Strass Syndicat du travail sexuel - TravailleurSES du sexe en lutte !

Ni pénalisation du racolage, ni pénalisation des clients : mais à quand des droits pour les putes ? 

Ce mercredi 14 Octobre au soir, le Sénat a voté la proposition de loi de renforcement de la lutte contre le système prostitutionnel, telle qu’elle avait été amendée par la commission spéciale chargée de l’étudier pour cette deuxième lecture.

L’article proposant de pénaliser les clients des travailleuses du sexe n’a ainsi pas été réintroduit, malgré quatre amendements, dont un du gouvernement en ce sens, et l’abrogation du délit de racolage a quant à elle été confirmée. Ces deux très bonnes nouvelles signifient que le Sénat a rejeté à la fois la répression directe des travailleurSEs du sexe via le délit de racolage, et leur répression « indirecte » (mais dont les conséquences seraient tout aussi concrètes) via la pénalisation de leurs clients.

Cependant, bien que l’article 1 du texte initial qui permettait un blocage des sites internet sans autorité judiciaire ait été rejeté par les deux chambres en première lecture, il impose désormais aux hébergeurs une obligation de signalement et de suppression de nos sites. On peut s’interroger tant sur le but que sur la légitimité de cette mesure qui contraint les opérateurs à signaler et supprimer les sites faisant la promotion d’une activité qui par ailleurs, demeure parfaitement légale.

De même, si les autorisations provisoires de séjour dont peuvent bénéficier les victimes de traite peuvent atteindre un an, et non plus 6 mois, celles-ci restent soumises à condition ; la condition n’est certes plus d’avoir déjà cessé le travail sexuel, mais de s’être engagé dans un processus de cessation de l’activité. Ce chantage consistant à n’aider que les « bonnes victimes » qui veulent arrêter le travail sexuel nous semble toujours aussi indécent et dangereusement contre-productif si le but visé est d’aider celles et ceux qui voudraient réellement arrêter le travail sexuel.

Nous le répétons :

seule la régularisation DE PLEIN DROIT, sans condition, des travailleurSEs du sexe et de touTEs les sans-papier sera à même de renverser le rapport de force en leur faveur.

et seule une DÉPÉNALISATION entière du travail du sexe (racolage, clients, proxénétisme) sera à même de permettre l’amélioration de nos conditions de travail.

Le Sénat a hier franchi une étape ; mais dans l’attente de savoir si l’Assemblée Nationale, suite à l’établissement d’un nouveau texte par une commission paritaire, fera à nouveau machine arrière, nous tenons à rappeler, plus que jamais, nos revendications :

NI ABOLITION, NI REPRESSION : des droits pour les travailleurSEs du sexe !

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PENDANT QUE LES PARLEMENTAIRES FONT DU SURPLACE, LES TRAVAILLEUSES DU SEXE CONTINUENT DE SUBIR LA RÉPRESSION

Sans grand étonnement, le sénat a réintroduit la pénalisation du racolage lors des discussions de ce 20 mars portant sur la loi de lutte contre le système prostitutionnel – ré-intitulée pour l’occasion loi de lutte contre la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle, contre le proxénétisme et pour l’accompagnement des personnes prostituées.

Sans grand étonnement, car ce qui anime les motivations, tant des députéEs que des sénateurs et sénatrices, et sauf exception, n’a jamais été l’intérêt des travailleuses du sexe : alors que les unEs parient sur le délit de racolage public, les autres préfèrent parier sur la pénalisation des clients. Au fond, le but recherché reste cependant toujours le même : maintenir une répression sur le travail sexuel afin de légitimer l’isolement des travailleuses, leur éloignement des centre-villes.

Nous ne sommes pas dupes de ce qui est considéré comme un revirement. Le ton des débats de ce jour, les mensonges qui y ont été débités, le refus de mettre en place de véritables mesures sociales de lutte contre la précarité ou de régularisation des sans-papiers – le simple fait de proposer des APS d’1 an au lieu de 6 mois a suscité beaucoup de débats – est une preuve de plus s’il en fallait qu’aucune des revendications des travailleuses du sexe, ni des associations qui travaillent avec elles, n’ont été entendues.

Nous nous interrogeons sérieusement sur l’intérêt, pour les organisations abolitionnistes, de pousser pour le vote de cette proposition de loi, qui n’apporte aucune réponse aux problèmes que nous rencontrons en tant que travailleuses du sexe.

