Strass Syndicat du travail sexuel - TravailleurSES du sexe en lutte !

Appel à manifestation samedi 8 avril 2017 départ 15h00 place Pigalle

Un an de pénalisation, un an de trop !

Marche pour les droits des travailleurSEs du sexe et contre la pénalisation du travail sexuel

Nous, associations de travailleurSEs du sexe, féministes, pour la santé, de lutte contre le sida, ou pour les droits humains, alertons sur le bilan catastrophique d’une politique de pénalisation contreproductive.

La pénalisation des clients ne fait pas baisser le nombre de travailleurSEs du sexe mais dégrade leurs conditions de travail. Par ailleurs, cette mesure comme l’ensemble de la loi du 13 avril 2016 n’a aucun impact sur la traite des êtres humains.

En revanche, la précarisation s’est généralisée avec un rapport de force inversé en faveur des clients. Avec un pouvoir de négociation affaibli, des déplacements et un isolement accrus, les travailleurSEs du sexe prennent plus de risques pour leur santé et leur sécurité, conduisant à une perte du suivi sanitaire, des interruptions de traitement, et des témoignages de violences plus nombreux. Il est urgent de mettre fin à ces mesures qui mettent en danger celles et ceux que la loi prétend défendre.

Venez nombreuSEs

Signataires :

Acceptess-T, Act Up-Paris, Aides, Amis du bus des femmes (Paris), Autres Regards (Marseille), Cabiria (Lyon), Collectif Droits & Prostitution, Collectif des femmes de Strasbourg-St Denis (Paris), Elus Locaux Contre le Sida, Grisélidis (Toulouse), Itinéraire Entr’Actes (Lille), Médecins du Monde, MWASSI-Collectif afro-féministe, Planning Familial, Les Roses d’Acier (collectif des travailleuses du sexe de Belleville), STRASS – Syndicat du Travail Sexuel

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8 Avril 2017 – Manifestation : un an de pénalisation, un an de violence, un an de précarisation, un an de trop !



La loi du 13 avril 2016 pénalisant nos clients a considérablement aggravé nos conditions de travail et de vie. Nous ne nous laisserons pas abolir par une idéologie criminelle.

Nous appelons à une manifestation le samedi 8 avril 2017 pour exiger l’abrogation de la pénalisation des clients et de toute mesure prohibitionniste.

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Nouvelle arrestation. Rassemblement Jeudi 2 Juin.

communiqué du STRASS et des Roses d’Acier

Hier, mardi 31 mai 2016, une travailleuse du sexe chinoise a encore été arrêtée.

À 8h du matin, alors qu’elle partait avec un client, plusieurs policiers en uniforme l’ont interpellée et emmenée au commissariat du 11ème arrondissement.

Elle a été placée en centre de rétention vers 20h. Entre son arrestation à 8h et son placement en centre de rétention, et alors qu’elle souffre d’une maladie chronique, elle n’a eu qu’un seul repas.

Après les arrestations du 28 avril, du 20, et du 27 mai,  cette arrestation renforce encore notre inquiétude quant au futur des femmes qui travaillent à Belleville. 

Alors que le racolage n’est plus un délit, nous nous demandons ce qui justifie le contrôle dont notre collègue a fait l’objet avant d’être interpellée pour défaut de titre de séjour.

Cet acharnement sans fondement doit cesser.

Nous exigeons la libération immédiate de notre collègue, et de toutes les travailleuses placées en centre de rétention.

Nous appelons à un rassemblement contre le harcèlement policier des travailleuses du sexe, demain, jeudi 2 Juin, à 12h place Jean Rostand (Métro Belleville)

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Travail sexuel : la répression continue !

Paris, le 28mai 2016

Communiqué du STRASS et des Roses d’Acier

Ce vendredi 27 mai, vers 16h, 3 travailleuses du sexe Chinoises travaillant à Belleville ont été contrôlées, arrêtées et placées en Centre de Rétention Administrative (CRA).

