Strass Syndicat du travail sexuel - TravailleurSES du sexe en lutte !

Mauvaise Année 2017 !

Le STRASS adresse ses pires vœux de mauvaise année à l’ensemble des parlementaires qui ont voté pour la pénalisation de nos clients.

En 2016, vous avez voté une loi anti-prostitution qui nous a précariséEs, misEs en danger, qui a dégradé nos conditions de travail et d’existence. À cause de vous, de nombreuSEs travailleurSEs du sexe sont contraintEs à une plus grande mobilité, à prendre plus de risques pour leur vie, leur santé et leur sécurité. Nos revenus ont été diminués, et les signalements d’agressions sont plus nombreux.

Tout ceci n’est pas faute de vous avoir prévenu. Vous aviez à disposition tous les rapports scientifiques et institutionnels de l’ONUSIDA, de l’Organisation Mondiale de la Santé, d’Amnesty International, The Lancet, le Planning Familial, Aides, Médecins du Monde, le PNUD, la Commission Nationale Consultative sur les Droits de l’Homme, le Défenseur des Droits, de la Haute Autorité en Santé, etc.

Nous ne pouvons donc pas vous souhaiter une bonne année 2017, mais au contraire, un bon « parcours de sortie de la politique » à la suite d’une défaite électorale cinglante que vous méritez, et qui nous l’espérons, vous attend en 2017.

Le Syndicat du Travail Sexuel

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Ni pénalisation du racolage, ni pénalisation des clients : mais à quand des droits pour les putes ? 

Ce mercredi 14 Octobre au soir, le Sénat a voté la proposition de loi de renforcement de la lutte contre le système prostitutionnel, telle qu’elle avait été amendée par la commission spéciale chargée de l’étudier pour cette deuxième lecture.

L’article proposant de pénaliser les clients des travailleuses du sexe n’a ainsi pas été réintroduit, malgré quatre amendements, dont un du gouvernement en ce sens, et l’abrogation du délit de racolage a quant à elle été confirmée. Ces deux très bonnes nouvelles signifient que le Sénat a rejeté à la fois la répression directe des travailleurSEs du sexe via le délit de racolage, et leur répression « indirecte » (mais dont les conséquences seraient tout aussi concrètes) via la pénalisation de leurs clients.

Cependant, bien que l’article 1 du texte initial qui permettait un blocage des sites internet sans autorité judiciaire ait été rejeté par les deux chambres en première lecture, il impose désormais aux hébergeurs une obligation de signalement et de suppression de nos sites. On peut s’interroger tant sur le but que sur la légitimité de cette mesure qui contraint les opérateurs à signaler et supprimer les sites faisant la promotion d’une activité qui par ailleurs, demeure parfaitement légale.

De même, si les autorisations provisoires de séjour dont peuvent bénéficier les victimes de traite peuvent atteindre un an, et non plus 6 mois, celles-ci restent soumises à condition ; la condition n’est certes plus d’avoir déjà cessé le travail sexuel, mais de s’être engagé dans un processus de cessation de l’activité. Ce chantage consistant à n’aider que les « bonnes victimes » qui veulent arrêter le travail sexuel nous semble toujours aussi indécent et dangereusement contre-productif si le but visé est d’aider celles et ceux qui voudraient réellement arrêter le travail sexuel.

Nous le répétons :

seule la régularisation DE PLEIN DROIT, sans condition, des travailleurSEs du sexe et de touTEs les sans-papier sera à même de renverser le rapport de force en leur faveur.

et seule une DÉPÉNALISATION entière du travail du sexe (racolage, clients, proxénétisme) sera à même de permettre l’amélioration de nos conditions de travail.

Le Sénat a hier franchi une étape ; mais dans l’attente de savoir si l’Assemblée Nationale, suite à l’établissement d’un nouveau texte par une commission paritaire, fera à nouveau machine arrière, nous tenons à rappeler, plus que jamais, nos revendications :

NI ABOLITION, NI REPRESSION : des droits pour les travailleurSEs du sexe !

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PENDANT QUE LES PARLEMENTAIRES FONT DU SURPLACE, LES TRAVAILLEUSES DU SEXE CONTINUENT DE SUBIR LA RÉPRESSION

Sans grand étonnement, le sénat a réintroduit la pénalisation du racolage lors des discussions de ce 20 mars portant sur la loi de lutte contre le système prostitutionnel – ré-intitulée pour l’occasion loi de lutte contre la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle, contre le proxénétisme et pour l’accompagnement des personnes prostituées.

