Strass Syndicat du travail sexuel - TravailleurSES du sexe en lutte !

Les Putains de rencontre 2017, le film

Les Putains de Rencontres est le rendez-vous annuel crée par et pour les travailleurSEs du sexe, organisé par le STRASS et le Collectif Droit et Prostitution. A cette occasion les collectifs de travailleurSEs du sexe européens et internationaux organisent leurs luttes pour l’accès aux droits de touTEs les personnes exerçant le travail sexuel. Il est également l’occasion d’échanger sur les pratiques et stratégies développées face aux violences et aux stigmatisations. Ces trois jours d’ateliers, projections et représentations sont placés sous le signe de l’échange et de l’empowerment.

 

 

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Le STRASS soutient la Pride de Nuit 2017 !

Le STRASS appelle à participer nombreuxSEs à la Pride de Nuit 2017, festive, sociale, revendicative et solidaire…

Vendredi 23 juin, 19 h fontaine des innocents Paris

« Over the rainbow, coalition des non-conformes »

 

De plus, les premiers signaux envoyés par la présidence Macron s’inscrivent dans le mépris de classe, dans la complaisance envers les expressions homophobes et racistes, au mieux qualifiées de « trait d’humour maladroit ».
Dans la prolongation de la répression de l’activisme de gauche.
Dans la répression des expressions politiques autonomes des minorités – sous couvert de justifications pseudo LGBTQI-friendly et féministes.
Dans le contrôle des classes populaires, notamment racisées, par une précarisation et une répression généralisée s’éloignant chaque jour davantage de toute justice.
Dans une chasse accrue aux migrantEs, réfugiéEs et sans papierEs, que ne protègent plus que la solidarité de la société civile soumise elle-même à un harcèlement politique et policier.
Dans une politique économique et sociale qui s’apprête à aggraver la fracture entre celles et ceux qui peuvent se contenter d’une politique LGBTQI des droits et celles et ceux dont les conditions réelles et matérielles d’existence en limiteront de fait la portée.
Discriminations dans l’accès à l’emploi, dans la fixation du salaire, la progression de carrière, face au harcèlement de son employeur, de ses supérieurs et collègues, outing, etc, nous, homos, trans, bi, queer, raciséEs, séropos, atteintEs d’une pathologie grave, handicapéEs, gros-ses, précaires, non-conformes aux normes dominantes, connaissons dans nos quotidiens ce que des négociations renvoyées au sein des entreprises sont susceptibles de produire de violence.

C’est pourquoi nous dénonçons l’instrumentalisation de nos luttes dans le but de déconsidérer d’autres minorités sociales ou politiques, en particulier racisées, et desquelles certainEs d’entre nous font aussi partie. Nous dénonçons les stigmatisations et discriminations qui frappent les unes comme les autres. Et soutenons leurs initiatives visant à combattre ces discriminations.
Nous refusons que l’état d’urgence soit utilisé pour contrôler les expressions des opposants politiques et limiter la liberté de manifester.
Nous refusons que des mesures isolées (y compris plus que nécessaires) soient utilisées pour se dédouaner de la tolérance de l’homophobie qu’elle vienne du plus haut de l’Etat, de groupuscules haineux ou de sphères médiatiques.

Nous combattrons les politiques antisociales qui en aggravant la pauvreté et la précarisation contribuent à l’isolement et à la vulnérabilité des plus fragiles d’entre nous. Et les privent de l’accès aux droits, au logement, au travail, aux soins, à des retraites dignes de ce nom.
Nous nous opposerons à l’uberisation des services publics, notamment de santé, d’accueil des personnes âgées, et d’éducation ainsi qu’au renvoi de la protection des travailleurSEs au self service de la puissance patronale et entreprenariale.
Nous refusons une gentrification de nos luttes, prête à jouer les faire-valoir du libéralisme économique en échange d’un libéralisme sociétal partiel qui distribuerait des primes d’intégration et de représentativité. Et retrace des frontières entre de pseudo-respectabilités.

