Strass Syndicat du travail sexuel - TravailleurSES du sexe en lutte !

TOUS.TES CONCERNEES

Notre syndicat est le premier témoin et l’organisme le plus légitime pour porter notre parole sur les violences que nous subissons dans l’exercice de notre activité car il est composé de personnes concernées, éclairées et porte une expertise, par son ancienneté, de longue date.

Ces violences nous les avons entendues lors de nombreux témoignages, ces violences nous les avons  vécues nous même, adhérent.Es et membres du Comité d’Administration du Strass. Ce sont les violences des lois et de la stigmatisation sociale telles que déclinées ci dessous:

Proxénétisme hôtelier = violence
  • interdiction de louer à un.e Travailleur.Se  Du Sexe pour qu’elle.il puisse travailler dans un endroit décent = violence
  • abus sur les loyers de la par des propriétaires avisés du risque lié à l’activité = violence
  • confiscation/réquisition du lieu de travail= violence.
  • changement permanent du lieu de travail pour échapper à l’abus de loyers excessifs, à la stigmatisation du voisinage, aux expulsions = violence
  • invisibilité des personnes donc le non accès aux services des associations de terrain et l’exposition aux agressions = violence.
Proxénétisme de soutien =  violence
  • freins à la vie privée dans la condition aux revenus pour être en couple = violence.
  • non usage libre de nos revenus pour aider les proches, y compris nos enfants = violence.
  • impossibilité de travailler avec des collègues ou de donner des conseils = violence.
  • impossibilité d’avoir des prestataires de sécurité = violence.
  • surexposition au danger et agressions exponentielles   = violence
Harcèlement policier et justice arbitraire = violence
  • contrôles de papiers = violence.
  • gardes à vue = violence.
  • perquisitions = violence.
  • chantages à l’expulsion contre dénonciation (de qui hors situation de traite ?)pour les sans papier.Eres = violence.
  • chantages à la dénonciation et intimidations = violence.
  • corruption = violence.
  • refus de dépôts de plainte pour viol et agressions, traitement et accueil en commissariat arbitraires = violence.
  • traitement arbitraire des victimes lors de procès = violence.
Arrêtés anti prostitution = violence
  • harcèlement policier = violence.
  • amendes = violence.
  • véhicules en fourrière = violence.
  • recul du lieu de travail dans des endroits qui exposent au danger = violence.
Loi du 8 avril 2016 et la pénalisation du client = violence
  •  perte des clients et témoignages de descente dans une extrême précarité quotidiens et exponentiels = violence.
  • impossibilité de choisir le client et l’exposition aux agresseurs potentiels= violence.
  • exposition aux prises de risques sanitaires = violence.
  • fermeture des sites d’annonces = violence.
  • éloignement géographique même hors du territoire loin des siens pour conserver ses revenus = violence.
  • surveillance des sites à des fins de traque fiscale et sociale et redressements = violence.
  • stigmatisation et victimisation de notre activité qui attirent les agresseurs potentiels, portées et soutenues par les porteurs de cette loi = violence.
  • chantage au retour dans son pays d’origine contre parcours de sortie obligatoire pour les sans papier.Es TDS= violence
  • lobby des associations, élus, gouvernement pour la prohibition= violence

 

La stigmatisation sociale =  violence
  • statut des TDS victimes ou  personnes de mauvaise vie  = violence
  • positions patriarcale et matriarcale  des institutions et du gouvernement actuel = violence
  • dénie de notre parole = violence
  • refus de soins dans le corps médical = violence
  • refus de prêts dans les organismes bancaires donc déni de projets de vie  = violence
  • traitement patos des médias du travail sexuel  = violence
  • chantages anonymes à la dénonciation de l’activité = violence
  • exposition aux tentatives de rackets accompagnés de coups et viols ciblés sur les TDS de la part d’individus ou de bandes organisées = violence

Notre syndicat le Strass existe depuis le 20 mars 2009 et a pour objet l’étude, la représentation et la défense des intérêts collectifs, professionnels et moraux de toute personne amenée à échanger un service de nature sexuelle moyennant contre partie et de toute personne salariée ou indépendante ou travaillant pour son propre compte exerçant une activité liée à la sexualité.

Nous avons pour objectif de garantir l’effectivité des droits fondamentaux des personnes concernées. Ainsi que l’effectivité du droit du travail, fiscal en lien avec l’activité.

Quelques lignes  ne sauraient expliquer pourquoi nous, TDS, sommes victimes depuis toujours, des lois et de la stigmatisation mais les vécus quotidiens et analysent  que nous en tirons devraient amener à conclure que nous sommes victimes des stigmatisations, des lois prohibitionnistes et sur le proxénétisme et que celles-ci sont égal à violences pour notre population.