Sans grand étonnement, car ce qui anime les motivations, tant des députéEs que des sénateurs et sénatrices, et sauf exception, n’a jamais été l’intérêt des travailleuses du sexe : alors que les unEs parient sur le délit de racolage public, les autres préfèrent parier sur la pénalisation des clients. Au fond, le but recherché reste cependant toujours le même : maintenir une répression sur le travail sexuel afin de légitimer l’isolement des travailleuses, leur éloignement des centre-villes.

Nous ne sommes pas dupes de ce qui est considéré comme un revirement. Le ton des débats de ce jour, les mensonges qui y ont été débités, le refus de mettre en place de véritables mesures sociales de lutte contre la précarité ou de régularisation des sans-papiers – le simple fait de proposer des APS d’1 an au lieu de 6 mois a suscité beaucoup de débats – est une preuve de plus s’il en fallait qu’aucune des revendications des travailleuses du sexe, ni des associations qui travaillent avec elles, n’ont été entendues.

Nous nous interrogeons sérieusement sur l’intérêt, pour les organisations abolitionnistes, de pousser pour le vote de cette proposition de loi, qui n’apporte aucune réponse aux problèmes que nous rencontrons en tant que travailleuses du sexe.

Nous exigeons que le gouvernement renonce à cette proposition de loi, et mette en revanche à l’ordre du jour la proposition de loi déposée par Esther Benbassa qui visait à l’abrogation du délit de racolage public, votée par ce même Sénat il y a tout juste un an. Nous ne céderons ni au chantage qui consiste à conditionner l’abrogation du délit de racolage public à la pénalisation des clients, ni à celui qui consiste à maintenir le délit de racolage public pour ne pas voter la pénalisation des clients : pendant que nos parlementaires vont et viennent entre deux mauvaises alternatives, les travailleuses du sexe vont et viennent, elles, entre arrestations et précarité.  

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Victoire pour les travailleurSEs du sexe ! 

bravo

Le STRASS salue le retrait de la pénalisation des clients du texte de loi sur la prostitution qui sera présenté au Sénat.

Contrairement aux députés Olivier, Coutelle et Geoffroy, la commission spéciale du Sénat aura pris le temps d’organiser de véritables auditions, d’écouter tous les poins de vue, de prendre en compte les avis des institutions nationales et internationales de santé et de défense des droits humains ainsi que les preuves disponibles sur les effets néfastes de la pénalisation. Surtout, elle aura pris en compte la parole des premièrEs concernéEs, à savoir nous les travailleurSEs du sexe.

Nous continuerons de combattre l’idéologie prohibitionniste qui, à l’aide de faux chiffres et d’amalgames, instrumentalise nos souffrances pour justifier une pénalisation qui ne résoudra en rien les problèmes d’exploitation, de violences et de travail forcé.

Nous exigeons des députéEs qu’ils et elles renoncent également à la pénalisation des clients, et adoptent le plus rapidement possible la dépénalisation du racolage, en inscrivant à l’ordre du jour la PPL Benbassa votée en mars 2013 si la PPL actuelle devait être enterrée.

Nous exigeons également la régularisation de touTEs les travailleurSEs du sexe sans papiers, le droit au changement d’état civil pour les trans, et une réelle politique de lutte contre la précarité et l’exploitation qui passe par la reconnaissance de nos droits.

Enfin, nous félicitons touTEs les travailleurSEs qui se sont mobiliséEs contre la pénalisation et pour faire entendre leur voix : bravo à vous touTEs ! La mobilisation paie. Nous encourageons touTEs les travailleurSEs à se syndiquer et rejoindre le STRASS pour remporter d’autres batailles comme celle que nous menons actuellement à Toulouse contre l’arrêté municipal interdisant notre présence sur la voie publique.

Contact presse:

Maitresse Gilda : 06 23 06 87 01

Morgane Merteuil : 06 63 58 45 23 / +44 7 51 011 41 92

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Commission spéciale du Sénat : Table ronde avec le Strass et Act Up-Paris

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Mission 'Prostitution' au Sénat : les rapporteurs doivent être dessaisis !

Bien que les auditions soient encore en cours au Sénat et que démarre à peine le travail de réflexion engagé depuis un peu plus d’un mois sur « la situation sociale des personnes prostituées » au sein de la Commission des affaires sociales, les deux rapporteurs de la Mission chargée de la question se sont fait remarquer en proposant des amendements en faveur de la pénalisation des clients (Chantal Jouanno, UDI-UC) et du maintien du délit de racolage public actif (Jean-Pierre Godefroy, groupe Socialiste), cela à l’occasion du vote de la proposition de loi déposée par Esther Benbassa (groupe écologiste) le 28 mars dernier revenant justement sur une approche répressive et contre-productive de la prostitution.

