Strass Syndicat du travail sexuel - TravailleurSES du sexe en lutte !

Le bulletin du STRASS N°6, le premier 2014

le bulletin du STRASS numéro 6 est sorti !

Vous l’attendiez avec impatience ! Voici le premier bulletin du STRASS pour cette nouvelle année 2014, il revient sur l’actualité en lien avec le travail sexuel

pour le lire en ligne : ICI (Fr)

version espagnole : boletin6-es_enligne

pour avoir une version à imprimer et à distribuer : ICI (Fr)

version espagnole : boletin6-es-imprimable

Le Strass vous souhaite  à vous touTEs, ses meilleurs vœux et une bonne lecture !

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UNE TERRIBLE PERTE POUR NOUS TOUteS

C’est avec une immense tristesse que nous, le STRASS et Act-up Basel, avons appris aujourd’hui la mort brutale d’Andrew Hunter, fondateur et président du NSWP (Network of Sex Work Projects) et fondateur du APNSW (Asia Pacific Network of Sex Workers).

Il possédait une très grande expertise sur tout ce qui était lié aux droits humains des travailleurSEs du sexe, mais aussi sur l’accès aux médicaments du VIH/sida et de l’hépatite C. Andrew a fait énormément pour les droits des travailleurSEs du sexe, notamment pour l’accès au traitement pour les TDS séropositifVEs en Asie du Sud-Est.

Au-delà de son activisme, Andrew était quelqu’un de profondément inspirant, qui savait conjuguer douceur et humour avec intelligence.

Nous adressons nos plus sincères condoléances à son partenaire, à sa famille, à ses proches, collègues, amiEs, et à touTEs celles et ceux qui l’ont connu et apprécié.

C’est en hommage à Andrew, et à touTEs celles et ceux qui, comme lui, nous ont quittéEs, que nous continuerons à porter avec fierté la lutte pour les droits des travailleurSEs du sexe et l’accès aux médicaments et aux traitements !

Act Up-Basel, STRASS & Shiba Phurailatpam (Coordinator of the Asia Pacific Network of people living with HIV/AIDS)

 

PRESS RELEASE : ACT UP-BASEL, STRASS, SHIBA PHURAILATPAM (APN+) ON ANDREW HUNTER : A TERRIBLE LOSS FOR ALL OF US

It is with great sadness that we, the Strass and Act Up-Basel, have learned of the sudden death of Andrew Hunter on December 26th, 2013. Andrew was a founder and president of NSWP (Network of Sex Work Projects) and a founder of APNSW (Asia Pacific Network of Sex Workers).

Andrew was an expert and inspiring advocate on the human rights of sex workers, as well as on issues surrounding the access to medicines for HIV and HCV; this notably included the access to treatment for sex workers in South-East Asia.

Beyond his activism, Andrew was a deeply inspiring person, combining kindness, humour and great intelligence.

We send our heartfelt condolences to his partner, his family, his loved ones, his colleagues and friends, and to all of the many people who he touched during his life.

With Andrew and all of those who have left us in our hearts, we continue with pride in our fight for the rights of sex workers and for access to medicine and treatment!

Act Up-Basel, STRASS & Shiba Phurailatpam (Coordinator of the Asia Pacific Network of people living with HIV/AIDS)

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UNE GRANDE VICTOIRE POUR NOS COLLÈGUES DU CANADA !

C’est avec une grande joie que nous avons appris ce vendredi 20 décembre le verdict de la Cour Suprême sur l’affaire Bedford VS Canada, qui confirme que la criminalisation du travail sexuel va à l’encontre de l’article 7 de la Charte canadienne des droits et libertés, qui stipule que « chacun a droit a? la vie, a? la liberte? et a? la se?curite? de sa personne; il ne peut e?tre porte? atteinte a? ce droit qu’en conformite? avec les principes de justice fondamentale. »

Les articles remis en cause par les travailleurSEs du sexe dans un dossier de 25 000 pages de preuves étaient les suivants :

– L’art. 210, qui criminalise quiconque tient une « maison de débauche », ou y habite, ou y est trouvé sans excuse légitime, ainsi que quiconque, en qualité de propriétaire, locateur ou occupant d’un local, en permet sciemment l’utilisation comme maison de de?bauche.