L’ implication et l’engagement du Strass  dans le programme Tous en Marche  contre les violences est ,au-delà de sa pertinence, au plus haut point légitime, contrairement à ce que pensent  et ce que font les lobby favorables à la criminalisation de notre activité qui n’ont de cesse de diffamer notre objet, notre travail et les personnes que nous représentons. Il ne peut y avoir d’expertise et d’avancées réelles et objectives pour nos droits sans les témoignages des personnes (anonymes ou non) concernées qui nous sont apportés lors de nos permanences hebdomadaires, nos tournées en île de France et par nos différentes fédérations en régions, par nos centaines d’adhérents, par nos milliers de contacts en Europe et à l’internationale , par nos échanges sur les réseaux sociaux, enfin par la transmission intracommunautaire de nos expériences et nos savoirs individuels sur notre activité et ses conditions.

Nous  avons lutté et continuerons pour nos droits à être respectés et traités comme tout travailleur exerçant une activité légale avec des obligations, projets et engagements  familiaux, sociaux et fiscaux.

Nous  continuerons à mettre en lumière les violences étatiques afin que nous soyons respecté.Es et dénonçons  qu’au travers de cette énième loi qui criminalise notre activité en s’en prenant à la source même de nos revenus, les politiques et institutions sont dans l’illégalité car notre activité est légale  et que le déni de  nos droits fondamentaux orchestré par l’idéologie engendre donc toutes les violences, baffoue  les fondements des droits des hommes et des femmes, leur sécurité et leur parole, et anéantit, en faisant de notre activité une zone de non droit, le but initialement recherché :  la lutte contre les violences inhérentes à l’exploitation et la traite.

C’est pourquoi nous sommes aujourd’hui acteurs du programme Tous en Marche contre les violences en partenariat avec Médecin du Mondes et le Bus des Femmes et que nous appelons au témoignage de toutes les violences que vous rencontrez dans votre activité et que nous mettons à disposition de touTEs les travailleurSEs du sexe  les outils et compétences humaines, matérielles et juridiques pour les combattre.

Les témoignages et les personnes bénévoles sont, plus que bienvenues, indispensables dans cette dénonciation des violences que nous subissons quotidiennement. Vous pouvez apporter vos témoignages et vos soutiens par mail aux adresses ci-dessous.

Nos contacts : violences@strass-syndicat.org ainsi que contact@strass-syndicat.org

Solidairement.

Mylène Juste

Secrétaire Générale pour le Strass

 

 

 

 

 

More...

TOUS EN MARCHE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX TRAVAILLEUSES DU SEXE

capture-decran-2016-12-10-a-16-12-37

Les travailleuses et travailleurs du sexe constituent une des catégories de la population les plus exposées aux violences de toutes sortes.

Ces violences ne sont pourtant pas inhérentes à l’activité de prostitution elle-même.
Les prostituées font l’objet de discrimination à la fois en lien avec leur activité, mais aussi en raison de leur situation sociale et administrative souvent précaire.
Ces discriminations constituent autant de barrières pour accéder à leurs droits et aux services de santé.

La très forte incidence de violences d’une part et le très faible recours aux droits de l’autre forme un « cercle vicieux » qui contribue à perpétuer les violences à l’égard des prostituées.

Ce projet vise à favoriser l’accès aux droits et aux services de santé pour les travailleuses et travailleurs du sexe victimes de violence dans le cadre de leur activité afin de « briser » ce cercle vicieux et réduire, à terme, l’incidence des violences à l’égard de ces personnes.

capture-decran-2016-12-10-a-17-06-45

OBJECTIFS

  1. →Renforcer les capacités des travailleuses et travailleurs du sexe à prévenir les violences par la mise en place d’un système d’alerte et la formation des différents acteurs.
  2. →Favoriser l’accès aux soins des victimes par l’élaboration de bonnes pratiques de prise en charge, la mise en place d’un parcours de prise en charge et la sensibilisation des professionnels de santé à la problématique des violences.
  3. →Garantir l’accès aux droits des victimes par l’élaboration de bonnes pratiques de prise en charge, la mise en place d’un parcours de prise en charge et la constitution d’un réseau de professionnels sensibilisés à la problématique des violences.
  4. →Mesurer l’impact et diffuser les bonnes pratiques par le recueil et l’analyse de données et la communication autour de celles-ci.