Et nous continuerons de nous battre pour :
• de véritables politiques publiques de lutte contre les LGBTQI-phobies et le sexisme,
• l’accès déjudiciarisé, rapide, déclaratif et gratuit au changement d’état civil, fondé sur la seule autodétermination, et à terme l’abrogation de la mention de genre à l’état-civil,
• l’arrêt des mutilations et des traitements sans nécessité vitale sur les personnes intersexes, et l’accès remboursé aux opérations et aux traitements pour les personnes trans qui les souhaitent,
• l’ouverture du droit à la PMA à toutes et tous,
• la réforme de l’établissement de la filiation et son inscription sur la base de l’engagement,
• une politique de santé publique respectueuse de critères humains et sanitaires et non économiques,
• des moyens concrets et d’ampleur contre l’épidémie de sida,
• l’arrêt des politiques discriminatoires, stigmatisantes et répressives contre les personnes racisées, les migrantEs, les travailleurSEs du sexe et les classes populaires,
• la fin des politiques de précarisation,
• une vraie politique d’accueil et d’accompagnement des migrantEs, des mesures d’urgence contre les persécutions y compris celles concernant les LGBTQI et la régularisation de tout.e.s les sans papierEs,
• Le développement des alternatives à l’emprisonnement et le respect de la dignité des personnes incarcérées et de leurs droits et accès aux traitements, y compris hormonaux.

RDV vendredi 23 juin 2017 à la fontaine des Innocents, Paris 1er –
(métro 1, 4, 7, 11, 14 / RER A, B, D Châtelet-Les Halles).

** Nous débuterons par des prises de parole à 18h et la manifestation partira à 19h. **

Avec le soutien de : Acceptess-T, Act Up-Paris, Aides, Alerta Feminista, Les Amis du Patchwork des Noms, le collectif Anti crasse, le BAAM (Bureau d’Accueil et d’Accompagnement des MigrantEs), le Bus des Femmes, C’est pas mon genre, l’Intersection, le Collectif Intersexes et Allié.e.s, les Dégommeuses, FéminiCités, le collectif Féministes Révolutionnaires, Femmes en Luttes 93, FièrEs, Flash Cocotte, Front de lutte LGBT, G.A.R.ç.E.S (Groupe d’Action et de Réflexion Contre l’Environnement Sexiste, Sciences Po), Gras Politique, Groupe anarchiste Orage, HomoSFèRe, le collectif La Chapelle Debout!, le Lesbotruck+, le collectif LGBT pour la Palestine, Madame Rap, MIF (Musulmans Inclusifs de France), l’Association Nationale Transgenre, l’Observatoire des Transidentités, le collectif Oui Oui Oui, les Ourses à plumes, Outrans, Panzy, Paris-T, le Planning familial, la PlayNight, Polyvalence, QueerParis, La Queer Week, la Rage, le Réseau pour une gauche décoloniale, RITA, Self-ish, le Seum Collectif, les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence – Couvent de Paname, le STRASS (Syndicat du Travail Sexuel), le T. Time, TRANS INTER Action [liste à date du 18/06]

Cet appel reste ouvert à signatures !

Contact : pride2nuit@gmail.com
sur Twitter : @PrideDeNuit

 

 

 

 

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Féminisme pute

Ce texte a été présenté à l’occasion de la journée internationale pour les droits des femmes à la Sorbonne. Le STRASS y était invité par le bloc offensif antisexiste, collectif d’étudiantes féministes, à répondre à la question suivante:

comment se réapproprier son corps en tant que femme ou minorité de genre dans une société capitalo-sexiste et patriarcale?

Notre lutte pour la reconnaissance du travail sexuel, et particulièrement en tant que femmes cis et trans  , dans une période de réappropriation du contrôle de la part du féminisme institutionnel qui juge notre activité et condamne à tour de rôle soit la « catin », soit la « victime » de prostitution, soit le client « prostitueur »,  doit être éclairée non seulement par notre expertise individuelle, mais aussi par une réflexion historique sur le lien entre la lutte féministe contre  la domination patriarcale des femmes et le travail sexuel . L’analyse ci-dessous permet de mettre en lumière l’importance des luttes féministes intersectionnelles dans la réappropriation de nos corps, nos droits et combien le féminisme institutionnel actuel pour l’Egalité Femmes Homme, dans son souci d’avoir le contrôle sur les minorités, le contrôle sur nos droits et nos corps et de dicter sa vision de la dignité, applique une domination identique à la domination patriarcale concernant les Travailleuses du sexe.
Afin de définir ce que pourrait être un féminisme à partir de nos vécus de travailleuses du sexe, qu’on pourrait aussi appeler : « un féminisme pute », nous abordons 3 volets de réflexion :