Le STRASS dénonce la partialité des sénateurs chargés de mener une enquête sur la situation et surtout les besoins des travailleurSEs du sexe et non de justifier l’adoption de mesures répressives qu’elles-mêmes, leurs alliéEs et nombre d’experts indépendants dénoncent [1]. Le manque patent d’objectivité et d’attention des rapporteurs de cette Mission s’est illustré lors de l’audition du STRASS : Chantal Jouanno a tout simplement cru bon de s’absenter longuement et à plusieurs reprises.

Nous avons déjà eu affaire à la partialité de la députée Danielle Bousquet et savons aujourd’hui à quoi nous attendre. Elle avait également déposé une proposition de loi en faveur de la pénalisation des clients en 2006 (laquelle Chantal Jouanno admet d’ailleurs avoir plagiée [2] [3]) et avait, sans surprise, remis à l’Assemblée nationale en 2011 un rapport allant dans le même sens, quitte à instrumentaliser ou détourner la parole des personnes auditionnées, y compris celle des travailleurSEs du sexe !

Le but inavoué mais non moins flagrant de cette nouvelle Mission est de légitimer la prohibition de la prostitution au nom d’une meilleure protection des prostituéEs alors que les travailleurSEs du sexe ne cessent, d’une part, de mettre en garde contre les effets catastrophiques qu’aurait une telle mesure pour leur sécurité et leur santé et, d’autre part, de réclamer l’application du droit commun, sans discrimination, pour être en mesure de se défendre elles-mêmes contre les abus et violences dont elles peuvent faire l’objet [4].

C’est pourquoi le STRASS exige :

  • que la Commission des affaires sociales du Sénat confie cette Mission à des sénateurs qui sauront faire preuve d’objectivité, d’écoute et ne cherchant pas à tout prix à imposer une idéologie prohibitionniste, dangereuse et minoritaire.
  • que soit abandonnées toutes mesures réprimant le travail sexuel, qu’elles visent les travailleurSES du sexe et/ou leur clientEs.
  • l’application du droit commun aux travailleurSEs du sexe, sans discrimination, notamment dans le cadre de la lutte contre les violences et les abus.
  • que les éluEs cessent de légiférer sans tenir compte de l’avis des premièrEs concernées, dont l’expertise est seule légitime à exprimer ce qui est bon ou pas pour elles.

[1] http://www.cns.sante.fr/IMG/pdf/2010-09-16_avi_fr_prevention-2.pdf,

http://www.undp.org/content/dam/undp/library/HIV-AIDS/Governance%20of%20HIV%20Responses/Commissions%20report%20final-FR.pdf.

Commission citoyens-justice-police, De nouvelles zones de non-droit. Des prostituées face à l’arbitraire policier, 2006,
http://www.ldh-france.org/IMG/pdf/prostituees_arbitraire_policier.pdf.

http://www.igas.gouv.fr/spip.php?article291

[2] Mme Chantal Jouanno : « Je ne vais pas vous mentir, c’est un plagiat revendiqué de la proposition de loi Geoffroy-Bousquet, qui est elle-même la transcription fidèle des recommandations contenues dans le rapport de nos deux collègues députés sur l’abolition de la prostitution et la reprise de la proposition de résolution votée à l’unanimité à l’Assemblée nationale en ce sens.»

[3] (amendement n°4 portant création de stages de sensibilisation des clients incriminés – sic – ) : « Mme Chantal Jouanno. Il s’agit, une fois de plus, d’un « copier-coller » de la proposition de loi de Mme Bousquet et de M. Geoffroy… »
Voir: http://www.senat.fr/seances/s201303/s20130328/s20130328013.html#Niv3_art_Articles_additionnels_apres_T

[4] http://www.planning-familial.org/communiques-de-presse/oui-peut-etre-feministe-et-contre-la-penalisation-des-clients-005273,

Commission citoyens-justice-police, Un harcèlement institutionnalisé. Les prostituées chinoises et le délit de racolage public, 2013,
http://www.ldh-france.org/IMG/pdf/ccjp_rapport_final_un_harcelement_institutionnalise_avec_annexes.pdf.

Dossier de presse contre la pénalisation des clients, Collectif Droits & Prostitution/Strass
http://strass-syndicat.org/wp-content/uploads/2011/06/dossier_de_presse_penalisation_clients1.pdf

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