EXEMPLE

TEM3ENTRE 2006 ET 2014, un individu surnommé Longs Cheveux a agressé et violé, parfois sous la menace d’une arme, des dizaines de travailleuses du sexe chinoises à Paris. Il sélectionnait ses victimes parmi les femmes qui venaient d’arriver dans le quartier et qui étaient les plus isolées. Il montrait à ses victimes une photo de lui en compagnie d’une femme en uniforme de police pour les menacer. Ses victimes pensaient donc qu’il était protégé par la police et que cela ne servait à rien d’aller porter plainte. D’ailleurs, une femme a porté plainte contre lui en 2006 et sa plainte n’a eu aucune suite. Cela a eu un impact très négatif pour l’ensemble des victimes, renforçant l’idée qu’il était protégé par la police. En lui assurant qu’elle serait soutenue par les associations, l’animatrice de prévention a réussi à convaincre une autre victime de porter plainte.

Un rendez-vous a alors été pris avec un officier de police connu du Lotus Bus. Un interprète a été mis à disposition par la police pour le dépôt de plainte. Petit à petit, presque 30 femmes ont porté plainte. Cela reste très peu par rapport au nombre total de ses victimes (presque 100). Grâce au courage de quelques victimes, cet agresseur a pu être arrêté. Si le courage des victimes a été déterminant dans l’arrestation de cet agresseur, le soutien des associations a permis de surmonter nombre d’obstacles qui se dressent devant les victimes de violences et plus encore quand elles sont travailleuses du sexe. Si les victimes avaient été soutenues dès le début dans leurs démarches d’accès aux droits et aux soins, de nombreuses violences auraient pu être évitées.

PRÉSENTATION DES STRUCTURES

capture-decran-2016-12-11-a-02-50-27LES AMIS DU BUS DES FEMMES est une association communautaire créée en 1990 par et pour les prostituées à Paris. Ses actions principales sont la prévention du VIH, des hépatites et des IST, l’accueil et l’accompagnement, la lutte contre l’exclusion et les discriminations ainsi que l’accès aux droits fondamentaux.

capture-decran-2016-12-11-a-02-44-57MÉDECINS DU MONDE est une association de solidarité internationale qui s’appuie sur l’engagement de ses membres pour porter secours, depuis plus de 30 ans, aux populations les plus vulnérables dans le monde et en France.

LE LOTUS BUS est un programme de Médecins du Monde de promotion de la santé et des droits des travailleuses du sexe chinoises à Paris.

strass-logohdLE STRASS (Syndicat du TRAvail Sexuel) est un syndicat communautaire créé en 2009 par des travailleurSEs du sexe lors des Assises européennes de la prostitution. Il revendique l’application du droit commun à touTEs les travailleurSEs du sexe, permet aux travailleurSEs du sexe de reprendre la parole dans le débat public sur leur activité professionnelle et sensibilise l’opinion publique à la réalité de la politique menée par la France contre les travailleurSEs du sexe.


CONTACT

capture-decran-2016-12-11-a-02-36-33

Sarah-Marie Maffesoli

MÉDECINS DU MONDE

62 bis avenue Parmentier

75011 Paris – 01 43 14 81 50

                                                                       

sarah-marie.maffesoli@medecinsdumonde.net


 

 

 

 

 

More...

Quand des syndicalistes en appellent au viol… et à des représentants du patronat

loitravailnonmerci-page-001Ce mercredi 9 mars, la mobilisation contre la loi travail, rendue possible par la colère et la détermination des jeunes et des salariéEs affirmant qu’ils, et elles, « valent mieux que ça » a été un véritable succès. 500 000 personnes ont pris la rue, des lycéenNEs ont bloqué leurs lycées, des étudiantEs ont mobilisé leurs facs donnant lieu à des Assemblées Générales dont le succès n’était pas sans rappeler les débuts du mouvement contre le Contrat Première Embauche, il y a 10 ans.

Ce mercredi 9 mars, les travailleurSEs du sexe en étaient : à Paris et Toulouse, un tract a été diffusé dans les manifs pour exposer les raisons qui font que nous ne pouvons qu’être partie prenante de ce mouvement. Le très bon accueil qui nous a été réservé de la part des autres travailleurSEs en lutte, nous affirmant leur soutien et leur solidarité, aura ajouté encore à l’enthousiasme suscité par cette journée.

Malgré ce bilan positif, un événement est venu troubler notre satisfaction : dans le défilé parisien, au sein d’un des nombreux cortèges de la CGT, un camion a diffusé un slogan appelant au viol sur la ministre El Khomri. Appeler au viol pour « corriger » les actions d’une femme n’est, hélas, ni exceptionnel, ni anodin. Si le projet de loi travail est à combattre radicalement, la focalisation sur une ministre, femme, non blanche, ne nous semble pas un hasard : l’utilisation de telles menaces sexuelles s’inscrit dans la pire tradition coloniale et masculiniste à la française. Consciemment ou non, utiliser de telles menaces, c’est faire de l’intimidation et remettre en cause la place des femmes dans la mobilisation. Pourtant, les femmes ne sont ni des soutiens ni des accessoires de ce mouvement naissant : elles doivent en être le cœur car ce sont elles qui sont en première ligne, qu’elles soient au foyer, dans l’économie invisibilisée ou sur le marché traditionnel de l’emploi.