– 1) rendre visible comme travail les services sexuels que les femmes sont contraintes à effectuer dans les systèmes patriarcal et capitaliste
– 2) comprendre le rôle de l’injure « pute », de la « putophobie », ou du « stigmate de putain » comme formes de contrôle sexiste sur le corps des femmes, et
– 3) envisager le travail du sexe comme un travail de genre : envisager comme travail la performance de la féminité dans nos vies de tous les jours, au travail et, y compris, lorsque nous sommes dans la sphère dite privée « hors travail »

Le travail sexuel comme travail

Les premières organisations de travailleuses du sexe sont nées dans les années 1970 dans la vague des mouvements des femmes de cette époque. A ce moment là, des militantes et théoriciennes féministes ont analysé la division sexuelle du travail, notamment à travers l’exemple du travail domestique assigné à la sphère privée, et rendu invisible par des formules comme « maman ne travaille pas car elle reste à la maison s’occuper des enfants ». Dans certains pays, comme en Italie, au Québec, ou au Royaume Uni, des groupes de femmes ont revendiqué un revenu pour le travail ménager pour dénoncer cette assignation à un travail gratuit. En 1975, au moment où les prostituées françaises occupent les églises en protestation contre les lois répressives qu’elles subissaient, le collectif anglais des prostituées (English Collective of Prostitutes) nouait des alliances avec le mouvement en faveur d’un revenu pour le travail ménager. Parmi ces féministes, Selma James ou Silvia Federici, ont soutenu la revendication de reconnaitre la prostitution comme un travail, pensant que les services sexuels aussi, font partie des tâches considérées comme relevant « naturellement » du rôle dit féminin d’épouse et de mère. Elles déclaraient que le mouvement des prostituées, en rendant visible la prostitution comme travail, aidait l’ensemble des femmes, qui pouvaient ainsi mieux négocier les conditions de cette injonction à la sexualité pour leur propre plaisir et intérêt, ou bien, pour mieux la refuser.

Cette assignation à rendre des services sexuels aux hommes est un trait considéré comme universel. C’est en tout cas la conclusion des recherches de l’anthropologue Paola Tabet qui a théorisé ce qu’elle appelle le « continuum des échanges économico-sexuels ». Pour simplifier, Tabet observe que dans toutes les sociétés qu’elle a étudié, les femmes sont dépossédées de la plupart des richesses et moyens de production détenus en général par les hommes. Pour vivre ou survivre, elles sont contraintes à utiliser leur sexe et leur sexualité comme moyen d’échange avec les hommes afin d’accéder à des ressources ou des avantages comme la sécurité, ou une position sociale plus favorable. Au sein de ce continuum se situe évidemment la prostitution, mais également la plupart des institutions du patriarcat qui régissent et encadrent les possibilités de rencontres sexuelles entre les femmes et les hommes à savoir : le mariage, le couple, ou les rendez-vous amoureux. Les prostituées ne sont ainsi plus une catégorie à part des autres femmes, mais subissant une oppression commune, par l’extorsion de services sexuels.

En quoi notre oppression serait donc spécifique à celle des autres femmes ? Nous y venons dans notre deuxième point.

La putophobie ou le stigmate de putain

La psychologue Gail Pheterson, autre grande alliée féministe des mouvements de prostituées depuis les années 1970, a analysé les rapports femmes/hommes à travers ce qu’elle a nommé le « prisme de la prostitution ». A la suite des travaux de Tabet, elle définit la prostitution comme différente des autres formes d’échanges économico-sexuels, parce qu’étant la partie stigmatisée et illégitime au sein du continuum. Et la raison pour laquelle elle est stigmatisée, est parce que des femmes osent exiger explicitement une compensation financière ou matérielle pour les services sexuels rendus, et qu’en faisant cela, elles rendent visible le fait qu’il s’agisse d’un travail et non d’un cadre d’échanges « naturels ».

