Strass Syndicat du travail sexuel - TravailleurSES du sexe en lutte !

MOBILISATION DU 9 MARS CONTRE LA LOI TRAVAIL : TRAVAILLEURseS DU SEXE EN LUTTE ET SOLIDAIRES !

loitravailnonmerci-page-001Les travailleurSEs en lutte et les syndicats appellent à une journée de mobilisation ce 9 mars afin de protester contre le projet de loi travail et exiger son retrait. Le STRASS appelle à rejoindre les rassemblements et mobilisations qui se tiendront ce jour. En tant que travailleurSEs du sexe, nous nous opposons à double-titre à cette loi: en favorisant la précarité de touTEs les travailleurSEs, elle détruit de nombreux acquis sociaux pour lesquels nous nous battons en demandant la décriminalisation du travail sexuel. Et en imposant de telles conditions de travail, elle généralise une précarité déjà en vigueur dans les industries qui emploient les personnes les plus démunies comme dans l’industrie du sexe.

Les liens entre précarité et entrée dans le travail du sexe sont évidents, nous les constatons chaque jour. Parce que ce projet de loi vise à donner toujours plus de pouvoirs aux employeurs, à généraliser les formes de travail précaire, elle plongera encore plus de travailleurSEs dans la misère. Alors même qu’il prétend lutter contre la prostitution, ce gouvernement propose aujourd’hui un projet de loi qui ne fera que renforcer les facteurs qui amènent déjà de nombreuses personnes à exercer le travail sexuel parce que leur emploi dans d’autres secteurs ne leur permet pas de subvenir à leurs besoins. Alors que le gouvernement lutte contre la prostitution car elle serait source de violence, il ne propose que de rendre toujours plus violent le monde du travail dans sa globalité.

En imposant une politique ultra-libérale avec ce projet de loi El Khomri, comment peut-il espérer que le “parcours de sortie” que la proposition de loi de lutte contre la prostitution puisse avoir les effets escomptés s’il s’agit de proposer aux travailleurSEs du sexe de se réorienter dans des secteurs où règnent tout autant que dans l’industrie du sexe la violence et l’exploitation ?

Dans l’industrie du sexe, la précarité et les rapports d’exploitation sont notre lot quotidien. La stigmatisation des travailleurSEs du sexe renforce le pouvoir de nos employeurs, y compris dans les branches légales de notre industrie. De surcroit, la criminalisation des autres secteurs de notre industrie renforce cette vulnérabilité des travailleurSEs à l’exploitation. Parce que lutter en tant que travailleurSE du sexe, c’est s’exposer à un stigmate souvent lourd de conséquences, y compris légales, les contrats précaires et le non respect du code du travail sont déjà monnaie courante. La généralisation de ces pratiques signifie une volonté de faire taire toute opposition de la classe des travailleurs. Avec ce projet de loi, il s’agit de rendre légales des pratiques qui, bien que pour le moment illégales, peuvent être imposées par les employeurs sans vraiment craindre de réponse de la part des travailleurSEs.

Il s’agit donc, et ce à deux niveaux, de faire des salariéEs d’aujourd’hui les putes de demain, et de donner à tous les employeurs le pouvoir que peuvent aujourd’hui avoir les patrons et proxénètes qui abusent de la vulnérabilité et de la précarité des travailleurSEs du sexe.

Le STRASS exige le retrait complet et inconditionnel du projet de « Loi Travail » et appelle donc touTEs les travailleurSEs du sexe à se mettre en grève dans les secteurs où elles le peuvent ce 9 mars, à poster des messages de solidarité sur leurs annonces, à signer la pétition contre la loi travail, et à rejoindre les mobilisations locales.

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PROJET DE LOI SUR LE RENSEIGNEMENT : UNE LOI ANTIDÉMOCRATIQUE, DANGEREUSE POUR NOS COMBATS

Access France – Act Up-Paris – Act Up Sud-Ouest – Aides – Strass

Le projet de loi sur le renseignement met en place une surveillance généralisée de l’ensemble des citoyen-nes. Il étend les motifs d’écoute et de surveillance à des textes qui peuvent s’appliquer aux combats des associations de lutte contre le sida et les hépatites virales. Il doit être retiré.

Critique des politiques économiques et scientifiques françaises = terrorisme ?

Le projet et les amendements adoptés en commission des lois autorisent les écoutes pour le recueil de renseignements relatifs, entre autres, aux intérêts économiques et scientifiques de la France.

Or, les luttes des malades ont souvent été opposées à ces mêmes intérêts. C’est bien au nom des intérêts économiques et scientifiques de la France que des socialistes et des responsables administratifs ont repoussé, au milieu des années 80, les mesures indispensables à assurer la sécurité transfusionnelle, se rendant responsables du scandale du sang contaminé. Combien de scandales sanitaires, comme celui de Servier, auraient pu être évités, s’ils n’avaient pas été couverts au nom de prétextes assimilables à la défense des intérêts économiques et scientifiques de la France ?