Une fois de plus, les forces de l’ordre ont procédé à des contrôles d’identité ciblant uniquement les prostituées Chinoises du terre-plein de Belleville.

Le 28 avril et le 20 mai dernier, nous signalions déjà des arrestations de ce type et des placements en rétention administrative.

http://strass-syndicat.org/travailleuses-du-sexe-arretees-et-placees-en-retention-cest-donc-ca-labolition/

http://strass-syndicat.org/abolition-repression-arrestations-expulsions/

Contrairement à ce qu’affirme la propagande « abolitionniste », la loi visant à «renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées » est définitivement un arsenal répressif supplémentaire contre les travailleuses du sexe. Depuis son entrée en vigueur le 14 avril, nous comptabilisons une vingtaine de prostituées Chinoises arrêtées, 5 toujours en rétention, 3 arrestations supplémentaires, sur le seul terre-plein du métro Belleville à Paris.

Nous exigeons :

  • la libération immédiate de toutes les travailleuses du sexe interpellées à Belleville

  • La fin de toute répression envers les travailleurSES du sexe, à Belleville, comme ailleurs

 

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common.wikimedia.org

 

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Abolition : répression, arrestations, expulsions!

Paris, le 20 mai 2016

Communiqué du STRASS

Ce vendredi 20 mai, dans l’après-midi, 4 travailleuses du sexe chinoises travaillant à Belleville ont été contrôlées, arrêtées et placées en Centre de Rétention Administrative (CRA).

Si la veille, les forces de police procédaient déjà à des contrôles d’identité plus larges sur le terre-plein de Belleville, l’opération effectuée aujourd’hui visait exclusivement les travailleuses du sexe.

Le 28 avril dernier, il y a moins d’un mois, nous dénoncions déjà une vague de contrôles du même type, également suivie d’interpellations et de mise en rétention.

http://strass-syndicat.org/travailleuses-du-sexe-arretees-et-placees-en-retention-cest-donc-ca-labolition/

Nous rappelons encore les années de harcèlement policier lié au délit de racolage, les perquisitions des appartements, les confiscations de papiers d’identité, les insultes et humiliations.

http://strass-syndicat.org/harcelement-policier-a-belleville-temoignages/

Depuis le vote de la loi de « lutte contre le système prostitutionnel » et la mise en place de la pénalisation des clients, ce harcèlement a changé de motif, mais pas de cibles : les travailleuses du sexe de Belleville sont en première ligne des violences et brutalités policières, et des expulsions, tout comme le sont les réfugiéEs dans l’actuel climat ultra-répressif.

D’un point de vue statistique l’abolitionnisme fait ses preuves : la prostitution diminue, puisque les prostituées disparaissent, expulsées en silence puisque ni les abolitionnistes tant attachéEs à protéger les putes ni les médias ne s’en émeuvent.

Il se passe exactement ce que nous redoutions et dénoncions : une augmentation de la répression sur les travailleurSEs du sexe, notamment migrantEs.

Nous exigeons la libération immédiate des 4 femmes interpellées.

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Travailleuses du sexe arrêtées et placées en rétention: c’est donc ça l’abolition ?

Paris, le 28 Avril 2016.

Communiqué du STRASS et des Roses d’Acier.

Mercredi 27 avril, vers 14h, un fourgon de police s’est stationné aux abords de la place Marcel Achard à Belleville. Très vite, des policiers en sont sortis et ont commencé à procéder à des contrôles d’identités à l’angle de la rue du Buisson Saint Louis et du Boulevard de la Villette, ciblant les femmes d’origine chinoise qui circulaient alors dans le quartier. En une vingtaine de minutes, ce sont d’abord 3 femmes, n’ayant pas de papiers, qui sont placées dans le fourgon. Puis une quatrième est également interpellée alors qu’elle marchait tranquillement. Le fourgon part ensuite au commissariat du 19è, où on les questionnera sur leur profession et leur adresse. Malgré le fait que l’une d’elle ait déclaré être sans profession, l’agent à noté sur le PV qu’elle était prostituée avant de lui faire signer.