Elle montre cependant que le « stigmate de putain » n’est pas particulier aux prostituées mais est une arme du patriarcat contre toutes les femmes. En fait, la stigmatisation de la figure de la prostituée, permet de créer une identité de genre séparée au sein de la classe des femmes, et qui a pour fonction d’être un contre-modèle aux statuts légitimes par exemple d’épouse et de mère. Les femmes sont ainsi divisées schématiquement dans le patriarcat traditionnel en deux principaux blocs, selon le type de travail sexuel auquel elles sont assignées : travail sexuel de reproduction, ou travail sexuel ayant pour finalité la production de plaisir et de divertissement (masculin bien sûr). Ces deux types de travail sexuel sont distincts car les hommes veulent s’assurer de la transmission de leurs gènes et de leur nom, et limitent donc l’échange sexuel des femmes à un seul homme dans la sphère privée ou l’étendent à tous les hommes dans la sphère publique.

L’injure de pute ne sert donc pas seulement à stigmatiser les travailleuses du sexe mais toute initiative ou prise de liberté des femmes, toute forme de rébellion, toute forme de transgression de genre, notamment le fait d’occuper des espaces publics et nocturnes réservés traditionnellement aux hommes où seules les « putes » disponibles pour leur divertissement sont tolérées.

Face au stigmate de putain, la stratégie féministe « mainstream » est d’inciter les femmes à se distinguer le plus possible de la catégorie de « pute », allant même jusqu’à chercher à l’abolir. Or, tant que la structure économique du patriarcat et du capitalisme est en place, il y aura toujours des femmes qui auront besoin, ou trouveront intérêt, à gagner de l’argent par le biais du travail sexuel. Au lieu de lutter contre la stigmatisation, cette approche a plutôt tendance à la renforcer et à maintenir la dichotomie entre « femmes normales » et « femmes à part ».

Pour lutter contre la stigmatisation, une stratégie a été de créer le nouveau terme de « travail sexuel » au lieu de celui de prostitution. Ce terme a comme avantage comme nous l’avons vu de dénaturaliser l’assignation aux services sexuels et de rendre visible cette tâche comme un travail. Il permet aussi de reconnaitre la capacité d’agir des femmes, et de s’organiser pour exiger des droits et protections acquises par les mouvements ouvriers. Enfin, il permet de rassembler différentes catégories de travailleuses du sexe plus largement que la prostitution traditionnelle, qui sont habituellement isolées et divisées selon leur mode de travail.

Une autre stratégie de lutte contre le stigmate de pute est de nous le réapproprier en fierté. Lorsque nous disons que nous sommes des putes et que nous en sommes fières, nous ne portons pas de message sur les conditions d’exercice du travail sexuel, ou sur nos sentiments quant à celui-ci. Quelles que soient nos expériences, bonnes ou mauvaises, que nous aimions ou détestions notre travail, nous n’avons pas à nous en justifier. Ce que nous disons par ce message de fierté, est que jamais nous ne nous laisserons réduire à la honte et au silence, car comme nous allons le voir à présent dans notre troisième et dernier point, le stigmate de putain a également pour but de nous empêcher de révéler ce que nous savons des rapports de genre à travers notre expérience de confrontation quotidienne aux hommes.

Le travail du sexe comme travail de genre

Une partie importante du travail sexuel est de performer du genre car l’espace de la sexualité est un de ceux où les possibilités d’expression de genre deviennent plus nombreuses, notamment dans les industries du sexe contemporaines et mondialisées, résultat du libéralisme, où les demandes se diversifient et où les sources d’accès à certaines formes de services sexuels comme la pornographie se démocratisent. Le travail sexuel évolue en effet comme le reste de la société, en négatif mais aussi parfois en positif, en particulier grâce aux apports des féministes et des courants dits « pro-sexe » qui essaient de changer les métiers du sexe de l’intérieur. Bien que les expressions de types de féminités (ou de masculinités) soient plus diverses, et que de plus grandes libertés sont possibles notamment avec l’essor de « niches commerciales », certaines représentations de genre peuvent être aussi beaucoup plus contraignantes et stéréotypées. En tout cas, il est évident pour beaucoup de travailleuses du sexe que la sexualité, la séduction, ou les émotions qu’elles mobilisent relèvent d’un travail de production d’une féminité.