Nos combats nous amènent à remettre en cause le système économique et scientifique français : prix du médicament, instances opaques, carences de la pharmacovigilance, démantèlement de la Sécurité sociale, baisse des subventions pour des actions qui sauvent des vies, abandon des malades des pays pauvres, etc. Quelle garantie avons-nous qu’un prétexte aussi flou – que la commission des lois s’est empressée d’élargir – ne transforme pas le plaidoyer de nos associations en une menace pour les intérêts économiques et scientifiques de la France ? Rien dans les décennies passées en matière de vigilance, de respect des lanceur-ses d’alerte, de réactivité, de lutte contre les conflits d’intérêt, ne saurait nous rassurer en la matière.

Désobéissance civile et manifestation = terrorisme ?

Le projet prévoit aussi de légaliser les écoutes pour « prévenir les actions collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique. »

De nombreuses voix (syndicats, associations de défense des droits humain, syndicats, magistrat, y compris de la lutte anti-terroriste) ont dénoncé l’amalgame probable de cet article avec les protestations du mouvement social. C’est notamment vrai pour nos combats, qui ont toujours eu besoin d’actions de désobéissance civile qui pourraient relever d’une interprétation élargie de cet article de loi : distribution de seringues à une époque où c’était interdit, accueil d’usagErEs de drogues avant l’institution de la réduction des risques, mise de côté des lois répressives pour accueillir sans-papiers, travailleuses du sexe, usgErEs de drogues, entrave à l’expulsion d’étrangErEs malades dans des pays où on ne pourra les soigner, manifestations non autorisées pour dénoncer de graves blocages institutionnels, etc.

Ces actions ont fait avancer la lutte contre le sida et les hépatites. Désobéir à la loi est une nécessité quand la loi, et la société, excluent et marginalisent des populations entières en les rendant plus vulnérables à l’épidémie. Les militant-es qui ont mené ces actions de désobéissance civile ont toujours assumé les conséquences de leurs actes face à la justice. L’histoire de la lutte contre le VIH et les hépatites leur a donné raison. Faudrait-il dès lors nous considérer comme potentiels terroristes et nous mettre sur écoute ?

Alors même que des actions similaires restent nécessaires pour alerter politique et responsables administratifs des graves lacunes de notre système de santé, doit-on s’attendre à être traité-es en terroristes ?

En répondant à des actes de terreur par des mesures de peur et de suspicion, la majorité donne aux terroristes ce qu’ils et elles veulent : moins de démocratie, le soupçon généralisé, des scissions supplémentaires au sein de la société. Ce faisant, elle menace nos combats, nos actions.

Nous appelons au retrait de ce projet de loi. Nous incitons nos militantEs, adhérentEs, sympathisantEs, à participer à la campagne organisée par la Quadrature du Net et à contacter leur député-e pour dénoncer ce texte.

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DELIT DE RACOLAGE PUBLIC : 11 ANS APRES, OÙ EN SOMMES-NOUS ?

Le 18 mars 2003 était votée la Loi sur la Sécurité Intérieure (loi Sarkozy / LSI), dont l’article 50 pénalise le racolage public (actif ET passif). Sous couvert de »protéger les personnes en situation de prostitution »et de lutter contre les réseaux, cette loi vise surtout à chasser des trottoirs les travailleuses et travailleurs du sexe. Onze ans après, le bilan est sans appel : le délit de racolage a eu pour seul effet d’accroître la vulnérabilité sanitaire et sociale des personnes prostituées. En reléguant la prostitution de rue dans des zones toujours plus reculées et difficilement accessibles aux associations, elle a accru la dépendance aux réseaux des personnes les plus vulnérables, favorisé la propagation des IST et les risques d’agression. En créant l’amalgame entre prostitution et délinquance, cette loi a aussi accru leur vulnérabilité juridique : victimes de harcèlement policier et de gardes à vue abusives, nombre d’entre elles renoncent désormais à porter plainte lorsqu’elles subissent des violences dans le cadre de leur activité. C’est tout le paradoxe de ces politiques répressives : sous la volonté affichée de protéger les personnes, celles-ci sont privées de leurs droits fondamentaux.

Les travailleurSEs du sexe et toutes les associations, communautaires, de santé, de lutte contre le VIH/Sida et de défense des droits humains, n’ont cessé de dénoncer les effets pervers de cette loi sur l’accès aux droits, sur les conditions d’exercice, la santé et la vie des personnes proposant des services sexuels tarifés, et ce tout au long de ces onze dernières années. Il aura fallu attendre 10 ans, le 28 mars 2013, pour que le Sénat vote l’abrogation de ce délit. Or un an après, le texte n’a toujours pas été présenté à l’Assemblée Nationale. Alors qu’il y a une urgence sanitaire et sociale, les députés ont en revanche voté la proposition de loi de« lutte contre le système prostitutionnel », prévoyant certes l’abrogation du délit de racolage public mais qui envisage la mise en place d’une autre mesure répressive aux effets tout aussi pervers : la pénalisation des clients.

