Rendez-vous avec le cabinet d’Elisabeth Moreno : nous faire perdre notre temps c’est nous faire perdre la vie !

Jeudi 17 décembre, nos associations ont participé à une visioconférence avec le cabinet d’Elisabeth Moreno interpellée depuis plusieurs mois concernant l’impact de la crise sanitaire sur les travailleurSEs du sexe.

 

Nous avons rappelé la nécessité d’un fonds d’urgence permettant l’indemnisation des travailleurSEs du sexe le temps des confinements et couvre-feux, de la défense du travail des associations de santé communautaire par et pour les travailleurSEs du sexe, et demandé la fin des blocages institutionnels à savoir le déconditionnement des aides à la « sortie de la prostitution ».

 

Nous avons également interrogé le cabinet sur la non-utilisation des fonds destinés à l’accompagnement social des travailleurSEs du sexe à travers le programme 137 et leur détournement vers d’autres actions pour d’autres publics.

 

Malheureusement, son cabinet n’a pas répondu à nos demandes et ne semble pas mesurer l’urgence de la situation en période de crise. Il est resté plus qu’évasif sur son engagement financier, renvoyant tout à l’interministériel, alors que les autres cabinets ministériels insistent pour dire qu’ils ne peuvent rien faire sans l’approbation du cabinet « droits des femmes »…

 

Nos interlocuteurs ont fait semblant d’ignorer que nous avons déjà fait le tour des autres ministères précisément parce que le ministère à l’égalité bloque toute aide depuis des mois. Ils ont prétendu n’avoir aucun crédit propre, redirigeant vers le plan pauvreté qui n’a pas été pensé efficacement pour les travailleurSEs du sexe. Le cabinet s’est néanmoins engagé à une concertation interministérielle avant Noël et à un nouveau rendez-vous mi-janvier, soit près d’un an après les premières demandes.

 

Pendant que nous sommes baladées de ministère en ministère, l’urgence s’accroit de jour en jour face à une situation dramatique. L’épidémie de COVID19 continue de progresser et l’exposition aux risques est de plus en plus grande. En effet, sans indemnisation ou fonds d’urgence, les travailleurSEs du sexe sont contraintes de continuer à travailler, et donc de se contaminer et d’exposer leur entourage. Le fardeau de l’aide alimentaire et du maintien dans le logement repose toujours sur les associations alors que nos moyens sont réduits en punition à nos positions politiques en faveur de la décriminalisation.

 

Nous nous interrogeons sur le deux poids deux mesures, l’exceptionnalisation, et l’exclusion faite à l’égard des travailleurSEs du sexe. Il n’y a que pour les travailleurSEs du sexe que le gouvernement renvoie toutes les demandes au ministère à l’égalité femmes-hommes. Pour les autres publics, on prend en compte le problème posé (logement, santé, travail) et on renvoie au ministère de référence concerné, tandis que quand il s’agit des travailleurSEs du sexe, le problème n’est plus une thématique, mais un groupe de personnes, à savoir, nous.

 

Rappelons qu’un État n’a pas pour vocation de mettre en précarité et abandonner les plus vulnérables, a fortiori, les personnes dont l’intégrité est sous sa responsabilité dès lors qu’il est responsable des lois, des blocages et des silences concernant sa condition. Chaque semaine de plus à attendre une réaction politique est une semaine pendant laquelle on risque de voir des TDS mourir.

 

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