Nous exigeons que le gouvernement renonce à cette proposition de loi, et mette en revanche à l’ordre du jour la proposition de loi déposée par Esther Benbassa qui visait à l’abrogation du délit de racolage public, votée par ce même Sénat il y a tout juste un an. Nous ne céderons ni au chantage qui consiste à conditionner l’abrogation du délit de racolage public à la pénalisation des clients, ni à celui qui consiste à maintenir le délit de racolage public pour ne pas voter la pénalisation des clients : pendant que nos parlementaires vont et viennent entre deux mauvaises alternatives, les travailleuses du sexe vont et viennent, elles, entre arrestations et précarité.  

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LES PUTES RACOLENT AU CAPITOLE !

 

NON À L’ARRÊTÉ ANTI-PROSTITUTION !

visuel putes racolent au capitole

Le maire de Toulouse, signe aujourd’hui, lundi 7 juillet, un arrêté municipal anti-prostitution qui concerne les quartiers des Minimes, des Ponts-Jumeaux, de la gare Matabiau et Roquelaine. Les autorités policières verbaliseront ainsi les travailleus-e-s du sexe exerçant sur ces périmètres. L’objectif clairement annoncé dans les médias est de « faire disparaître la prostitution ».

Nous, travailleus-e-s du sexe toulousain-e-s dénonçons la mis en place de cet arrêté qui a été réalisé sans aucune concertation avec nous, qui sommes pourtant les premi-è-res concerné-e-s. Nous nous opposons également au projet de loi de pénalisation des clients qui aura avec l’arrêté municipal des conséquences désastreuses et exigeons l’abrogation immédiate et sans condition du délit de racolage public.

Verbalisation, pénalisation : une même logique pour un même résultat

Les travailleus-e-s du sexe devront se cacher pour rentrer en contact avec leurs clients, disparaître de l’espace public pour aller sur internet, dans des zones isolées, dans des maisons closes clandestines…

Plus de violences

Alors que les violences sont déjà très peu reconnues et que la police et la justice considèrent trop souvent qu’il s’agit des « risques du métier » : insultes, harcèlement, vols, agressions, agressions avec arme, exploitation, abus, viols, prostitution forcé, esclavage, tentatives de meurtre, meurtres, cette loi va aggraver la situation. Les travailleurSEs du sexe seront plus exposéEs et auront toutes les difficultés à dénoncer ces violences.

Plus de contaminations au VIH/sida et aux IST

Le constat a été unanime suite à l’application du délit de racolage, la criminalisation fait passer la santé au second plan, éloigne les travailleurSEs du sexe des associations de santé et réduit leur marge de manœuvre : il s’agit de choisir un client rapidement, ce qui rend plus difficile l’évaluation des risques de violences, la négociation des pratiques et des prix et la capacité à imposer le préservatif.

La précarité et la répression exposent déjà les femmes et minoriséEs sexuelLEs aux violences et aux abus. Au lieu de garantir l’accès aux droits des travailleurSEs du sexe, l’Etat et la mairie de Toulouse se font les chiens de garde des « riverains » qui veulent notre disparition.

Nous revendiquons:

– Le retrait immédiat de l’arrêté municipal anti-prostitution

– L’abrogation immédiate et sans condition du délit de racolage public

– Le retrait de la proposition de loi « renforçant la lutte contre le système prostitutionnel »

– Le retrait de la pénalisation du proxénétisme hôtelier et d’aide et de soutien qui entrave la solidarité entre et

avec les travailleurSEs du sexe

– Une réelle politique de lutte contre les violences et les abus

– Des droits pour les travailleurSEs du sexe trans

– La régularisation avec le droit au travail pour les travailleurSEs du sexe migrantes, sans que le titre de

séjour soit conditionné à l’arrêt de la prostitution

– L’accès aux droits sociaux et fondamentaux : protection sociale, logement, justice

– Que les travailleurSEs du sexe soient consultées et associées aux politiques publiques qui les concernent

visuel putes racolent au capitole

Rendez-vous à 18H au Capitole vendredi 11 juillet !

Amenez vos parapluies rouges, vos masques et vos plus belles tenues

de travailleur-se-s du sexe pour racoler sous les fenêtres de la mairie!

Les TravailleurSEs du Sexe Toulousain-e-s et le STRASS Toulouse (syndicat du travail sexuel)

 

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DELIT DE RACOLAGE PUBLIC : 11 ANS APRES, OÙ EN SOMMES-NOUS ?