– L’aline?a 212(1)j), qui dispose qu’est coupable d’un acte criminel quiconque vit des produits de la prostitution d’autrui.

– L’aline?a 213(1)c) qui criminalise quiconque, dans un endroit public ou à la vue du public, dans le but de se livrer à la prostitution ou de retenir les services sexuels d’une personne qui s’y livre, arrête ou tente d’arrêter une personne, ou, de quelque manière que ce soit, communique ou tente de communiquer avec elle.

Sur la contestation de ces 3 articles, la Cour Suprême a retenu que :

Les interdictions augmentent toutes les risques auxquels s’exposent les demanderesses lorsqu’elles se livrent a? la prostitution, une activite? qui est en soi le?gale. Elles ne font pas qu’encadrer la pratique de la prostitution. Elles franchissent un pas supple?mentaire de?terminant par l’imposition de conditions dangereuses a? la pratique de la prostitution: elles empe?chent des personnes qui se livrent a? une activite? risque?e, mais le?gale, de prendre des mesures pour assurer leur propre protection. Le lien de causalite? n’est pas rendu inexistant par les actes de tiers (clients et proxe?ne?tes) ou le pre?tendu choix des inte?resse?es de se prostituer. Bien que certaines prostitue?es puissent correspondre au profil de celle qui choisit librement de se livrer a? l’activite? e?conomique risque?e qu’est la prostitution (ou qui a un jour fait ce choix), de nombreuses prostitue?es n’ont pas vraiment d’autre solution que la prostitution. De plus, le fait que le comportement des proxe?ne?tes et des clients soit la source imme?diate des pre?judices subis par les prostitue?es ne change rien. La violence d’un client ne diminue en rien la responsabilite? de l’E?tat qui rend une prostitue?e plus vulne?rable a? cette violence. (rendu complet du jugement ici)

Cette invalidation est à effet suspensif : le législateur dispose d’un an pour proposer une nouvelle loi sur le travail sexuel : celui-ci reste donc criminalisé jusqu’au 20 décembre 2014.

Le STRASS se réjouit de cette victoire des travailleurSEs du sexe au Canada, et félicite touTEs celles et ceux qui ont participé à cette lutte, et particulièrementTERRI JEAN BEDFORD, AMY LEBOVITCH et VALERIE SCOTT, toutes les 3 anciennes ou actuelles travailleuses du sexe, qui ont porté le dossier en leur nom !

À l’heure où la France s’apprête à s’engager dans une voie radicalement prohibitionniste, nous espérons que l’exemple Canadien inspirera les sénateurs et sénatrices ayant à se prononcer dans les mois qui viennent sur la pénalisation des clients.

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Un nouveau rapport mondial de l'UNDP contre la pénalisation des clients

Le STRASS se réjouit du rapport des United Nations for Development Programme (UNDP) et les résultats de sa Commission mondiale sur le VIH et la Loi qui confirment ce que nous disons d’experience depuis des années. (A lire sur leur site http://www.hivlawcommission.org ) Les recommandations sont en effet très claires sur la reconnaissance du travail sexuel comme travail et de sa non-criminalisation, en particulier des travailleurs du sexe et de nos clients.

Ces recommandations arrivent au bon moment pour rappeler au gouvernement français que le projet d’abolition de la prostitution et de la pénalisation des clients est dangereux et augmentera le nombre de contaminations au VIH et IST comme le souligne déjà toutes les associations de lutte contre le sida, le Conseil National du Sida (CNS) et l’ONUSIDA.

http://www.unaids.org/en/media/unaids/contentassets/documents/unaidspublication/2009/JC2306_UNAIDS-guidance-note-HIV-sex-work_en.pdf

Le rapport fait une étude de cas de la loi Suédoise de pénalisation des clients et montre preuve à l’appui ses nombreux échecs. Il fait également une différence claire entre le travail sexuel et la traite des êtres humains qui nécessitent des réponses législatives différentes.