Par ailleurs, au-delà d’un appel au viol déjà fortement condamnable en tant que tel, c’est à « Jacquie et Michel » que ces syndicalistes en appellent dans cet ignoble slogan, autrement dit, ils en appellent à de médiatiques représentants du patronat de l’industrie du sexe. En tant que syndicat de travailleurSEs du sexe, nous sommes particulièrement choquéEs que d’autres syndicalistes appellent à une telle collaboration avec des patrons, des patrons qui se sont de plus illustrés non seulement par leurs méthodes violentes pour forcer des actrices à des pratiques qu’elles refusaient, ou les déposséder de leur droit à l’image, mais aussi par leur collaboration « professionnelle » avec des militantEs d’extrême droite.

Face à un projet de loi qui vise à toujours plus précariser les travailleurs, et surtout les travailleuses, un tel appel au viol doublé d’une valorisation du patronat n’est pas acceptable dans nos rangs.

Le STRASS demande une désolidarisation de la CGT pour les propos tenus par les auteurs de ce slogan, et rappelle que si nous voulons gagner ce bras de fer contre le gouvernement, et plus généralement contre le néolibéralisme et ses promoteurs, ce ne sera qu’en s’organisant contre TOUS les patrons, en construisant des fronts de lutte où le racisme, l’extrême-droite, ses idées comme sa « culture » (qui dépassent largement les rangs du FN), sont bannis, de même que les violences masculines,afin de permettre l’investissement des femmes, de TOUTES les femmes, y compris des travailleuses du sexe.

Nous serons présentEs lors des prochaines mobilisations et appelons, notamment les femmes, à s’y rejoindre: le 17, le 24 et le 31 mars prochains.

Contre la loi travail : travailleurSEs du sexe en lutte !

More...

Pour Véro

Ce samedi 14 mars au soir, nous apprenions qu’une de nos amies et collègues, travailleuse du sexe et membre du STRASS s’était suicidée. Face à des difficultés financières et psychologiques, Véro a préféré nous quitter. Avec tristesse, nous respectons son choix. Avec amertume, nous nous demandons ce que nous aurions pu faire, ce que nous aurions dû faire pour que Véro soit encore avec nous aujourd’hui. Avec colère, nous accusons ceux et celles qui continuent d’ignorer nos demandes et qui continuent à nous pousser toujours plus dans la pauvreté et la vulnérabilité.

Nos appels sont souvent accusatoires mais notre colère est notre seule arme contre cette détresse qui nous gagne chaque jour quand nous apprenons qu’une de nos amies a été violée, qu’une autre a été expulsée, ou comme aujourd’hui qu’une d’entre nous s’est suicidée.

En Juin, le mouvement des travailleuses du sexe aura 40 ans.

40 ans de luttes depuis l’occupation de l’Eglise de St Niziers. 40 ans à nous battre pour que nous puissions enfin vivre libres de la violence, des descentes de police, du regard méprisant de celles qui veulent nous sauver contre notre gré, et des coups et insultes de ceux qui voudraient nous voir disparaitre. 40 ans de luttes et les choses s’empirent. Éloignées des centre-villes, continuellement victimes de violence, évitant du mieux que nous pouvons la police, nous sommes pourtant toujours là. Plus solidaires que jamais, plus vocales que jamais mais également plus vulnérables, plus précaires, plus isolées.

Ce 20 mars, le STRASS aura 6 ans.

6 ans de luttes, de manifestations, de soutien juridique et émotionnel à nos collègues victimes de violence, de rencontres avec nos camarades et alliés syndicalistes, féministes, LGBT et anti-raciste. 6 ans de luttes et les choses s’empirent. Depuis le début du débat sur la pénalisation des clients, les violences augmentent. Comment pouvez-vous ne pas le comprendre ? Alors que le racisme et les violences contre les immigréEs se banalisent et que les effets des mesures d’austérité fragilisent nos vies déjà précaires, vos débats toxiques sur la pénalisation des clients et l’abolition de la prostitution n’ont fait qu’accroitre notre vulnérabilité.

Véro était une de nos collègues, camarades et amies. Depuis des années, elle se battait pour mobiliser ses collègues à Bordeaux. Elle nous avait confié son sentiment d’isolement, ses difficultés mais aussi ses espoirs, sa volonté de changer les choses. Mais comme pour beaucoup de travailleuses du sexe, les choses ne se sont pas améliorées. Comme pour beaucoup d’entre nous, le débat sur la pénalisation des clients avait entrainé une diminution des clients, une chute des revenus et une plus grande précarité. Comme beaucoup d’entre nous, le combat de Véro pour le respect de nos droits, son militantisme était volontaire. Chaque journée passée à essayer d’organiser ses collègues afin de se battre contre cette loi stupide et dangereuse était une journée en moins à gagner sa vie.