Le 18 mars 2003 était votée la Loi sur la Sécurité Intérieure (loi Sarkozy / LSI), dont l’article 50 pénalise le racolage public (actif ET passif). Sous couvert de »protéger les personnes en situation de prostitution »et de lutter contre les réseaux, cette loi vise surtout à chasser des trottoirs les travailleuses et travailleurs du sexe. Onze ans après, le bilan est sans appel : le délit de racolage a eu pour seul effet d’accroître la vulnérabilité sanitaire et sociale des personnes prostituées. En reléguant la prostitution de rue dans des zones toujours plus reculées et difficilement accessibles aux associations, elle a accru la dépendance aux réseaux des personnes les plus vulnérables, favorisé la propagation des IST et les risques d’agression. En créant l’amalgame entre prostitution et délinquance, cette loi a aussi accru leur vulnérabilité juridique : victimes de harcèlement policier et de gardes à vue abusives, nombre d’entre elles renoncent désormais à porter plainte lorsqu’elles subissent des violences dans le cadre de leur activité. C’est tout le paradoxe de ces politiques répressives : sous la volonté affichée de protéger les personnes, celles-ci sont privées de leurs droits fondamentaux.

Les travailleurSEs du sexe et toutes les associations, communautaires, de santé, de lutte contre le VIH/Sida et de défense des droits humains, n’ont cessé de dénoncer les effets pervers de cette loi sur l’accès aux droits, sur les conditions d’exercice, la santé et la vie des personnes proposant des services sexuels tarifés, et ce tout au long de ces onze dernières années. Il aura fallu attendre 10 ans, le 28 mars 2013, pour que le Sénat vote l’abrogation de ce délit. Or un an après, le texte n’a toujours pas été présenté à l’Assemblée Nationale. Alors qu’il y a une urgence sanitaire et sociale, les députés ont en revanche voté la proposition de loi de« lutte contre le système prostitutionnel », prévoyant certes l’abrogation du délit de racolage public mais qui envisage la mise en place d’une autre mesure répressive aux effets tout aussi pervers : la pénalisation des clients.

Tout en luttant contre la traite et l’exploitation des Êtres humains, nous, travailleurs du sexe, associations communautaires et de prévention, réaffirmons que toute approche répressive du phénomène prostitutionnel est inefficace et dangereuse. Qu’elle vise les travailleurSEs du sexe ou leurs clients, les effets sont rigoureusement les mêmes. Les partisans de l’abolitionnisme, en prétendant avoir bienveillance et bonnes intentions à l’égard des prostituéEs entretiennent une approche moraliste qui nuit à la dignité, à la sécurité et à la santé des personnes qui se prostituent. Seule une meilleure prise en compte des besoins des personnes concernées permettra la mise en place de solutions adaptées et la garantie de leurs droits fondamentaux. Nous demandons l’abrogation immédiate et sans conditions du délit de racolage public.

Associations signataires : Act up, Arcat, Aides, Autres Regards, Cabiria, Collectif Droits et Prostitution, Griselidis, Médecins du Monde, STRASS

contacts presse : Aides : Antoine Henry : 06 10 41 23 86

Cabiria : Antoine Baudry : 06 76 63 59 22

Droits et Prostitution : cécile Lhuillier : 06 65 64 52 88

Médecins du Monde : Emmanuelle Hau / Aurélie Defretin :  01 44 92 14 31 / 13 81- 06 09 17 35 59

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Mission 'Prostitution' au Sénat : les rapporteurs doivent être dessaisis !

Bien que les auditions soient encore en cours au Sénat et que démarre à peine le travail de réflexion engagé depuis un peu plus d’un mois sur « la situation sociale des personnes prostituées » au sein de la Commission des affaires sociales, les deux rapporteurs de la Mission chargée de la question se sont fait remarquer en proposant des amendements en faveur de la pénalisation des clients (Chantal Jouanno, UDI-UC) et du maintien du délit de racolage public actif (Jean-Pierre Godefroy, groupe Socialiste), cela à l’occasion du vote de la proposition de loi déposée par Esther Benbassa (groupe écologiste) le 28 mars dernier revenant justement sur une approche répressive et contre-productive de la prostitution.

Le STRASS dénonce la partialité des sénateurs chargés de mener une enquête sur la situation et surtout les besoins des travailleurSEs du sexe et non de justifier l’adoption de mesures répressives qu’elles-mêmes, leurs alliéEs et nombre d’experts indépendants dénoncent [1]. Le manque patent d’objectivité et d’attention des rapporteurs de cette Mission s’est illustré lors de l’audition du STRASS : Chantal Jouanno a tout simplement cru bon de s’absenter longuement et à plusieurs reprises.

Nous avons déjà eu affaire à la partialité de la députée Danielle Bousquet et savons aujourd’hui à quoi nous attendre. Elle avait également déposé une proposition de loi en faveur de la pénalisation des clients en 2006 (laquelle Chantal Jouanno admet d’ailleurs avoir plagiée [2] [3]) et avait, sans surprise, remis à l’Assemblée nationale en 2011 un rapport allant dans le même sens, quitte à instrumentaliser ou détourner la parole des personnes auditionnées, y compris celle des travailleurSEs du sexe !