Lorsqu’on est féministe pute, et qu’on travaille avec la sexualité, on observe peut être plus rapidement et facilement la facticité du genre, et de la féminité qu’on performe au quotidien. Le maquillage, les tenues, les accessoires, tout un support matériel vient quelques fois soutenir un édifice totalement construit au service des fantasmes et des représentations. Mais à force de performer cette féminité dans le cadre du travail, il devient parfois moins supportable de le faire en dehors du cadre du travail, et qui plus est, gratuitement. Pourquoi devoir être bien habillée, d’apparence sexy, devoir sourire, rester attentive et patiente à la conversation des hommes s’ils ne nous paient pas pour le faire ?

Autre constat, cette mobilisation de la féminité n’est pas uniquement le commun des travailleuses du sexe. Beaucoup d’entre nous avons exercé d’autres métiers dans lesquels nous devions là aussi faire attention à notre apparence, à nos tenues, à nos attitudes. Y compris dans les plus hautes sphères de pouvoir, il est exigé par exemple des femmes politiques d’être bien habillées, et elles se voient subir toutes sortes de commentaires sur leur apparence physique ou les émotions qu’elles expriment ou non publiquement. Et là encore, on retrouve une partie de travail spécifique aux femmes qui doit être réalisé gratuitement. En effet, les femmes ne sont pas davantage payées que les hommes lorsqu’elles doivent passer des minutes supplémentaires à « se préparer » pour « se présenter » au travail, lorsqu’elles doivent répondre à des exigences en termes de travail émotionnel qui ne sont pas requises de la même manière des hommes. En général, elles sont même moins bien payées.

Pour revenir au travail sexuel, ce qu’il révèle est également la production de la masculinité de la part des clients hommes. Comme certaines féministes du « care » l’ont souligné, le travail sexuel est un travail du care qui se situe dans le cadre général du travail de reproduction sociale. Cela signifie que pour que les hommes soient performants au travail, dans le travail de la sphère publique considéré comme productif, et qui est rémunéré, ils peuvent se reposer sur le travail gratuit et invisible des femmes, ou sur celui de professionnelles des soins et de l’attention, en général d’autres femmes. De cette manière, la masculinité d’apparence forte et performante dans la sphère publique, se révèle en revanche fragile, à consoler et à conforter via le travail d’attention et de soins, dont le travail sexuel.

Les textes de l’écrivaine et prostituée Grisélidis Réal révèlent en grande partie cette « fragilité masculine » à travers la sexualité. Un homme qui doit tenir un rôle social, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’une position de pouvoir, ne peut pas se permettre que soient exposés d’éventuels comportements sexuels en contradiction avec ce qu’il représente. Etre pénétré sexuellement, se faire pisser dessus, être soumis, ne pas être considéré comme performant sexuellement, ne pas réussir à bander dur et sur commande, avoir une sexualité qui ne permet pas de faire des enfants et donc d’être productif et reconnu comme père, toutes ces choses peuvent se faire avec une travailleuse du sexe qui apporte une garantie de non-jugement. De plus, comme nous l’avons vu, la stigmatisation de la pute permet d’empêcher toute expression de sa part, ou d’invalider sa parole au cas où celle-ci ne se tairait pas.

Pour conclure, et pour donner des perspectives plus concrètes sur ce que nous vivons actuellement, la pénalisation des clients ne permet pas de renverser les rapports de genre. Nous revenons aux injonctions à une sexualité dite gratuite et naturelle, sans se rendre compte ou en niant la part de travail encore pesante sur le corps des femmes. La stigmatisation ne diminue pas bien au contraire, car nous sommes renvoyées à une obligation de honte et de repentance au travers d’un « parcours de sortie de la prostitution », comme seule issue à notre condition. Aucun moyen réel n’est en place pour permettre d’améliorer nos conditions économiques pour refuser l’exploitation par le travail. On nous fait comprendre seulement qu’il est préférable de se faire exploiter ailleurs que dans le travail sexuel. La pénalisation a ironiquement réduit encore plus notre pouvoir, voire a inversé le rapport de force en faveur des clients, car elle conduit à une précarisation et à l’obligation d’accepter des hommes ou des conditions que nous pouvions mieux refuser auparavant. Pour se réapproprier le pouvoir sur nos corps, pour lutter contre les violences et l’exploitation, nous continuons de croire qu’une approche syndicale est plus efficace que les interventions policières et carcérales de l’état. Nous continuons de croire en un féminisme qui repose sur l’autodétermination des femmes, qui n’invalide pas leur parole, ni ne les infantilise. Nous croyons aussi que rendre visible le travail des femmes est le meilleur moyen pour permettre et organiser ensuite la grève des femmes.

