces mots. L’éditorial du dossier est en fait plus précis, parmi les exemples de ce qu’AL appelle ‘l’offensive règlementariste’ ils citent : « création d’un syndicat de prostitué-e-s – le Strass –, pétition demandant la mise en place de services sexuels pour les personnes handicapées, articles dans des grands quotidiens appelant à la constitution de maisons de prostituées autogérées… »

Ni le STRASS ni ses alliées féministes ne se sont ‘pro-prostitution’, mais défendent la légalité du travail sexuel, sa dignité, son droit d’exister sans souffrir de discriminations, d’opprobre et de violence. Le STRASS n’est pas un lobby ‘pro-prostitution’ mais un syndicat de défense des droits des travailleurs et travailleuses du sexe. L’amalgame est trompeur, et l’on ne dirait pas des autres syndicats qu’ils défendent le capitalisme quand ils défendent les travailleurs. Le STRASS n’est pas règlementariste. (2) En fait, le STRASS est l’organisation en France qui se bat le plus contre le règlementarisme car c’est nous qui avons été à la pointe du rejet de la réouverture des maisons closes prônée par la députée UMP Chantal Brunel en hiver dernier. C’est nous qui avons consacré les Assises de la prostitution 2010 au Sénat en partenariat avec le Collectif Droits et Prostitution sur le thème de l’opposition aux maisons closes, et c’est nous encore qui avons organisé la seule manifestation publique le soir de ces Assises, ayant clairement comme mot d’ordre le rejet de la proposition de Brunel. (3) Nous nous sommes maintes fois exprimé publiquement sur notre refus des maisons closes.

Il est évident qu’AL a une définition faussée du règlementarisme, mais certainement aussi de l’abolitionnisme et du prohibitionnisme. Nous considérons en effet le réglementarisme comme une politique de contrôle et de répression de la part de l’Etat qui est en contradiction totale avec nos revendications, parmi lesquelles notre proposition de maisons ouvertes autogérées en coopératives, sans patron ni contrôle d’un tiers ou de l’Etat. Nos revendications pour la reconnaissance de notre existence, le droit commun et l’égalité des droits, et la décriminalisation de notre travail par l’abolition de toutes les lois sur la prostitution s’apparentent au contraire bien plus à la volonté originelle de l’activiste et fondatrice de la philosophie abolitionniste, Joséphine Butler. Or, il est vrai que nous ne nous définissons pas non plus abolitionnistes, car ce courant a été récupéré et dévoyé par des prohibitionnistes souvent d’obédience chrétienne ayant pour but final l’abolition du travail du sexe, par le contrôle social de la prostitution et notre « réhabilitation ».

Ce courant bénéficie de millions d’euros de subventions publiques chaque année afin de lutter contre la prostitution, avec des centaines de personnes salariées dans toute la France ayant tout intérêt à préserver leurs intérêts économiques. Pour ne prendre exemple que de l’une d’entre elles, l’Amicale du Nid bénéficie d’un budget annuel de 12 200 000 euros avec plus de 200 salariés. (4) L’abolitionnisme tel qu’il existe aujourd’hui est donc avant tout un business très juteux. Ces organisations défendent la criminalisation de l’organisation de notre travail à travers les lois sur le proxénétisme, sans distinguer le proxénétisme de contrainte du proxénétisme de soutien, et maintenant militent pour la pénalisation de nos clients, contrairement à ce qu’ils déclaraient lors de leur audition au Sénat, en 2001 estimant que c’est une “fausse solution”. C’est dans cette ligne idéologique qu’AL veut se situer, en prétendant ne pas être prohibitionniste parce qu’ils sont contre la criminalisation du racolage. Or, le délit de racolage n’est qu’une des mesures d’un ensemble législatif prohibitionniste qui criminalise les travailleurs et travailleuses du sexe de bien des façons.

L’autre raison pour laquelle nous ne nous définissons pas abolitionnistes est que toutes ces organisations participent à la confiscation de la parole des travailleurs et travailleuses du sexe, soit par notre maintien au silence, soit par la calomnie, en nous accusant d’être complices de trafiquants, de proxénètes, de pédophiles et de violeurs, quand nous ne le serions pas nous mêmes.(5) La seule parole des travailleurs du sexe qui leur semble valable est celle qu’ils instrumentalisent, c’est-à-dire celle de personnes présentées comme victimes, n’ayant pas la capacité de faire leur propre choix et nécessitant leur aide charitable.