Le but inavoué mais non moins flagrant de cette nouvelle Mission est de légitimer la prohibition de la prostitution au nom d’une meilleure protection des prostituéEs alors que les travailleurSEs du sexe ne cessent, d’une part, de mettre en garde contre les effets catastrophiques qu’aurait une telle mesure pour leur sécurité et leur santé et, d’autre part, de réclamer l’application du droit commun, sans discrimination, pour être en mesure de se défendre elles-mêmes contre les abus et violences dont elles peuvent faire l’objet [4].

C’est pourquoi le STRASS exige :

  • que la Commission des affaires sociales du Sénat confie cette Mission à des sénateurs qui sauront faire preuve d’objectivité, d’écoute et ne cherchant pas à tout prix à imposer une idéologie prohibitionniste, dangereuse et minoritaire.
  • que soit abandonnées toutes mesures réprimant le travail sexuel, qu’elles visent les travailleurSES du sexe et/ou leur clientEs.
  • l’application du droit commun aux travailleurSEs du sexe, sans discrimination, notamment dans le cadre de la lutte contre les violences et les abus.
  • que les éluEs cessent de légiférer sans tenir compte de l’avis des premièrEs concernées, dont l’expertise est seule légitime à exprimer ce qui est bon ou pas pour elles.

[1] http://www.cns.sante.fr/IMG/pdf/2010-09-16_avi_fr_prevention-2.pdf,

http://www.undp.org/content/dam/undp/library/HIV-AIDS/Governance%20of%20HIV%20Responses/Commissions%20report%20final-FR.pdf.

Commission citoyens-justice-police, De nouvelles zones de non-droit. Des prostituées face à l’arbitraire policier, 2006,
http://www.ldh-france.org/IMG/pdf/prostituees_arbitraire_policier.pdf.

http://www.igas.gouv.fr/spip.php?article291

[2] Mme Chantal Jouanno : « Je ne vais pas vous mentir, c’est un plagiat revendiqué de la proposition de loi Geoffroy-Bousquet, qui est elle-même la transcription fidèle des recommandations contenues dans le rapport de nos deux collègues députés sur l’abolition de la prostitution et la reprise de la proposition de résolution votée à l’unanimité à l’Assemblée nationale en ce sens.»

[3] (amendement n°4 portant création de stages de sensibilisation des clients incriminés – sic – ) : « Mme Chantal Jouanno. Il s’agit, une fois de plus, d’un « copier-coller » de la proposition de loi de Mme Bousquet et de M. Geoffroy… »
Voir: http://www.senat.fr/seances/s201303/s20130328/s20130328013.html#Niv3_art_Articles_additionnels_apres_T

[4] http://www.planning-familial.org/communiques-de-presse/oui-peut-etre-feministe-et-contre-la-penalisation-des-clients-005273,

Commission citoyens-justice-police, Un harcèlement institutionnalisé. Les prostituées chinoises et le délit de racolage public, 2013,
http://www.ldh-france.org/IMG/pdf/ccjp_rapport_final_un_harcelement_institutionnalise_avec_annexes.pdf.

Dossier de presse contre la pénalisation des clients, Collectif Droits & Prostitution/Strass
http://strass-syndicat.org/wp-content/uploads/2011/06/dossier_de_presse_penalisation_clients1.pdf

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RFI, le débat du jour.

Morgane Merteuil, Secrétaire Générale du Strass, invitée du Débat du jour sur RFI
Faut-il abolir la prostitution ?
Le debat du jour – 27/03/2013

(19:31)

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Abrogation immédiate et complète de l’infraction de racolage public

Alors que la proposition de loi déposée par la sénatrice Esther Benbassa va être discutée jeudi en séance publique au Sénat, le groupe socialiste du Sénat continue ses petits arrangements avec les promesses de campagne du candidat Hollande.

La proposition de loi avait été déposée une première fois en novembre dernier avant d’être retirée à la demande de la ministre des droits des femmes au prétexte qu’elle attendait le rapport de l’IGAS sur les enjeux sanitaires des prostitutions. Elle a été à nouveau déposée pour être examinée le 28 mars prochain. Malgré l’adoption à la quasi-unanimité du texte en commission des lois, le groupe socialiste s’acharne à le dénaturer en déposant des amendement et motion qui vont à l’encontre de la promesse d’abroger le délit de racolage public. Après avoir tenté un renvoi devant la commission des lois du Sénat, il s’oriente maintenant, semble-t-il, vers un retour à la situation antérieure à 2003 en instituant à nouveau une contravention de racolage actif. L’objet de l’amendement est clairement énoncé : « il semble nécessaire d’assurer que le racolage ne disparaisse pas de notre arsenal juridique ». Quittant ainsi l’hypocrite posture pseudo-abolitionniste, le groupe socialiste s’affiche ainsi clairement dans une tendance prohibitionniste, considérant qu’il faut continuer à criminaliser les putes.

