Pénalisation des clients = violence faite aux femmes

Les travailleuses du sexe, des femmes pas comme les autres ?
Ce samedi 5 novembre 2011 aura lieu la manifestation  nationale contre les violences faites aux femmes à l’appel du Collectif nationale pour les droits des femmes (CNDF).

Parmi des revendications louables visant à dénoncer une société sexiste et patriarcale, se niche une revendication moraliste et paternaliste : la pénalisation des clients des travailleuRses du sexe.

Depuis des mois, le STRASS, tout comme les associations de santé et de lutte contre le VIH/SIDA, se mobilise contre cette mesure proposée par le rapport parlementaire sur la prostitution en France rendu public le 13 avril 2011.

Une telle mesure mettrait en danger la santé et la sécurité des travailleuRses du sexe en les éloignant des structures de prévention, de soins et de dépistage1, en donnant aux forces de police le pouvoir de les contrôler davantage notamment.

Loin d’aller dans le sens de la lutte contre la traite et l’exploitation des êtres humains, une telle mesure la favoriserait en rendant les conditions d’exercice du travail sexuel encore plus difficiles et parce qu’elle inciterait les travailleurSEs du sexe à recourir à des intermédiaires afin de les mettre en lien avec leurs clients ou les protéger de la police.

La pénalisation des clients des travailleuRses du sexe produirait des conséquences encore néfastes que la pénalisation du racolage public.

Tout cela a très largement été rappelé par les travailleuRses du sexe et leurs alliéEs lors des Assises de la prostitution dès mars 2011, dans le cadre de conférences de presse par la suite et par le biais d’un dossier de presse. Mais ces voix ont une fois de plus été étouffées au motif que la parole des travailleuRses du sexe serait nécessairement aliénée, que ce ne seraient en somme que des inadaptéEs sociaux/les.

Au nom d’un abolitionnisme de façade, et tout en tâchant de masquer cela derrière la revendication de l’abrogation du délit de racolage public, les associations signataires de cet appel revendiquent ni plus ni moins la répression des travailleuRses du sexe et la prohibition du travail sexuel.
Le STRASS a dénoncé cela auprès de ces associations par voie de mail. À ce jour, aucune d’elles n’a souhaité se désolidariser publiquement de cette revendication.
Parce qu’il est faux d’affirmer que le travail sexuel serait une forme d’esclavage par nature, qu’il s’agirait en tant que tel d’une atteinte à la dignité de la personne humaine, qu’il serait impossible de consentir à l’exercice d’un travail sexuel, que ce serait une atteinte à la dignité de toutes les femmes, parce que la lutte contre les violences faites aux femmes ne passera pas par l’encouragement des violences faites aux travailleuRses du sexe, parce que la lutte contre les violences faites aux femmes ne peut se faire qu’avec les travailleuRses du sexe en écoutant et respectant leur parole, le STRASS demande que les signataires de l’appel du CNDF prennent une position claire contre la pénalisation des clients des travailleuRses du sexe.

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