Suite à cet interrogatoire, 2 femmes reçoivent une OQTF avec délai d’un mois et sont relâchées, 2 autres une OQTF sans délai et sont donc envoyées en centre de rétention.

Par ailleurs, l’une des femmes a entendu que si les 4 n’avaient pas été envoyées tout de suite en rétention, c’est qu’un seul véhicule ne permettait pas d’y emmener les quatre femmes en même temps.

Nous sommes révoltéEs par cette opération, qui a cyniquement lieu 2 semaines tout juste après le vote à l’Assemblée d’une loi prétendant protéger les prostituées.

Après avoir subi des années de harcèlement policier justifiés par le délit de racolage, puis des perquisitions des appartements dans lesquelles elles travaillaient, les femmes qui exercent le travail du sexe dans le quartier Belleville se retrouvent plus précarisées que jamais depuis le vote de la loi de « lutte contre le système prostitutionnel » et la raréfaction des clients qu’elle a entrainée.

La logique prévalant à l’application de cette loi abolitionniste apparaît clairement, et hélas telle que nous l’avions prévue ; la prostitution a diminué en effet depuis le passage de la loi : la preuve, depuis ce soir, il y a déjà 2 travailleuses du sexe en moins à Belleville.

C’est donc ça, l’abolition.

Nous exigeons la libération immédiate des 2 femmes interpellées.

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TOULOUSE : Rassemblement contre la pénalisation des travailleurSEs du sexe, des prostituéEs et de leurs clients

Le 12 juin 2015, l’Assemblée Nationale étudiera en deuxième lecture la proposition de loi visant à « lutter contre la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle, contre le proxénétisme et pour l’accompagnement des prostituées».
La mesure phare de cette proposition, la pénalisation des clients, bien qu’elle ait été dénoncée par le Sénat, a été réintroduite dans le texte et à toutes les chances d’être finalement votée. De plus, nous revendiquons l’abrogation du délit de racolage public qui avait également été supprimé par le Sénat.
En novembre 2013, un nombre important d’associations locales s’étaient mobilisées et nous avions été près de 300 à défiler dans les rues toulousaines pour dénoncer cette mesure. Une telle mobilisation est plus que jamais nécessaire pour éviter l’adoption de ce projet de loi qui aura des conséquence désastreuses sur les conditions de vie et de travail des travailleurSEs du sexe et des prostituées.
Grisélidis et le STRASS appellent donc les associations de santé communautaire, de santé, de lutte contre le Sida, LGBT et féministes, ainsi que toutes les personnes solidaires avec les travailleurSEs du sexe et les prostituéEs à ce rassembler vendredi 12 juin 2015 à 17h au métro Jean Jaurès.

« Prostitution: Non à la pénalisation – On veut des putains de droits! » premiers signataires :  Grisélidis, Médecins du Monde 31, Aides 31, le Planning Familial 31, Act Up Sud Ouest, la Case de Santé, le STRASS, Arc En Ciel, Santé Active et Solidaire, Faire Face, Homosexualités et socialisme, l’Ebranleuse et Afrique Arc-en-ciel.

11116331_787295328052290_7397544420197504182_oTOULOUSE : Vendredi 12 juin 2015 – 17h – Esplanade François Mitterrand (Métro Jean Jaurès)

https://www.facebook.com/events/1024139017597695/

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Harcèlement policier à Belleville : témoignages

Comme nous l’expliquions récemment dans un communiqué de presse commun avec les Roses d’Acier, l’association de travailleuses du sexe chinoises qui travaillent à Belleville, une opération d’intense répression a lieu en ce moment dans ce quartier.