Il est donc temps que la France légifère en observant les preuves plutôt qu’en s’appuyant sur de l’idéologie et du dogmatisme. La ministre des droits des femmes doit cesser de faire le jeu du sida, et tant qu’elle continuera à défendre des politiques criminelles nous exigeons sa démission.

Les recommandations ci-jointes :

LES TRAVAILLEURS DU SEXE

3.2 Les pays doivent revoir la façon dont ils approchent le travail du sexe. Plutôt que de punir les adultes consentants engagés dans le travail du sexe, les États doivent garantir la sécurité au travail et offrir aux travailleurs du sexe et à leurs clients un accès à un service d’appui lié au VIH et autre service de santé efficace.

Les pays doivent :
3.2.1. Abroger les lois qui interdisent aux adultes consentants d’être client ou acteur du commerce du sexe, ainsi que celles qui interdisent ce dernier, telles que les lois contre les revenus « immoraux », « les revenus provenant » de la prostitution et des activités des maisons de prostitution. De mesures complémentaires juridiques doivent être prises pour assurer des conditions de travail saines aux travailleurs du sexe.

3.2.2 Prendre toutes les mesures nécessaires pour arrêter le harcèlement et la violence de la police à l’encontre les travailleurs du sexe.

3.2.3 Interdire le dépistage du VIH et les examens médicaux des IST obligatoires aux travailleurs du sexe.

3.2.4 Assurer que l’entrée en vigueur de la réglementation contre le trafic des personnes est correctement ciblée pour punir ceux qui usent de la force, de la mauvaise foi ou de la coercition pour enrôler des personnes dans le commerce du sexe, ou qui exploitent les travailleurs du sexe immigrés à travers la servitude pour dette, la violence ou la privation de liberté. La réglementation contre le trafic des personnes doit être appliquée pour interdire l’exploitation sexuelle, et non pour réprimer les adultes qui s’engagent de manière consentante dans le travail du sexe.

3.2.5 Mettre en application la réglementation contre toutes formes de violences faites aux enfants et d’exploitation sexuelle, et établir une différence claire entre ces délits et le travail sexuel impliquant des adultes consentants.

3.2.6 S’assurer que des infractions d’ordre administratif et civil existantes telles que « vagabondage », « trouble à l’ordre public » et « moralité publique » ne sont pas évoquées pour réprimer les travailleurs du sexe et que des dispositions d’ordre administratif telles que l’ordre de « circuler » ne sont pas mises en pratique pour harceler les travailleurs du sexe.

3.2.7 Fermer tous les centres de détention ou de « réinsertion » obligatoires pour les travailleurs du sexe ou pour les enfants qui auront été exploités sexuellement. En revanche, offrir des services volontaires et communautaires, fondés sur des données concrètes, et visant à l’autonomisation de cette communauté. Apporter une protection aux enfants sexuellement exploités en les plaçant dans des environnements familiaux sûrs, susceptibles d’aider leur développement et sélectionnés au mieux des intérêts de l’enfant.

3.2.8 Abroger les conditions répressives de l’aide publique au développement telles que l’engagement du gouvernement américain PEPFAR contre la prostitution et ses réglementations actuelles contre le trafic des personnes, qui empêchent l’accès des travailleurs du sexe aux services de prise en charge du VIH ou leur capacité à mettre en place des organisations dans leurs propres intérêts.

3.2.9 Prendre des actions décisives pour examiner et réformer les lois internationales applicables conformément aux principes soulignés ci-dessus, dont le Protocole additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité internationale organisée visant à prévenir, supprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants (2000).

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Pour nous contacter

STRASS, Syndicat du Travail Sexuel
c/o Act Up-Paris
8 rue des Dunes
75019 PARIS

contact@strass-syndicat.org

Permanence POUR LES TRAVAILLEUR-SE-S DU SEXE tous les jeudis de 17h à 21h dans nos locaux à Paris.

Nous contacter en cas de violences : violences@strass-syndicat.org

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