Les liens entre suicide et précarité ont été démontré à maintes reprises et sont de plus en plus apparents dans notre société qui préfère protéger les riches et criminaliser les pauvres que trouver des solutions humaines et justes. En tant que travailleuses précaires, au nom de Véro et de toutes nos collègues qui, épuisées par ces luttes quotidiennes contre la pauvreté et pour leurs droits, ont choisi ou envisagé le suicide, nous demandons encore une fois, que l’on nous donne plus de choix, pas moins. Nous pénaliser nous ou nos clients ne fait que nous pousser davantage dans la précarité, la pauvreté, l’isolement et la détresse.

Aujourd’hui nous pensons à elle, a sa famille et à ses ami-es. Nous pensons à toutes les travailleuses du sexe, précaires et isolées. Soutenons-nous mutuellement. Battons-nous pour nos droits.

Continuons le combat auquel Véro croyait.

More...

PRISE DE PAROLE DES ROSES D'ACIER LE 17 DECEMBRE

roses d'acier

Mesdames, messieurs, chers amis,

En cette journée mondiale de lutte contre les violences faites aux travailleurs et travailleuses du sexe, soyez tous les bienvenus à notre rassemblement. En tant que représentante des travailleuses du sexe chinoises de Paris, permettez-moi de faire entendre notre voix.

Ce à quoi nous aspirons c’est de : lutter contre toute forme de violence et vivre en paix.

Comme le dit un dicton chinois, il existe une façon d’être heureux et il existe mille façons d’être malheureux. Les travailleuses du sexe s’engagent dans ce travail chacune pour ses propres raisons, pour survivre, pour vivre, parce qu’il n’y a pas d’autre alternative. Qui de l’extérieur peut comprendre les joies et les tristesses de nos vies ?

Malgré les barrières de notre monde intérieur et de nos constructions psychologiques, malgré de profonds dilemmes, nous avons fait le choix de la prostitution pour vivre. En faisant ce choix, nous n’imaginions pas, et personne n’imagine les difficultés et les soucis que nous endurons. Chaque jour nous sommes sur le qui-vive: la peur des maladies, les regards froids des voisins, les contrôles répétitifs et injustifiés de la police, la précarité de nos conditions de vie et de travail. Chaque jour les travailleuses et travailleurs du sexe du monde entier subissent physiquement toutes sortes de violences, jusqu’à en perdre la vie pour certain(e)s.

Parmi les travailleuses du sexe chinoises, qui ne travaille pas chaque jour la peur au ventre ? Qui ne craint pas les actes de violence, les vols, voire les viols ? Qui ne craint pas pour sa santé, pour sa sécurité ? Qui ne craint pas les contrôles d’identité non motivés, les mises en rétentions, voire l’expulsion ?

Nous avons déjà supporté plus que notre part de discriminations, d’humiliations et d’intimidations non seulement de la part des passants dans la rue et des autres Chinois, non seulement des criminels et des délinquants, mais aussi de la part de la police et de l’Etat.

Aujourd’hui, nous souhaitons saisir l’occasion de nous adresser à toutes les personnes qui nous font violence, que votre acte soit spontané ou prémédité. Peut être que la personne que vous attaquez a chez elle un enfant qui attend son retour pour manger ou un proche malade qui a besoin de son aide. Peut être vivez-vous les mêmes expériences que nous, peut être que parmi vos frères et soeurs certains ont fait les mêmes choix de vie que nous. Peut être qu’alors que vous nous attaquez, vos proches vivent les mêmes difficultés que nous. Peut être, peut être.

Changez vos convictions, combattez vos démons. Ensemble tentons de construire une société respectueuse du bien être et de la santé de tous.

Tous ensemble, combattons les violences.