Parce que cette situation ne doit pas rester sous silence, nous publierons régulièrement sur cette page les témoignages de travailleuses du sexe illustrant ce harcèlement policier.

 

Témoignage 10, Lili :

« Jeudi 21, après midi 16h. Je marchais, un policier m’a arrêté, m’a demandé mes papiers ; puis me les a rendu et m’a pris en photo trop rapidement pour que j’ai le temps de réagir. Depuis je ne sors plus manger. Je ne peux pas travailler, je n’ai presque plus d’argent. »

Témoignage 9, Ahjie et Ahyun :

Vendredi 22 mai 18h, près du métro  Belleville. Elles sont sur la route de chez elles. Un policier s’interpose et leur demande leurs papiers. Il les prend et les déchire ; leur fait un geste pour les renvoyer chez elle.

Témoignage 8 : Feifei

30 mai, vers 17h

« Belleville, Bd de la villette près de la station de métro. Je marchais pour rentrer chez moi ; 3 policiers 2 hommes une femme  m’ont arrêtés. La femme m’a agrippée par l’épaule pour m’arrêter. Ils m’ont demandé mes « papiers » en faisant des gestes ; je les ai sorti, ils les ont pris en photo. Un des hommes ma pris en photo ; j’ai mis mes mains sur mon visage. La femme m’a retenue par l’épaule. Une fois qu’il m’a pris en photo, il m’a dit : « pars ». Après je suis partie. »

 

Témoignage 7 : Xiaoli

« Je marchais dans les rues du bas de Belleville et j’ai vu des policiers marcher vers moi. Ils m’ont demandé mes papiers. J’avais peur alors j’ai commencé à partir. Le policier m’a rattrapé et m’a demandé mes papiers. Il les a pris en photo, puis a photographié mon visage et m’a rendu mes papiers. Quand je lui ai demandé pourquoi il me prend en photo il n’a pas voulu me répondre. Je lui ai dit « Je rentre chez moi », mais il m’a barré la route en me montrant l’autre direction. J’ai du faire des gros détours pour rentrer chez moi. Depuis je ne travaille plus ; les policiers sont partout. Je ne gagne pas d’argent. »

 

témoignage 6 : Lili :

« 28/05 14-15h; 2 jeunes officiers ont procédé à un contrôle de papier. Ils m’ont posé plein de questions que je n’ai pas comprises et puis m’ont fait signe de partir d’un geste de la main en disant « partir »

« 30/5 17h. 2 hommes  et 1 femme, très jeunes. J’étais sur la route de retour quand ils m’ont arrêtée pour me demander mes papiers. Je les lui ai donnés puis il m’a pris en photo avec son portable. Mais bon sang que font-ils avec ces photos ? Notre plus grande peur c’est qu’ils les mettent sur internet ou qu’ils les diffusent jusqu’en Chine. En tout cas, quand je lui ai demandé il n’a pas répondu pas à ma question. Il me demande mon travail et fait mine de prendre son sexe entre ses jambes pour me faire mieux comprendre. La femme policière me dit « 30-50-50 ? ». Je dis « non non ». Ils finissent par perdre patience et me disent de rentrer à la maison. (…) On n’est pas venues ici en sachant ce qu’on allait faire. On est exposées tout le temps à des pressions, des violences. Il y a les clients, maintenant il y a la police. Ils ne veulent pas faire de Belleville un « quartier rouge », mais alors qu’ils nous autorisent à faire ça en sécurité dans des endroits prévus pour ! »