Ce n’est pas ainsi que nous concevons notre libération. Nous pensons au contraire que le statut de victime est un piège, qui nous enferme dans une posture de passivité, et nous prive de moyens d’actions pour nous auto-organiser. Les abolitionnistes ont beau avoir de belles intentions, nous ne leur reconnaissont aucun droit à décider de nos vies et des actions que nous devons mener, comme le fait de continuer à exercer le travail du sexe ou non.

Il est déplorable qu’AL ait décidé de procéder de la même façon en rédigeant tout un dossier sur notre travail, sans se donner la peine de consulter les divers collectifs de travailleurs et travailleuses du sexe qui existent en France, dont le STRASS. AL s’arroge le monopole de l’autogestion en déniant la parole des travailleurs et travailleuses du sexe dans son analyse et nous explique pourquoi  dans un texte datant de 2007: «Nous ne participerons pas aux luttes revendiquant des droits attachés au « métier » ou au statut de prostitué(e)s, mais avec les prostitué(e)s aux luttes universelles qui les concernent aussi (lutte pour les droits sociaux universels, lutte contre les lois sécuritaires). » (6) Voilà tout le paradoxe de la position abolitionniste d’AL qui refuse de considérer les travailleurs du sexe dans leur diversité et divise les prostituées en traçant une frontière improbable : d’un côté les “bonnes” prostituées victimes et de l’autre ; des libérales complices du système patriarcal et du capitalisme mondialisé. Comme si nos luttes, bien que partagées par des libertaires, n’étaient pas légitimes parce qu’émanant de femmes, de trans’ et d’hommes exerçant le travail sexuel mais refusant la victimisation et la confiscation de notre parole par des “spécialistes” auto-proclamés, et préférant nous syndiquer pour enfin, nous faire entendre. Y a-t-il d’autres groupes de travailleurs pour lesquels AL conditionne ainsi sa solidarité ?

En lisant le dossier d’AL, les seuls ‘experts’ cités, à l’exception d’Andrea Dworkin, n’ont aucune expérience du travail du sexe. Ce qui est éclairant par ailleurs, c’est que ces ‘experts’ se contredisent entre eux. En effet, AL interviewe le sociologue Lilian Mathieu qui les met pourtant en garde contre les erreurs des courants abolitionnistes. Son livre, La Condition Prostituée, explique très bien l’essentialisme de l’idéologie abolitionniste et Mathieu a dû dénoncer le manque de rigueur scientifique des autres ‘experts’ cités comme Richard Poulin, et en particulier leur habitude de fabriquer de faux chiffres. (7)

Celles et ceux qui militent pour les droits des travailleurs et travailleuses du sexe savent que les chiffres avancés sont pour la plupart faussés, quand ils ne sont pas inventés de toute pièce. Par exemple, lors de chaque événement sportif international, nous entendons la même légende urbaine des 40 000 femmes victimes de la traite déportées d’un endroit à l’autre de la terre. (8) AL décide de présenter les mêmes faits et décrit la prostitution en France comme dominée par la traite. Il semble donc qu’AL se base sur les mêmes chiffres que ceux délivrés par le Ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux. Cependant, le STRASS a déjà démontré dans une tribune sur LeMonde.fr que les chiffres du Ministre sont faux, basés sur le nombre de personnes arrêtées dans le travail de sexe de rue et ne reflètent en rien la réalité de la prostitution en France.(9) En effet, les personnes arrêtées en priorité par la police sont étrangères car le délit de racolage a pour but de les expulser. Il ne reste plus qu’aux courants abolitionnistes d’imposer le dogme selon lequel tous les travailleurs et travailleuses du sexe étrangèrEs sont des victimes de la traite car par définition il ne peut y avoir pour eux de migration économique s’agissant du travail sexuel. Nous en arrivons donc à la conclusion erronée que la grande majorité des prostituéEs en France seraient des victimes de la traite des êtres humains.

“Post hoc ergo propter hoc”

Ce constat biaisé érigé en vérité scientifique permet ensuite, pour le gouvernement d’expulser autant qu’ils veulent, et pour les courants abolitionnistes de revendiquer de plus amples mesures prohibitives dont la principale est à présent la pénalisation de nos clients. Comme son titre l’indique, avec en couverture l’image d’une ombre d’homme portant un costume représentant le pouvoir masculin, le dossier d’AL tient la position des hommes comme centrale dans l’existence de la prostitution et de la traite. En plus de la figure du proxénète, qui pourtant dans la réalité est souvent une femme, le nouveau responsable de tous les maux des femmes est le client de prostituéEs. C’est lui qui est considéré comme responsable de la traite des femmes, car c’est lui qui créerait la demande pour le marché du sexe. En plaçant, le rôle du client comme central dans son analyse, AL commet l’erreur d’omettre les travailleurs et travailleuses du sexe. En général, la raison pour laquelle nous exerçons le travail du sexe n’est pas à la suite d’une demande d’un client mais pour des raisons économiques.