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Quand des syndicalistes en appellent au viol… et à des représentants du patronat

loitravailnonmerci-page-001Ce mercredi 9 mars, la mobilisation contre la loi travail, rendue possible par la colère et la détermination des jeunes et des salariéEs affirmant qu’ils, et elles, « valent mieux que ça » a été un véritable succès. 500 000 personnes ont pris la rue, des lycéenNEs ont bloqué leurs lycées, des étudiantEs ont mobilisé leurs facs donnant lieu à des Assemblées Générales dont le succès n’était pas sans rappeler les débuts du mouvement contre le Contrat Première Embauche, il y a 10 ans.

Ce mercredi 9 mars, les travailleurSEs du sexe en étaient : à Paris et Toulouse, un tract a été diffusé dans les manifs pour exposer les raisons qui font que nous ne pouvons qu’être partie prenante de ce mouvement. Le très bon accueil qui nous a été réservé de la part des autres travailleurSEs en lutte, nous affirmant leur soutien et leur solidarité, aura ajouté encore à l’enthousiasme suscité par cette journée.

Malgré ce bilan positif, un événement est venu troubler notre satisfaction : dans le défilé parisien, au sein d’un des nombreux cortèges de la CGT, un camion a diffusé un slogan appelant au viol sur la ministre El Khomri. Appeler au viol pour « corriger » les actions d’une femme n’est, hélas, ni exceptionnel, ni anodin. Si le projet de loi travail est à combattre radicalement, la focalisation sur une ministre, femme, non blanche, ne nous semble pas un hasard : l’utilisation de telles menaces sexuelles s’inscrit dans la pire tradition coloniale et masculiniste à la française. Consciemment ou non, utiliser de telles menaces, c’est faire de l’intimidation et remettre en cause la place des femmes dans la mobilisation. Pourtant, les femmes ne sont ni des soutiens ni des accessoires de ce mouvement naissant : elles doivent en être le cœur car ce sont elles qui sont en première ligne, qu’elles soient au foyer, dans l’économie invisibilisée ou sur le marché traditionnel de l’emploi.

Par ailleurs, au-delà d’un appel au viol déjà fortement condamnable en tant que tel, c’est à « Jacquie et Michel » que ces syndicalistes en appellent dans cet ignoble slogan, autrement dit, ils en appellent à de médiatiques représentants du patronat de l’industrie du sexe. En tant que syndicat de travailleurSEs du sexe, nous sommes particulièrement choquéEs que d’autres syndicalistes appellent à une telle collaboration avec des patrons, des patrons qui se sont de plus illustrés non seulement par leurs méthodes violentes pour forcer des actrices à des pratiques qu’elles refusaient, ou les déposséder de leur droit à l’image, mais aussi par leur collaboration « professionnelle » avec des militantEs d’extrême droite.

Face à un projet de loi qui vise à toujours plus précariser les travailleurs, et surtout les travailleuses, un tel appel au viol doublé d’une valorisation du patronat n’est pas acceptable dans nos rangs.

Le STRASS demande une désolidarisation de la CGT pour les propos tenus par les auteurs de ce slogan, et rappelle que si nous voulons gagner ce bras de fer contre le gouvernement, et plus généralement contre le néolibéralisme et ses promoteurs, ce ne sera qu’en s’organisant contre TOUS les patrons, en construisant des fronts de lutte où le racisme, l’extrême-droite, ses idées comme sa « culture » (qui dépassent largement les rangs du FN), sont bannis, de même que les violences masculines,afin de permettre l’investissement des femmes, de TOUTES les femmes, y compris des travailleuses du sexe.

Nous serons présentEs lors des prochaines mobilisations et appelons, notamment les femmes, à s’y rejoindre: le 17, le 24 et le 31 mars prochains.

Contre la loi travail : travailleurSEs du sexe en lutte !