Témoignage 5 : Wan Ging

« Près du métro à Belleville, je rentrais dans la station, un policier m’a couru après et m’a dit « madame, papier ». Je lui ai montré des papiers. Il m’a pris en photo et il m’a dit « partir d’ici ». Je suis sortie du métro et suis allée au supermarché et y suis restée quelques temps. Maintenant ce n’est plus seulement à Belleville qu’il y a des policiers, c’est aussi jusqu’à Couronnes. On ne peut plus rien faire, même pas marcher. Il n’y a que des sales mecs dans la rue, les tarifs sont bas ; les flics sont partout, on est encore plus en danger, on a du mal, on ne gagne pas d’argent et on ne peut pas rentrer en Chine (son amie pleure); tous les jours ils viennent à partir de 15h, on ne peut rien faire. Ils nous menacent de nous faire partir d’ici 20 jours… Sans papiers, on n’a pas de défense. »

 

Témoignage 4 : Xiaohui

22/05 16-17h

« J’étais près du magasin de Tofu et je marchais quand 2 policiers m’ont demandé mes papiers. L’un d’eux a plissé les yeux sur la photo comme s’il ne me reconnaissait pas, alors j’ai enlevé mes lunettes et l’autre m’a pris en photo. Il a déchiré les papiers, les a gardé et m’a dit de partir en me montrant la direction opposée à la station de métro. Je suis partie en prenant des grands détours pour être sûre qu’il ne me suive pas ; Je n’ai jamais travaillé dans d’autres quartiers, mais si ça continue comme ça on va à peine pouvoir s’acheter à manger. J’ai entendu par des amies que Saint-Denis c’est plus sûr… on verra. »

 

Témoignage 3 : Yiyi

« Dimanche soir, 22 mai, 22h. J’étais à Belleville, près du Boulevard de la Villette, je marchais et un policier est venu en me demandant mes papiers. Je les lui ai tendu, et il a sorti son portable pour me prendre en photo, mais je ne voulais pas qu’il me prenne en photo, alors il m’a attrapé par la manche de mon vêtement et m’empêcher de partir. Il m’a lâché et a déchiré mes papiers. J’ai repris la marche vers chez moi mais j’ai à peine fait quelques mètres qu’il m’a crié après, il m’a rattrapé en me bloquant le passage et en me demandant à nouveau « papiers ». Mon français n’est pas bon donc ce n’était pas facile de m’exprimer, il m’a dit d’ouvrir mon sac, a pris le portefeuille qu’il y avait à l’intérieur. Il me l’a rendu et pendant que je le remettais dans mon sac il m’a pris en photo. Il y avait des gens qui étaient témoin, et finalement un français l’a interpelé. Du coup le policier m’a laissé partir. Si le monsieur n’était pas intervenu, il aurait continué à me harceler je pense. »

 

Témoignage 2 : Xiaohua

« Le 23 mai vers 17h, je sortais de la station de métro de Belleville quand j’ai vu des policiers. J’ai marché vers Couronnes, et j’ai vu qu’ils me suivaient. J’ai pris une rue transversale et m’y suis cachée une demi-heure. Je suis redescendue, et je les ai vu derrière la porte vitrée du rez-de-chaussée d’un immeuble. J’ai marché, et ils m’ont arrêtée. Ils étaient 4 hommes. Ils m’ont dit « papiers Madame », je les leur ai donnés. Ils les ont pris en photo, l’un m’a pris par le menton pour me soulever le visage et m’a photographié avec son portable. J’ai voulu repartir vers Belleville, il m’en a empêché, m’a montré la direction de Courronnes en me disant « par-là ». J’ose à peine sortir maintenant. »