Tout en luttant contre la traite et l’exploitation des Êtres humains, nous, travailleurs du sexe, associations communautaires et de prévention, réaffirmons que toute approche répressive du phénomène prostitutionnel est inefficace et dangereuse. Qu’elle vise les travailleurSEs du sexe ou leurs clients, les effets sont rigoureusement les mêmes. Les partisans de l’abolitionnisme, en prétendant avoir bienveillance et bonnes intentions à l’égard des prostituéEs entretiennent une approche moraliste qui nuit à la dignité, à la sécurité et à la santé des personnes qui se prostituent. Seule une meilleure prise en compte des besoins des personnes concernées permettra la mise en place de solutions adaptées et la garantie de leurs droits fondamentaux. Nous demandons l’abrogation immédiate et sans conditions du délit de racolage public.

Associations signataires : Act up, Arcat, Aides, Autres Regards, Cabiria, Collectif Droits et Prostitution, Griselidis, Médecins du Monde, STRASS

contacts presse : Aides : Antoine Henry : 06 10 41 23 86

Cabiria : Antoine Baudry : 06 76 63 59 22

Droits et Prostitution : cécile Lhuillier : 06 65 64 52 88

Médecins du Monde : Emmanuelle Hau / Aurélie Defretin :  01 44 92 14 31 / 13 81- 06 09 17 35 59

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Morano : "Un groupe de travail sur la prostitution dans les 3 mois", le STRASS répond "Chiche" !

Jeudi 25 février à l’Assemblée Nationale étaient examinés les amendements à la proposition de Loi renforçant la protection des victimes et la prévention et la répression des violences faites aux femmes. (1)

Parmi les amendements examinés, celui de Mme Chantal Brunel (2), visant à supprimer le délit de racolage passif, induit par la Loi de 2003, a été retiré aux motifs « que nous prendrions un vrai risque à abroger à la hâte un dispositif qui a manifestement plus de mérite que certains ne veulent bien le dire » d’après Mme Morano, secrétaire d’État chargée de la Famille et de la Solidarité. (3)

C’est dire tout le mépris que ce gouvernement affiche envers les Travailleu(r)ses du sexe et toutes les associations, travailleurs sociaux, syndicats, magistrats, Élus et même policiers qui dénoncent unanimement les effets pervers et les conséquences désastreuses de cette Loi depuis 7 ans ! (4) La LSI prévoyait en effet l’établissement d’un bilan d’évaluation annuel : nous l’attendons toujours et pour cause !…

Pire encore, tout en se félicitant de « l’incontestable progrès » dans la disparition des « nuisances pour les riverains », Morano, vantant les vertus du délit de racolage passif,  invoque « les dispositions de la loi de 2003, (…) des mesures à caractère social, à travers des dispositifs de protection et d’accompagnement » qui n’ont quasiment jamais été appliquées !

Pour finir, Mme Morano propose de « créer, dès aujourd’hui, avec vous-même (Mme Brunel NDR), le ministère de l’intérieur, le secrétariat d’État que je dirige et tous les partenaires institutionnels concernés, un groupe de travail afin de réfléchir ensemble, dans les trois mois qui viennent, à la meilleure façon d’améliorer la situation que vous évoquez. »

A cette dernière proposition ; voulant croire en la sincérité d’une telle démarche, nous informons Mme Morano qu’il faudra qu’elle compte avec le Strass. Depuis trop longtemps, les politiques concernant les TravailleuSes du sexe sont menées sans la moindre consultation des premièrEs concernéEs et dans le mépris de nos Droits. La répression comme seule réponse menant systématiquement à encore plus de violences et d’opacité, il est temps d’en finir avec ces politiques brouillonnes et clientélistes qui, en invisibilisant et précarisant les TravailleuSes du sexe, les livrent à tous les dangers.

Aucune politique dans la lutte contre le proxénétisme et l’exploitation sexuelle  ne peut être efficace si on refuse de considérer les TravailleuSes du sexe comme des partenaires.

Notes :

(1) Proposition de Loi renforçant la protection des victimes et la prévention et la répression des violences faites aux femmes

(2) PRÉVENTION ET RÉPRESSION DES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES – (n° 2293) Amendement n°76

(3)  Compte rendu de la séance du Jeudi 25 février 2009

(4) Lire le rapport de la ligue des Droits de l’Homme et du Syndicat des Avocats de France : « De nouvelles zones de non droit, les prostituées face à l’arbitraire policier » et Critiques des mesures concernant le « racolage passif » sur Wikipédia ainsi que le dossier d’ActUp sur la LSI.

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STRASS, Syndicat du Travail Sexuel
c/o Act Up-Paris
8 rue des Dunes
75019 PARIS

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Permanence POUR LES TRAVAILLEUR-SE-S DU SEXE tous les jeudis de 17h à 21h dans nos locaux à Paris.

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