Parce qu’il est faux de croire qu’il s’agirait de diminuer la pression pénale pesant sur les travailleurSEs du sexe. L’expérience des 10 ans d’application du délit de racolage public nous permette d’affirmer sans ambages que la situation ne changera pas pour les travailleurSEs du sexe. La Cour de cassation avait essayé de circonscrire l’application de ce délit. Cela n’empêche en rien les forces de l’ordre d’user et d’abuser du pouvoir de contrôle qui leur est ainsi donné, se livrant ce faisant à un harcèlement institutionnalisé.

L’infraction de racolage, qu’il s’agisse d’un délit ou d’une contravention, visant le racolage passif ou actif, est une atteinte aux droits des travailleurSEs du sexe. En plus d’être stigmatisante, elle met en danger leur santé, leur sécurité, leur vie, en les éloignant des structures de prévention, de soins et d’accès aux droits. En outre, elle expose particulièrement les migrantEs aux violences, notamment policières. Loin de favoriser la lutte contre le travail forcé, la servitude, l’esclavage et la traite à ces fins, le maintien de l’infraction de racolage public au sein de l’arsenal juridique a pour principal objet de lutter contre la prostitution, en particulier des migrantEs.

Outre cet amendement, un amendement visant à pénaliser les clientEs a été déposé par la sénatrice Chantal Jouanno (dont la position contre le travail sexuel n’est plus à démontrer, alors même qu’elle est rapporteure de la mission sur la situation sociale des personnes prostituées). Nombreuses sont les organisations de travailleurSEs du sexe et d’alliéEs soutenues par des experts scientifiques indépendants à dénoncer le projet de pénaliser les clientEs et d’interdire toute prostitution qui ne ferait qu’aggraver la situation des travailleurSEs du sexe en les exposant davantage à toute forme de violence ou d’abus.

Toute criminalisation directe ou indirecte du travail sexuel a des conséquences réelles et catastrophiques sur les travailleurSEs du sexe. Il est indigne que le parti socialiste soutienne de la sorte la persistance de mesures dangereuses pour la vie, la santé, la sécurité des personnes et souhaite en adopter de pires.

 

Nous exigeons :

– l’abrogation immédiate et sans condition du délit de racolage public ;

– la fin immédiate de toute criminalisation et de toute répression du travail sexuel ;

– l’arrêt de l’instrumentalisation de la lutte contre la traite à des fins racistes, sexistes et putophobes ;

– l’application du droit commun aux travailleurSEs du sexe, notamment dans le cadre de la lutte contre les violences et les abus.

 

Contact Presse

Morgane Merteuil – 06.63.58.45.23

 

 


http://www.seronet.info/article/francois-hollande-le-sida-ne-doit-pas-seulement-concerner-ceux-qui-sont-porteurs-de-cette

http://www.igas.gouv.fr/spip.php?article291

http://www.senat.fr/amendements/2012-2013/440/Amdt_2.html

http://www.senat.fr/amendements/2012-2013/440/Amdt_1.html

Cass. Crim., 25 mai 2005, n° 04-84769 et 04-84714.

Commission citoyens-justice-police, De nouvelles zones de non-droit. Des prostituées face à l’arbitraire policier, 2006, http://www.ldh-france.org/IMG/pdf/prostituees_arbitraire_policier.pdf.

Commission citoyens-justice-police, Un harcèlement institutionnalisé. Les prostituées chinoises et le délit de racolage public, 2013, http://www.ldh-france.org/IMG/pdf/ccjp_rapport_final_un_harcelement_institutionnalise_avec_annexes.pdf.

http://infos.fondationscelles.org/index.php?option=com_content&view=article&id=532%3Ala-prostitution-n-est-ni-un-metier-ni-un-mal-necessaire&catid=103%3Afondation-scelles-infos-n-22-fevrier-2013&Itemid=232&lang=fr

http://www.senat.fr/presse/cp20130123.html

http://strass-syndicat.org/wp-content/uploads/2011/06/dossier_de_presse_penalisation_clients1.pdf,http://www.planning-familial.org/communiques-de-presse/oui-peut-etre-feministe-et-contre-la-penalisation-des-clients-005273, http://www.npa2009.org/content/communiqu%C3%A9-du-npa-prostitution-contre-lhypocrisie-de-la-p%C3%A9nalisation-des-clients.

http://www.cns.sante.fr/IMG/pdf/2010-09-16_avi_fr_prevention-2.pdf, http://www.undp.org/content/dam/undp/library/HIV-AIDS/Governance%20of%20HIV%20Responses/Commissions%20report%20final-FR.pdf.

