5 ans de loi contre « la prostitution », qui en profite vraiment ? Appel à rassemblement, 13 avril 2021 devant l’Assemblée Nationale

5 ans de loi contre « la prostitution », qui en profite vraiment ?

Appel à rassemblement, 13 avril 2021 devant l’Assemblée Nationale

 

A quoi sert la loi ?

Le gouvernement communique sur les « parcours de sortie de la prostitution » qui auraient « aidé » 300 à 400 personnes en 5 ans. L’objectif initial était pourtant d’aider 500 à 1000 personnes par an. Conditionner l’accès à des droits contre (entre autres) l’arrêt d’une activité légale et fiscalement imposable est un chantage discriminant et stigmatisant. Les travailleurSEs du sexe migrantEs, pour espérer une hypothétique régularisation, doivent subir la surveillance et le contrôle de commissions départementales avec 20% de refus risquant ainsi un renvoi en centre de rétention s’ajoutant à un tri hiérarchisé et drastique au préalable de leurs cas aboutissant à de nombreuses fins de non-recevoir.

Environ 5 millions d’euros sont consacrés chaque année à financer les « parcours de sortie », or seuls 600 000 € servent à financer l’AFIS, allocation de 330€ par mois ne permettant pas de vivre décemment. Depuis la loi, les subventions, agréments et « aides » sont de plus en plus conditionnés à la « sortie de la prostitution » au point que même en réponse à la crise sanitaire les associations de travailleuses du sexe se voient discriminées et/ou exclues des dispositifs d’aides.

Silence, on crève

La crise sanitaire a révélé les dysfonctionnements majeurs d’un système se prétendant protecteur mais qui nous a acculéES à la survie, nous forçant à auto-organiser la solidarité et à en appeler à la générosité du public faute de réponse adaptée. Nous n’avons jamais connu autant de meurtres, de suicides et de malades mortes de comorbidités mal soignées à cause d’un système de santé surchargé et d’une absence de protections sociales et de droits.

Bilan désastreux

Exploitation des mineurs record, traite des êtres humains en hausse, violences multipliées, précarisation généralisée, santé sacrifiée, le travail sexuel n’a pas été aboli, il a juste été rendu plus dangereux à exercer dans des conditions dégradées jamais vues.

 

Nous exigeons :

la décriminalisation complète du travail sexuel (arrêtés municipaux, pénalisation clients, parties tierces et entraide entre TDS)

le droit au séjour pour toutes les travailleurSEs du sexe migrantEs sans condition

des aides sociales dignes et équivalentes aux minimas sociaux en vigueur y compris pour l’aide au logement et la formation et sans condition (linguistique, statut, arrêt du travail sexuel, etc)

une lutte contre la traite, les violences, et l’exploitation, efficace, protégeant réellement les victimes, et non détournée vers une lutte contre l’exercice du travail sexuel

l’accès au droit commun dont le droit du travail (indemnisations, protections sociales, formation, congés, retraite, assurance chômage, prud’hommes, etc)

la fin des discriminations légales (bancaires, parentalité, logement)

la participation significative des travailleurSEs du sexe dans toutes les politiques et programmes qui les concernent de la conception à la mise en œuvre et évaluation

 

 

Premiers signataires:
Acceptess-T, Act Up-Paris, AIDES, Bad Boys, Bi’Cause, Bus des Femmes, Cabiria, Collectif féministe de Paris 1, Collectif féministe révolutionnaire, Collectif des femmes du quartier Strasbourg St-Denis, Collectif sorore ensemble, Décolonisons le féminisme, Génépi, Grisélidis, Inter-LGBT, Médecins Du Monde, Nta Rajel, Paris Queer Antifa, PASTT, PDA, QTOPC autonomes, Qwinz, STRASS, XY média

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