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Pour un 8 mars féministe ! Appel à manifester et autres rendez-vous.

Capture d’écran 2016-03-04 à 11.13.07Pour la 3e année consécutive, une manifestation au départ de Belleville est organisée à l’occasion de la Journée internationale de luttes pour les droits des femmes. Cette manifestation est l’occasion, pour les femmes et minorités de genre que nous sommes, d’investir la rue afin de faire entendre nos voix, rendre visibles nos luttes, et communiquer notre colère et nos revendications.

Alors que la thématique de l’égalité entre les hommes et les femmes est désormais utilisée aussi bien par certaines organisations que par l’État pour promouvoir et appliquer des politiques sécuritaires, racistes et impérialistes, renforçant l’exclusion de certaines catégories de femmes tant des espaces féministes que de l’espace public, nous prenons le parti d’un féminisme inclusif qui reconnaît la légitimité des premières concernées à décider de leurs stratégies de lutte contre les oppressions qu’elles subissent.

Le mépris, le harcèlement, les violences sexuelles, l’exploitation, les discriminations dont nous sommes victimes constituent notre réalité quotidienne et ne sont pas des dérapages : ces violences permettent de nous maintenir dans une position subalterne et de préserver ce système inégalitaire et violent.

Le gouvernement actuel enchaîne les mesures d’austérité, accumule les lois racistes, et multiplie les mesures sécuritaires. Nous en payons le prix. Dégradations de notre santé et de notre accès aux soins, problèmes de logement, d’accès à l’éducation, contrainte économique à la vie conjugale y compris lorsque celle-ci est source de violences, stigmatisations, paternalisme, contrôle, répression, enfermements… Il s’agit de nous discipliner par tous les moyens, y compris et notamment par les violences sexistes et institutionnelles, et ce au profit d’intérêts personnels, politiques et économiques qui ne sont pas les nôtres.

La mondialisation néolibérale et son lot de guerres impérialistes et de mécanismes de contrôle des migrations n’ont déjà fait que trop de victimes. En tant que féministes, Il s’agit aujourd’hui de lutter pour notre émancipation, une émancipation collective, solidaire de touTEs celles et ceux qui paient le prix de ce système.

Pour lutter contre les violences dont nous sommes victimes, pour lutter contre notre exploitation, et parce que nous ne sommes pas dupes d’une institution judiciaire qui condamne les femmes qui se défendent, pendant qu’elle acquitte les flics qui assassinent ou décident de non-lieux pour nos violeurs, nous devons mettre en place un rapport de force offensif face au système qui produit ces violences, face à ceux qui les propagent et les entretiennent.

Pour cela nous devons réclamer une meilleure répartition des richesses que nous produisons par notre travail, y compris notre travail domestique, exiger un système de santé respectueux de nos corps et de nos décisions, revendiquer un espace public accessible à touTEs, nous montrer solidaires avec les plus stigmatisées, réprimées, et précaires d’entre nous.

Parce que cette solidarité collective est déjà celle qui nous porte au quotidien dans nos luttes, ce n’est qu’à travers elle que nous pouvons espérer une victoire.

RENDEZ-VOUS :

Samedi 5 mars, dans le cadre du festival Woman Up, au 100ecs (100 rue de Charenton, Paris 12), de 15h à 17h pour une discussion-débat : « violences faites aux travailleurSEs du sexe : état des lieux et réponses », avec le STRASS, les Roses d’Acier, et Sarah-Marie Maffesoli (chargée du projet « tous en marche contre les violences faites aux travailleurSEs du sexe »)

Dimanche 6 mars : manifestation à 14h au départ de Belleville

live-nude-girls-uniteLundi 7 mars, dans le cadre du festival Woman Up, au 100ecs, à 18h30, projection du documentaire « Live Nude Girls Unite ! » : Retour sur la grève et la syndicalisation des danseuses du bar à strip-tease le « Lusty Lady » de San Francisco dans les années 90. Le film aborde différentes questions qui s’entremêlent dans la vie des danseuses en lutte : racisme, sexisme, stigmatisation et dévalorisation de leur activité, rapports avec leurs familles et lutte contre l’exploitation dans l’industrie du sexe. Cliquez ici pour voir la Bande Annonce.