女士们,先生们,朋友们,

晚上好。

今天是世界性工作者无暴力日,欢迎各位光临来参加我们的这个聚会,我代表中国妇女全体性工作者,向人们表述一下我们的心声 :

我们的心声内容是:

抗拒一切暴力,求生活,要安全。

常言道得好,幸福的人命运是相同的,而不幸的人却有着各自的不幸。而从事性工作者的大多数人,由于各种原因,迫于生存,为了生活,出于无奈而从事了这个行业,业外的人们,谁有能体会到各种的酸甜苦辣?首先要战胜自己的内心世界,精神和心理上的精神阻力:经过几番激烈的思想斗争,终于,为了生活,战胜自我,堕入了风尘。然而,并不像之前想象和人们看到的表象那样,这种生活一样的充满了艰辛与艰难,每天都危机四伏:疾病的困扰,旁人的冷眼,警察的经常无理检查,工作和生活条件的简陋等等。全世界的性工作者们,每天都有着轻重不同的暴力,发生在她们的身边,甚至有人为此失去了生命。

在巴黎的中国性工作者,哪一位每天不提心吊胆的,担心坏人,抢劫甚至强奸,担心自己健康,安全,担心警察故意无理由查身份,收押,甚至遣返。我们身上背负了太多不应该背负的歧视,辱骂与恐吓,不仅来自路人,同胞们,不仅来自坏人与暴徒们,还来自与警察与政府。

在此,借这个机会,奉劝那些欲施暴于人的人,不管你是临时起意还是蓄谋已久,不管是从肢体上还是精神上,也许你们欲将残害的人,她的家里还有几个嗷嗷待哺的孩子等待着妈妈带回下一顿餐食,也许家里面有个病入膏肓,等待着她去救命的亲人,也许你的生活里也有着类似的经历,也许你的兄弟姐妹们正和我们一样,从事着同样的谋生方式而你却并不知情,也许你在残害别人的同时,她们也遭受着同样的不幸,也许也许,还有许多的也许。所以奉劝这些人,找回你们的良知,降伏你们的心魔,与大家一起,创造温馨,祥和,幸福安康的和谐社会。

全世界的人民团结起来抗拒一切暴力。

More...

Abus policiers sur un militant du STRASS la veille de la journée mondiale contre les violences faites aux travailleurSEs du sexe

communiqué du STRASS-Syndicat du travail sexuel, Acceptess-T, Act up Paris, Aides, Cabiria, Collectif 8 Mars pour Toutes, Collectif des Femmes de Strasbourg-Saint Denis, Grisélidis, Itinéraires Entr’Actes, Support Transgenre Strasbourg,

Cette nuit, vers minuit, Thierry Schaffauser, membre fondateur du STRASS distribuait des tracts et des préservatifs lorsqu’il a été interpellé sur le boulevard Barbès dans le 18ème arrondissement.

Il lui a été reproché d’avoir parlé à une travailleuse du sexe.

Deux policiers en civil ont alors commis des actes de violences à son encontre allant jusqu’à l’étrangler et l’étouffer. Il a été menotté les mains dans le dos et conduit au commissariat de la goutte d’or sans se voir notifier les motifs de son arrestation et sans avoir été en mesure de demander l’assistance d’un avocat. La travailleuse du sexe à qui il a parlé et remis des préservatifs a également été arrêtée et emmenée dans le même commissariat.

Des propos homophobes puis racistes ont été tenus lors de l’arrestation tels que « c’est à cause de gens comme vous que des mamas font venir des africaines pour se prostituer en France ».

Thierry Shaffauser à été examiné par un médecin des urgences médico-légales qui lui a délivré 4 jours d´ITT et a constaté de nombreuses lésions directement liées aux conditions disproportionnées et violentes de son interpellation.

Cette arrestation illégale et injustifiée n’est qu’un des nombreux exemples de ce que subissent les travailleurSEs du sexe partout en France, notamment en fin d’année lorsqu’il faut produire des chiffres. Elle confirme les pratiques policières visant à intimider les clients et à leur extorquer des témoignages contre les travailleuses du sexe afin de les arrêter pour racolage.

Elle est également une illustration criante de la pénalisation croissante de la solidarité à l’égard des prostituées. La loi sur le racolage et toute pénalisation du travail sexuel sont en effet une entrave à toute forme de solidarité envers les travailleuses du sexe et ne font que les pousser dans l’isolement complet puisque le simple fait de leur parler rend suspect aux yeux de la police. Si une pénalisation des clients devait être adoptée, cela accroitrait ce type d’incidents et confirmerait qu’il est interdit de leur parler.

Une plainte sera prochainement déposée entre les mains de l’inspection générale de la police nationale, avec constitution du STRASS en tant que partie civile.

Pour dire non à toutes les violences, y compris institutionnelles et policières, nous manifesterons demain le 17 décembre à Paris, Lyon et Toulouse.

Contacts :

Thierry Schaffauser 07 51 69 52 46

Maitre Tewfik Bouzenoune 06 78 70 01 56

More...

Violences faites aux travailleurSEs du sexe : Etat complice !

Le 17 Décembre est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux travailleurSEs du sexe. Répression, expulsions, viols, agressions, exploitation, injonctions au silence, stigmatisation : les violences auxquelles font face les prostituées et travailleurSEs du sexe sont nombreuses, trop nombreuses.

