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Une femme poignardée en plein Paris: Combien en faudra t’il?

Une femme poignardée en plein Paris: oui, mais c’est une travailleuse du sexe étrangère. Combien en faudra t’il?

Il y a 9 mois nous communiquions sur le meurtre de Vanesa Campos pour demander justice et des mesures concrètes. Si des progrès ont été constatés de la part de la police et de la justice, des médias et de l’opinion publique en général, rien de positif n’est cependant ressorti de la part des politiques.
Vendredi 14 juin dans l’après midi, une nouvelle fois au Bois de Boulogne, une femme cisgenre roumaine a été poignardée. Elle est actuellement entre la vie et la mort.
Depuis le début de l’année d’autres morts ont été apprises dont celles de deux femmes pour lesquelles nous n’avons pas communiqué car leur famille ne connaissait pas leur activité.

Cela fait des mois que nous alertons sur l’augmentation des violences que nous imputons en partie à un contexte législatif qui entrave notre sécurité. Nous nous organisons contre ces violences dans l’indifférence quasi générale, et en l’absence de réaction de la classe politique, unanime quand il s’agit de stigmatiser le travail sexuel, et quasi unanime dans son silence lorsqu’une des nôtres est tuée.
Ces violences ne viennent pas de nulle part. Elles sont encouragées par la stigmatisation, la criminalisation, les discriminations et l’absence de droits.

La mort de Vanesa Campos en août dernier, aura permis de sensibiliser le public, mais les législateurs restent en retard sur la société. La « sortie de la prostitution » ne peut pas être l’unique réponse du gouvernement et des autorités. Il est temps d’accepter dans le champ de la lutte contre les violences qu’il est possible de réduire les risques, comme nous l’avons fait dans le champ de la lutte contre le sida à partir des années 1980-90. Là aussi, il s’agit de vie ou de mort. Là aussi, il faut changer de paradigme.

Nous ne voulons pas que nos agressions restent des faits divers. Il ne s’agit pas seulement d’une « prostituée », d’une étrangère, sans nom et anonyme, à laquelle personne ne veut s’identifier, et pour laquelle personne ne réagira, y compris certaines associations féministes qui prétendent pourtant représenter toutes les femmes. Une femme qui est poignardée, que ce soit dans le cercle de la famille ou dans un contexte professionnel, c’est toujours l’une d’entre nous. Que nous soyons infirmière, chauffeuse de bus, ou travailleuse du sexe, personne ne mérite cette violence.

Le gouvernement se montre incapable de faire un bilan de la politique actuellement menée. Pour nous, le bilan est en revanche très clair.
En attendant, nous espérons que notre collègue ne meurt pas et souhaitons qu’elle puisse se rétablir au plus vite.

 

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