« La 2eme fois que j’ai été interpelée par un policier. C’était 3 jours plus tard, le 26, vers 17h-18h aussi. Je l’avais vu près du Paris Store. J’habite juste à côté. J’ai tapé le premier code pour rentrer chez moi et au moment où je tapais le 2ème le policier est rentré dans le sas, puis un autre après lui, et encore 2 autres. Finalement ils sont quatre, et l’un me demande si j’habite au-dessus. Un autre me demande mes papiers. Ils me font signe de les emmener en haut. Je les fais monter. C’est un dortoir de 3 petites chambres où on est 6 à habiter. Un me demande « travailler ? », je réponds « non non, dormir », ils continuent à me poser des questions mais je ne comprends pas. Ils ont regardé les toilettes et la cuisine, deux sont partis et deux sont restés. L’un a pris mes papiers, et il a écrit quelque chose sur son carnet pendant longtemps, mais je ne sais pas ce qu’il a écrit, et il me les a rendu. Je ne suis redescendue qu’à 23h, il n’y avait plus personne dans la rue. Je crois que je vais faire de nombreuses photocopies de mes papiers maintenant ! En tout cas, quoiqu’on fasse on est arrêtées ; On nous empêche complètement de bouger ! »

 

Témoignage 1 : Lili

« Le 23 mai vers 17 h. Je suis descendue de chez moi et trois policiers étaient en bas dans la cage d’escalier. L’un des policiers est venu vers moi; J’ai juste compris « papier ». Je lui ai tendu ; il a arraché la pochette brutalement puis a photographié chacun des papiers à l’intérieur et m’a tout rendu. J’ai voulu partir, il m’a retenu ; m’a pris par le menton, l’a soulevé et m’a pris en photo avec son téléphone portable. J’ai alors pu partir. »

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À Belleville, la police affame les travailleuses du sexe

Communiqué du STRASS et des Roses d’Acier

 

Roses d AcierLes violences policières sur les travailleuses de Belleville sont, depuis plusieurs années déjà, monnaie courante. Elles ont franchi une nouvelle étape le 20 mai.

Depuis vendredi dernier en effet, la présence policière est devenue quotidienne, avec des agents en uniforme en voiture, en moto, et à pied, qui effectuent des contrôles constants.

Sous prétexte de contrôle de papiers, et parce que leur seule présence est interprétée comme du racolage, les travailleuses de Belleville se voient physiquement immobilisées, les photocopies de leurs papiers déchirés, leurs visages pris en photo, et subissent des menaces d’expulsion.

Certaines se voient même re-contrôlées à peine quelques secondes après s’être fait déchirer les photocopies de leur papiers, par le même policier, qui peut ainsi arguer que la travailleuse n’a pas de papiers…

Ces contrôles ont essentiellement lieu Boulevard de la Villette et rue de Belleville, mais les policiers suivent également les travailleuses du sexe qui essaient d’aller dans des rues plus éloignées.

Cette pression peut même aller jusqu’à un stationnement de véhicule de police à côté du Bus de prévention de Médecins du Monde qui distribue des préservatifs aux travailleuses.

Ce harcèlement a déjà des effets catastrophiques, puisqu’elles n’ont pas pu travailler depuis plusieurs jours, et n’ont donc plus les revenus suffisant leur permettant de vivre ou de manger.

Le STRASS et Les Roses d’Acier, collectif des travailleuses du sexe de Belleville, exigent l’arrêt immédiat de ce harcèlement policier qui sert les intérêts racistes et la volonté de nettoyage des rues du quartier : les travailleuses du sexe doivent pouvoir circuler librement dans la rue, et demandent le droit de vivre.

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PROJET DE LOI SUR LE RENSEIGNEMENT : UNE LOI ANTIDÉMOCRATIQUE, DANGEREUSE POUR NOS COMBATS

Access France – Act Up-Paris – Act Up Sud-Ouest – Aides – Strass

Le projet de loi sur le renseignement met en place une surveillance généralisée de l’ensemble des citoyen-nes. Il étend les motifs d’écoute et de surveillance à des textes qui peuvent s’appliquer aux combats des associations de lutte contre le sida et les hépatites virales. Il doit être retiré.

Critique des politiques économiques et scientifiques françaises = terrorisme ?

Le projet et les amendements adoptés en commission des lois autorisent les écoutes pour le recueil de renseignements relatifs, entre autres, aux intérêts économiques et scientifiques de la France.