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« Prohibition2012 » : les masques tombent

Suite à l’annonce de la possible abrogation du délit de racolage dans les semaines à venir, le collectif « Abolition 2012 » s’est insurgé dans un communiqué de presse repris en partie ici. Ces associations, qui prétendent défendre les droits des femmes, trouvent cette abrogation « précipitée », et auraient préféré attendre la proposition d’une loi plus globale comprenant la pénalisation des clients. Cependant, alors que les travaux parlementaires sont toujours en cours, les putes, elles, tous les soirs, continuent de subir arrestations, humiliations, viols et expulsions. Cela dure aujourd’hui depuis dix ans. Lorsqu’elles parlent de « précipitation », les abolitionnistes montrent tout le mépris qu’elles ont pour la vie et l’intégrité de celles qu’elles prétendent protéger.

Par ailleurs, dans ce même communiqué, « Abolition2012 » cherche à nous faire croire que l’abrogation de la loi pénalisant le racolage « ne réglera aucunement la question de la précarisation des personnes prostituées ». Alors que depuis dix ans, les associations travaillant au quotidien avec les travailleuses du sexe – comme les associations de lutte contre le sida, le CNS, la CNCDH, le PNUD, Médecins du Monde, Le Planning Familial, ou encore plus récemment la LDH – démontrent régulièrement la responsabilité de cette loi dans la dégradation de la situation sociale et sanitaire des travailleurSEs du sexe, le collectif Abolition2012 voudrait balayer leurs expertises en une phrase.

Au lieu de se réjouir d’une telle proposition de loi, les associations membres de « Abolition2012 » préfèrent prendre le risque de retarder un peu plus l’abrogation du délit de racolage, voire de la faire échouer. Ce faisant, elles se font les complices de la répression policière ainsi que des violences que nous subissons chaque jour et que nous continuerons de subir jusqu’à l’abrogation effective de cette loi.

Les masques tombent enfin. Alors qu’elles s’y disaient favorables, nous n’avions jamais vu les associations abolitionnistes se mobiliser pour l’abrogation du délit de racolage. Nous comprenons aujourd’hui la raison de cette absence : la victoire de leur idéologie et la nécessité de voir leurs subventions renouvelées a toujours primé sur la vie des travailleurSEs du sexe.

Stopper une violence faite aux femmes n’est jamais une décision « précipitée » : l’abrogation du délit de racolage est urgente ! Elle doit se faire sans condition !

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Décriminalisez entièrement le travail du sexe

En France, officiellement, le travail du sexe est légal. Ce qui est illégal est le racolage ainsi que le proxénétisme, y compris le proxénétisme de soutien, qui ne criminalise ni la violence ni la coercition mais tout acte d’aide à la prostitution, même entre prostitués.

Cela signifie concrètement que le travail du sexe bien que soumis à l’impôt, n’est pas considéré comme un travail, mais comme de la prostitution, une activité tolérée, réduite à la sphère privée, et dont celles et ceux qui fournissent le service sexuel, sont toujours considérés comme inadaptés sociaux depuis les ordonnances de 1960 qui faisaient également de la tuberculose, de l’alcoolisme et de l’homosexualité des fléaux sociaux.

Si nous pouvons donc vendre des services sexuels, ou plutôt si nous pouvons avoir des amants qui nous donnent de l’argent, nous n’avons pas le droit de passer de petites annonces, de racoler nos clients dans la rue, de louer un endroit pour travailler, de nous prêter l’usage d’une camionnette, ou de tout autre acte de solidarité entre nous, sans reconnaissance de droits en tant que travailleur ou de citoyen puisque les discriminations et dénis de droits de la part de la police, de la justice et de l’administration sont nombreux.

Beaucoup a été dit sur la volonté du gouvernement de nettoyer au Kärcher les rues de notre présence pour assurer la « tranquillité publique », ou d’utiliser la lutte contre le racolage comme moyen de lutter contre l’immigration. Or, l’argument principal justifiant la criminalisation des travailleurs du sexe, eux et elles-mêmes, est de deux ordres : il s’agirait de porter un coup aux profits de nos soi-disant proxénètes en décourageant l’activité de prostitution, et de nous diriger (de force) vers les associations travaillant à notre réinsertion sociale. En effet, lorsque nous sommes arrêtés pour racolage, nous sommes fortement conseillés par la police de nous rendre auprès d’associations travaillant avec et pour l’Etat et qui conditionnent pour la plupart leur « aide » à l’arrêt de la prostitution.