La plupart du temps, c’est nous qui allons chercher le client pour répondre à nos besoins. En voulant criminaliser nos clients, AL ne répond pas à notre situation économique, mais met en danger les ressources que nous avons à notre disposition par le travail du sexe. AL a beau préciser que des droits universels devraient nous permettre de ne plus avoir à travailler dans l’industrie du sexe, mais la répression de nos clients telle qu’elle s’est déroulée dans les pays qui ont choisi ce  modèle, et telle qu’elle est présentée par le reste des courants abolitionnistes ne va pas dans ce sens. En réalité, la répression des clients est le moyen de ne pas avoir à résoudre la question de notre situation économique, et de fait, ne fait pas disparaitre la prostitution. Si AL considère sérieusement le problème de la précarité des femmes et des minorités qui ont recours au travail du sexe comme forme de stratégie économique, ils ne devraient même pas avoir à envisager la question de nos clients mais tenter de trouver de meilleures options. La criminalisation de nos clients au contraire aggrave notre précarité car elle nous prive d’une partie de nos revenus, nous force à travailler dans des espaces plus éloignés de la police pour conserver notre clientèle et donc à travailler plus longtemps et dans de plus grands dangers.

AL répondra alors que la majorité des prostituéEs étant des victimes de la traite, notre situation économique n’est qu’un facteur secondaire car minoritaire, un souci de capitalistes libéraux présentant la « figure mensongère de l’indépendante faisant croire que la prostitution est faite par et pour les travailleuses: l’argent leur reviendrait ». Or, même si AL avait raison et que la majorité des prostituées étaient des victimes de la traite, criminaliser les clients ne supprimerait pas la ‘demande’ de sexe. Elle ne ferait que réprimer celui qui pour l’instant est le seul acteur qui peut encore appeler la police sans risque d’être arrêté, et celui en meilleure position de mettre fin à la traite des êtres humains concrètement en étant en direct contact avec les victimes. Si AL connaissait un peu mieux nos clients, ils sauraient qu’ils ne viennent pas dans le désir ordinaire de nous dominer, parce que la sexualité des hommes n’est pas vouée par essence à toujours vouloir dominer celle des femmes.

Le STRASS déplore qu’une organisation libertaire puisse défendre de telles positions, celle de lobbys religieux, contre l’auto-organisation des travailleurs et travailleuses du sexe dénoncée comme règlementariste, et envisage peut-être même la pénalisation de nos clients. Nous estimons que c’est un réel recul de la part des mouvements anarchistes et libertaires quand on sait par exemple qu’Emma Goldman avait dénoncé la fabrication du mythe de la traite des blanches par les mouvements chrétiens et prohibitionnistes afin de contrôler les femmes du peuple en réprimant davantage l’exercice de la prostitution. Goldman plaçait la question de la situation économique des femmes au centre de son analyse et jamais n’a accusé les prostituéEs d’être complices du capitalisme ou du patriarcat. (10)

1 http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article3631

2 http://www.strass-syndicat.org/2009/11/reouverture-des-maisons-closes-mise-au-point-sur-la-position-du-strass/

3 http://www.strass-syndicat.org/2010/04/assises-de-la-prostitution-et-pute-pride-2010-revue-de-presse-suite/

4 http://www.fondationscelles.org/index.php?option=com_content&task=view&id=208&Itemid=111

5 http://www.mouvementdunid.org/Feu-Verts-au-proxenetisme-Lettre

6 http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article707&var_recherche=prostitution%20abolitionnisme%20

7 http://www.contretemps.eu/socio-flashs/ce-que-melange-entre-expertise-militantisme-peut-produire-pire

8 http://endehors.net/news/une-legende-urbaine-les-40-000-prostituees-d-europe-de-l-est-importees-en-allemagne-pour-la-coupe-du-monde-de-football

9 http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/06/02/combien-de-travailleurs-du-sexe-sommes-nous-par-thierry-schaffauser_1366353_3232.html

10 http://womenshistory.about.com/library/etext/bl_eg_an8_traffic_in_women.htm

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