Or, les luttes des malades ont souvent été opposées à ces mêmes intérêts. C’est bien au nom des intérêts économiques et scientifiques de la France que des socialistes et des responsables administratifs ont repoussé, au milieu des années 80, les mesures indispensables à assurer la sécurité transfusionnelle, se rendant responsables du scandale du sang contaminé. Combien de scandales sanitaires, comme celui de Servier, auraient pu être évités, s’ils n’avaient pas été couverts au nom de prétextes assimilables à la défense des intérêts économiques et scientifiques de la France ?

Nos combats nous amènent à remettre en cause le système économique et scientifique français : prix du médicament, instances opaques, carences de la pharmacovigilance, démantèlement de la Sécurité sociale, baisse des subventions pour des actions qui sauvent des vies, abandon des malades des pays pauvres, etc. Quelle garantie avons-nous qu’un prétexte aussi flou – que la commission des lois s’est empressée d’élargir – ne transforme pas le plaidoyer de nos associations en une menace pour les intérêts économiques et scientifiques de la France ? Rien dans les décennies passées en matière de vigilance, de respect des lanceur-ses d’alerte, de réactivité, de lutte contre les conflits d’intérêt, ne saurait nous rassurer en la matière.

Désobéissance civile et manifestation = terrorisme ?

Le projet prévoit aussi de légaliser les écoutes pour « prévenir les actions collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique. »

De nombreuses voix (syndicats, associations de défense des droits humain, syndicats, magistrat, y compris de la lutte anti-terroriste) ont dénoncé l’amalgame probable de cet article avec les protestations du mouvement social. C’est notamment vrai pour nos combats, qui ont toujours eu besoin d’actions de désobéissance civile qui pourraient relever d’une interprétation élargie de cet article de loi : distribution de seringues à une époque où c’était interdit, accueil d’usagErEs de drogues avant l’institution de la réduction des risques, mise de côté des lois répressives pour accueillir sans-papiers, travailleuses du sexe, usgErEs de drogues, entrave à l’expulsion d’étrangErEs malades dans des pays où on ne pourra les soigner, manifestations non autorisées pour dénoncer de graves blocages institutionnels, etc.

Ces actions ont fait avancer la lutte contre le sida et les hépatites. Désobéir à la loi est une nécessité quand la loi, et la société, excluent et marginalisent des populations entières en les rendant plus vulnérables à l’épidémie. Les militant-es qui ont mené ces actions de désobéissance civile ont toujours assumé les conséquences de leurs actes face à la justice. L’histoire de la lutte contre le VIH et les hépatites leur a donné raison. Faudrait-il dès lors nous considérer comme potentiels terroristes et nous mettre sur écoute ?

Alors même que des actions similaires restent nécessaires pour alerter politique et responsables administratifs des graves lacunes de notre système de santé, doit-on s’attendre à être traité-es en terroristes ?

En répondant à des actes de terreur par des mesures de peur et de suspicion, la majorité donne aux terroristes ce qu’ils et elles veulent : moins de démocratie, le soupçon généralisé, des scissions supplémentaires au sein de la société. Ce faisant, elle menace nos combats, nos actions.

Nous appelons au retrait de ce projet de loi. Nous incitons nos militantEs, adhérentEs, sympathisantEs, à participer à la campagne organisée par la Quadrature du Net et à contacter leur député-e pour dénoncer ce texte.

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Pour nous contacter

STRASS, Syndicat du Travail Sexuel
c/o Act Up-Paris
8 rue des Dunes
75019 PARIS

contact@strass-syndicat.org

Permanence POUR LES TRAVAILLEUR-SE-S DU SEXE tous les jeudis de 17h à 21h dans nos locaux à Paris.

La Permanence sera fermée à partir du  jeudi 3 août 2017. Elle ouvrira à nouveau ses portes le jeudi 31 août 2017 à 17H.

Nous contacter en cas de violences : violences@strass-syndicat.org

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