Alors que le délit de racolage n’est toujours pas abrogé malgré ses conséquences catastrophiques, régulièrement dénoncées, sur nos conditions de travail et notre santé, les arrêtés municipaux interdisant la présence de travailleurSEs du sexe dans l’espace public se sont multipliés, de Lyon à Toulouse, en passant notamment par La Madeleine à côté de Lille et Bordeaux. Sous couvert de lutter contre l’exploitation des prostituées et travailleurSEs du sexe, c’est la répression de ces dernierEs qui s’organise, avec ses conséquences en termes de précarisation, d’augmentation des violences, et de dégradation de notre santé.

La dimension sexiste de politiques qui interdisent l’espace public à un grand nombre de femmes s’allie par ailleurs avec des intérêts racistes d’expulsions des travailleurSEs sans papiers, ailleurs présentées comme uniformément victimes de la traite, mais qu’il conviendrait alors, pour leur bien, de renvoyer dans leurs pays d’origine. Régulièrement, de véritables rafles sont menées, qui ne sont pas sans conséquences non seulement pour les prostituées et travailleurSEs du sexe expulsées, mais aussi pour celles qui restent et doivent vivre dans la peur quotidienne des forces de l’ordre.

Nombreuses sont celles qui savent que prendre la parole en tant que travailleurSE du sexe, c’est s’exposer à une stigmatisation pouvant entrainer ruptures familiales et sociales, Nombreuses sont celles qui n’oseront pas dénoncer les situations d’exploitation dont elles sont victimes par peur de l’expulsion. Cette situation de répression et de stigmatisation ne sert que les intérêts des auteurs de violences, de quelques riverains qui ne veulent pas de putes dans leur quartier, et de celles et ceux qui instrumentalisent ces violences au profit de leur carrière politique.

Pour dénoncer ces violences,et rappeler la nécessité de notre combat, le STRASS vous invite à rejoindre les rassemblements et manifestations qui auront lieu localement :

à Paris : manifestation 18h place Belleville

à Toulouse : manifestation 17h place Belfort, puis, dès 21h, soirée de soutien au STRASS au bar Le Communard, Place Arnaud Bernard

à Rouen : rassemblement 17h place du Général de Gaulle

à Lyon : rassemblement 15h Mairie du 7è

à l’appel du STRASS-Syndicat du travail sexuel,

et avec le soutien de STS-Support Transgenre Strasbourg, Collectif des Femmes de Strasbourg-Saint-Denis, Collectif 8 Mars pour Toutes, Sud Educ 13, FRISSE Asso, la Fédération Solidaires Etudiant-e-s Syndicat de luttes, Act-up Paris, Grisélidis, Cabiria, Acceptess-T.

 

projet-affiche-strass-toulouse-2

More...

Quand le travail du sexe tient colloque au Sénat et dénonce les effets pervers de la pénalisation des clients.

Alors que la commission spéciale sénatoriale s’apprête à conclure ses travaux sur la proposition de loi Prostitution, les travailleurSEs du sexe et les associations de santé tenaient colloque jeudi 12 juin au Sénat pour en dénoncer les effets pervers

 

Il semble encore nécessaire de le rappeler : le travail du sexe n’est pas illégal en France. Pourtant, si la prostitution n’est pas directement pénalisée, tous les moyens de l’exercer le sont : le délit de racolage public institué il y a plus de 10 ans en est le parfait exemple. Or les mesures proposées dans cette proposition de loi entretiennent cette approche répressive. En considérant les personnes uniformément comme des victimes, elles proposent une réponse homogène et essentiellement pénale à un phénomène pluriel, complexe et hétérogène. Elles contribuent ainsi à précariser les personnes qui se prostituent, les condamnant à la clandestinité et les exposant à des risques pour leur santé et leur sécurité. C’est exactement ce qu’ont dénoncé au cours de ce colloque non seulement les travailleurSEs du sexe, mais aussi des sociologues, juristes, chercheurSEs, médecins, psychiatres et associations de santé.

 

Pénalisation : la fausse bonne idée pour lutter contre la traite.

Ainsi, pour Maitre Anne Bouillon, avocate« les institutions judiciaires et policières ne pourront être des passerelles pertinentes pour la sortie de la prostitution ». Elle dénonçait déjà les « effets catastrophiques du délit de racolage », or pour elle « la pénalisation du client ne fait que déplacer la focale répressive » sans apporter aucune solution à celles et ceux qui souhaitent sortir de la prostitution. Elle prédit « l’ effet boomerang de la pénalisation du client »

 

Une loi guidée par une méconnaissance manifeste de l’activité prostitutionnelle

 

Pour Lilian Mathieu, sociologue au CNRS, les partisans de cette loi ont une vision fausse et condescendante du travail du sexe. Il dénonce cette volonté de faire le bien des personnes sans prendre la peine de leur demander leur avis : « les aspects répressifs se coulent toujours dans un discours humaniste ». Les prostituées sont systématiquement perçues comme de « jeunes femmes innocentes, naïves et crédules », poursuit-il, forcément victimes de « traumatismes ». Du fait de cette « dimension psychiatrique », il ne serait pas nécessaire de les consulter. Cette vision surannée conduit aux mesures contre-productives présentées dans ce projet de loi. En effet, en considérant de manière arbitraire que 80% de la prostitution relève de la traite,  le législateur reste sourd aux rapports démontrant l’absence de chiffres fiables et aux observations faites dans les autres pays occidentaux.