SYSTÈME ABOLITIONNISTE

Nous sommes donc depuis plus de cinquante ans dans un système abolitionniste, qui souhaite la disparition de la prostitution, officiellement sans s’attaquer aux travailleurs du sexe, mais qui dans les faits continue de nous criminaliser et nous réduit à un statut de non-citoyen, n’ayant pas la capacité de décider pour lui-même du bienfondé de ses actes et dont l’Etat a à sa charge la réinsertion sociale.

Les deux points justifiant notre criminalisation, même indirecte, reposent pourtant sur une méconnaissance des réalités de notre travail. La notion de proxénétisme est en effet floue puisqu’elle inclut légalement des actes qui ne correspondent pas aux descriptions de violence et d’abus. En lisant attentivement chaque cas régulièrement cité dans la presse de faits divers, la majorité des condamnations pour proxénétisme se porte bien plus contre les travailleurs du sexe que sur les personnes exploitant notre travail.

Aussi, en criminalisant l’organisation du travail sexuel, le racolage, ou le proxénétisme hôtelier, sous prétexte d’empêcher notre exploitation, nous nous retrouvons à devoir accepter les règles du marché noir, sans régulation ni protection, sans recours auprès de la police en cas d’agression, ou des prud’hommes en cas d’exploitation, et de travailler dans les pires conditions, en devant souvent payer les coûts supplémentaires causés par la prohibition, sans oublier les amendes et le racket de la police.

Quand on parle de proxénète, de qui donc parle-t-on ? Pour l’Etat, la plupart d’entre nous serions sous l’emprise de proxénètes, justifiant ainsi les lois répressives, et si l’on tient compte de la définition de la loi, en effet, toute personne avec qui nous avons des transactions économiques dans le cadre de notre travail ou non, toute personne qui bénéficie d’une partie de nos revenus, même au sein de nos familles et de nos proches, serait un proxénète.

Pour nous, le plus grand proxénète de France, c’est l’Etat lui-même. C’est l’Etat qui commet les actes de violence les plus graves à notre encontre et qui nous extorque le plus notre argent. Les arrestations, les gardes à vue, les fouilles au corps, les expulsions, les amendes, les impôts, le racket et la prison, c’est l’Etat français.

Un proxénète, pour les autres travailleurs, s’appelle simplement un employeur. Et si l’on compare l’industrie du sexe avec d’autres secteurs économiques, la part de revenus confisquée par un employeur sur le fruit du travail est souvent bien plus grande. Pour 35 heures de travail par semaine, la part de revenus tirée du travail du sexe sera souvent relativement plus importante. Où est donc l’exploitation ? Nous croyons qu’elle est partout et qu’elle définit tout travail. Mais en focalisant uniquement sur le travail du sexe qui serait défini comme « exploitation sexuelle » a contrario de travail, on fait comme si le travail n’était pas non plus une forme d’exploitation.

RECONNAISSANCE DU TRAVAIL

Lutter contre l’exploitation se fait par l’arrêt de la prohibition et la reconnaissance du travail ouvrant ainsi les mêmes droits sociaux dont bénéficie tout travailleur. La notion de travail ne normalise ni ne relativise les problèmes de violence et d’exploitation qui peuvent se tenir lors d’une activité professionnelle. Elle permet simplement d’apporter des solutions qui sont habituellement adoptées grâce aux lois et code du travail. Les problèmes d’abus et de travail forcé existent dans les secteurs économiques qui sont les plus dévalorisés et qui opèrent à la limite de la légalité ou dans l’illégalité. L’exploitation d’une main d’œuvre souvent d’étrangers sans papiers n’est pas le fait de la nature du travail mais de l’illégalité de leur statut. Le travail du sexe en tant que tel n’a donc pas vocation à être exercé sous la contrainte ou assimilé à de la « traite des êtres humains » contrairement aux définitions de l’Etat et des organisations prohibitionnistes.

L’accès aux services sociaux et à l’aide des associations doit être libre et respectueux du choix des personnes. Représenter tout travailleur du sexe comme une personne aliénée et esclave est en contradiction avec nos réalités, et ne permet pas d’apporter les solutions nécessaires aux problèmes que nous rencontrons, puisque le travail du sexe est pour nous bien plus une solution économique souvent temporaire à un moment donné de notre vie, et non la cause de tous nos maux.

Récemment, deux rapports ont été émis appelant à la décriminalisation du travail sexuel. Il s’agit du rapport du Conseil national du sida (CNS) qui voit la criminalisation du racolage comme une entrave directe à l’accès aux soins et à la prévention du VIH et de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), qui dans son avis sur la lutte contre la traite des êtres humains, en plus de la décriminalisation, demande que les violations des droits humains faites à l’encontre des travailleurs du sexe soient traitées par les provisions générales des lois contre le viol, violences, exploitation, extorsion de revenus, et non plus par des lois spécifiques stigmatisantes telles celle sur le proxénétisme.