 

Car loin de cette vision victimaire, la prostitution – ou plutôt LES prostitutionS, reflètent des réalités multiples. Pour exemple, les travailleurSEs du sexe migrantEs ne sont pas uniformément victimes de la traite. A. Lan, travailleuse du sexe d’origine chinoise et Téodoraextravailleuse du sexe d’origine roumaine, ont toujours assumé le choix de cette activité, hors du joug des réseaux. Téodora glisse même lors de son intervention : « je me suis sentie plus exploitée en travaillant au noir dans un institut qu’à travailler dans la rue ». Mais elle constate sur le terrain les conséquences de la loi, que beaucoup croient déjà en application. Selon ses anciennes collègues, les clients sont plus méfiants, plus rares, plus déterminés et des tentatives d’extorsion commencent déjà à apparaître.

 

L’exemple suédois, ou la mise en scène de l’abolition

Pye Jakobson, travailleuse du sexe en Suède pendant 26 ans, décrit les réelles conséquences de la pénalisation en Suède. Les clients menacés de sanctions pénales, « refusent désormais de donner toutes informations les concernant ». Ils donnent rendez-vous aux prostituées dans le métro ou dans des lieux isolés, sans leur dire à l’avance où ils vont les emmener. Autant de risques supplémentaires encourus par les personnes qui se prostituent. Quant aux personnes propriétaires de leur logement qui par souci de sécurité tenteraient de recevoir leurs clients à domicile, elles risquent tout bonnement d’être privées de leur droit de propriété et jetées à la rue. Les personnes prostituées, « présupposées mentalement instables », sont ainsi à la merci du bon vouloir des juges. Cette abolition à la suédoise se traduit en réalité par plus de clandestinité, de risques et de précarité pour les travailleurSEs du sexe. Alors qu’Amnesty International et Human Rights Watch dénoncent l’hypocrisie du système suédois, aucune étude sérieuse n’a été menée par les pouvoirs publics pour en mesurer les effets délétères.

 

La Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) s’est d’ailleurs récemment prononcée contre la pénalisation du client. Dans un avis rendu le 22 mai 2014, elle salue la proposition d’abrogation du délit de racolage public et  « se félicite de l’attention toute particulière portée à la traite des êtres humains dans la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel « . Mais bien qu’elle adhère aux mesures d’accompagnement administratif et social des personnes en situation de prostitution, la CNCDH rappelle que ces mesures doivent s’inscrire dans une politique plus globale qui ne doit pas se limiter qu’à un parcours de sortie de la prostitution.

 

Nous, associations de santé et de travailleur(se)s du sexe, dénonçons cette proposition de loi contraire à la santé et à la dignité des personnes. Nous appelons les parlementaires à abroger urgemment le délit de racolage public, et à refuser la pénalisation des clients. Nous demandons une véritable politique de lutte contre le travail forcé, la servitude, l’esclavage et la traite, et une réelle prise en compte de la parole et des besoins des personnes concernées. C’est en écoutant les besoins des personnes qui se prostituent que nous parviendrons à sortir d’une vision erronée de la prostitution et à leur apporter des solutions concrètes et durables.

 

Signataires : Acceptess-T / Act Up-Paris / AIDES / Cabiria / Collectif droits et prostitution / Griselidis / Médecins du Monde / Strass /

Contact

Antoine Henry (AIDES) : 06 10 41 23 86 – ahenry@aides.org

Aurélie Defretin (MDM): 01 44 92 14 31/1381-0609173559 – infomdm@medecinsdumonde.net

Cadyne Senac (STRASS) : 07 60 42 51 80

More...

Pour nous contacter

STRASS, Syndicat du Travail Sexuel
c/o Act Up-Paris
8 rue des Dunes
75019 PARIS

contact@strass-syndicat.org

Permanence POUR LES TRAVAILLEUR-SE-S DU SEXE tous les jeudis de 17h à 21h dans nos locaux à Paris.

Nous contacter en cas de violences : violences@strass-syndicat.org

Paypal

LikeBox Facebook

TL Twitter