Alors qu’une mission parlementaire étudie actuellement les lois encadrant le travail sexuel, il serait décevant que nos politiques non seulement continuent de penser uniquement dans l’optique de la criminalisation mais en ajoute une supplémentaire en visant en particulier nos clients. C’est l’impression pourtant qui ressort de notre audition par cette mission parlementaire, et des questions de sa présidente, Danielle Bousquet, bien connue pour son militantisme en faveur de la criminalisation de nos clients. Nous espérons donc que cette consultation n’était pas qu’un maquillage politique pour justifier une décision déjà arrêtée depuis longtemps, et nous attendons la publication de son rapport pour le printemps prochain.

Thierry Schaffauser, travailleur du sexe, élu représentant syndical du Syndicat du travail sexuel (Strass)

Source : http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/12/15/decriminalisez-entierement-le-travail-du-sexe_1453445_3232.html

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Morano : "Un groupe de travail sur la prostitution dans les 3 mois", le STRASS répond "Chiche" !

Jeudi 25 février à l’Assemblée Nationale étaient examinés les amendements à la proposition de Loi renforçant la protection des victimes et la prévention et la répression des violences faites aux femmes. (1)

Parmi les amendements examinés, celui de Mme Chantal Brunel (2), visant à supprimer le délit de racolage passif, induit par la Loi de 2003, a été retiré aux motifs « que nous prendrions un vrai risque à abroger à la hâte un dispositif qui a manifestement plus de mérite que certains ne veulent bien le dire » d’après Mme Morano, secrétaire d’État chargée de la Famille et de la Solidarité. (3)

C’est dire tout le mépris que ce gouvernement affiche envers les Travailleu(r)ses du sexe et toutes les associations, travailleurs sociaux, syndicats, magistrats, Élus et même policiers qui dénoncent unanimement les effets pervers et les conséquences désastreuses de cette Loi depuis 7 ans ! (4) La LSI prévoyait en effet l’établissement d’un bilan d’évaluation annuel : nous l’attendons toujours et pour cause !…

Pire encore, tout en se félicitant de « l’incontestable progrès » dans la disparition des « nuisances pour les riverains », Morano, vantant les vertus du délit de racolage passif,  invoque « les dispositions de la loi de 2003, (…) des mesures à caractère social, à travers des dispositifs de protection et d’accompagnement » qui n’ont quasiment jamais été appliquées !

Pour finir, Mme Morano propose de « créer, dès aujourd’hui, avec vous-même (Mme Brunel NDR), le ministère de l’intérieur, le secrétariat d’État que je dirige et tous les partenaires institutionnels concernés, un groupe de travail afin de réfléchir ensemble, dans les trois mois qui viennent, à la meilleure façon d’améliorer la situation que vous évoquez. »

A cette dernière proposition ; voulant croire en la sincérité d’une telle démarche, nous informons Mme Morano qu’il faudra qu’elle compte avec le Strass. Depuis trop longtemps, les politiques concernant les TravailleuSes du sexe sont menées sans la moindre consultation des premièrEs concernéEs et dans le mépris de nos Droits. La répression comme seule réponse menant systématiquement à encore plus de violences et d’opacité, il est temps d’en finir avec ces politiques brouillonnes et clientélistes qui, en invisibilisant et précarisant les TravailleuSes du sexe, les livrent à tous les dangers.

Aucune politique dans la lutte contre le proxénétisme et l’exploitation sexuelle  ne peut être efficace si on refuse de considérer les TravailleuSes du sexe comme des partenaires.

Notes :

(1) Proposition de Loi renforçant la protection des victimes et la prévention et la répression des violences faites aux femmes

(2) PRÉVENTION ET RÉPRESSION DES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES – (n° 2293) Amendement n°76

(3)  Compte rendu de la séance du Jeudi 25 février 2009

(4) Lire le rapport de la ligue des Droits de l’Homme et du Syndicat des Avocats de France : « De nouvelles zones de non droit, les prostituées face à l’arbitraire policier » et Critiques des mesures concernant le « racolage passif » sur Wikipédia ainsi que le dossier d’ActUp sur la LSI.

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Permanence POUR LES TRAVAILLEUR-SE-S DU SEXE tous les jeudis de 17h à 21h dans nos locaux à Paris.

La Permanence sera fermée à partir du  jeudi 3 août 2017. Elle ouvrira à nouveau ses portes le jeudi 31 août 2017 à 17H.

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