– Mardi 8 mars, au CICP (21 ter rue Voltaire), à 19h30, discussion-débat « Genre, Corps, Santé et Résistances »

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PROJET DE LOI FINANCES 2016 : MOINS D’ARGENT POUR LA SANTÉ DES FEMMES, PLUS POUR LA PROPAGANDE ABOLITIONNISTE !

Alors que le Sénat, au grand dam des abolitionnistes, vient de rejeter en deuxième lecture la pénalisation des clients, tout en conservant l’abrogation du délit de racolage, de la PPL de lutte contre le système prostitutionnel, la récente publication de la Proposition de Loi Finances 2016 nous en apprend enfin un peu plus sur le fameux « fonds » qu’on ne cesse de nous vanter pour justifier des mesures répressives qui plongeront les travailleurSEs du sexe dans toujours plus de précarité.

Comme nous le redoutions, les modalités de financement de ce fonds, loin de répondre aux besoins des travailleurSEs du sexe, ne proposent que de toujours plus financer le quelques associations qui se font un business de notre absence de droits, et leur propagande, au détriment du financement d’actions de santé globale pour les femmes et les populations en difficulté, ainsi que de la lutte contre le VIH et les IST.

C’est dans le programme 137 du PLF 2016, dédié à l’égalité entre les femmes et les hommes1 que se trouve incluse l’action 15 « prévention et lutte contre la prostitution et la Traite des Êtres humains ». Le budget de l’action, qui « vise à améliorer la lisibilité des actions menées sur ce champ, à mieux répondre aux besoins spécifiques de ce public, notamment en matière d’accompagnement social et sanitaire des personnes prostituées ainsi qu’à renforcer le pilotage des moyens dédiés à cet effet » , est de 4,98 millions d’euros, ce qui constitue 18,5% du programme, contre 2,39 millions d’euros (9,5%) en 20152, soit une différence de 2,8 millions au bénéfice de l’année 2016.

Ces 2,8 millions cependant ne correspondent en aucun cas à un effort supplémentaire de la part du gouvernement, mais à une réaffectation de budgets auparavant dédiés à d’autres actions :

– 0,8 million sont ainsi réaffectés depuis le programme 176 (Intérieur : Police nationale), sans plus de précision.

– 1 million depuis le programme 101 (Justice : accès au droit et à la justice), sans plus de précision non plus.

– 1 million depuis le programme 204 (Santé : prévention, sécurité sanitaire et offres de soins). Sur ce million, la moitié est prise sur l’action 12, qui « vise notamment à apporter au grand public et particulièrement aux plus fragiles l’information et l’éducation en santé dont ils ont besoin ». Cette action se concentre notamment sur la santé des populations en difficulté, la santé des jeunes, la santé de la mère et de l’enfant (notamment à travers les objectifs suivants : l’accès de toutes les femmes à la contraception, l’accès des femmes à un droit effectif à l’IVG, améliorer la santé et la prise en charge des femmes enceintes et jeunes mères, améliorer la santé de la petite enfance), et les traumatismes et violences.
L’autre moitié quant à elle est prise sur l’action 13 « prévention des risques infectieux et des risques liés aux soins ».

C’est donc directement dans les fonds prévus pour la santé des femmes, des jeunes enfants et des jeunes, sur des dépenses aussi cruciales que l’IVG, la contraception, la petite enfance, les violences, et la lutte contre le VIH et les IST que sont pris les fonds qui serviront à lutter contre la prostitution, en finançant les actions abolitionnistes et leur propagande !

En effet, d’après le descriptif de l’action, les crédits de l’action sont notamment à dépenser, au niveau local, en plus des actions de rencontre, d’accueil, et d’accompagnement des « personnes en situation ou en risque de prostitution », à des « actions de prévention auprès des jeunes afin de prévenir le risque prostitutionnel, tant en ce qui concerne l’entrée dans la pratique prostitutionnelle que le recours à la prostitution », à la sensibilisation des professionnels « aux enjeux du phénomène prostitutionnel et de la traite des êtres humains afin d’améliorer le repérage, l’identification et la prise en charge des victimes », et enfin, à l’organisation de « manifestations auprès du grand public (colloques, conf, débats) ».

Au niveau national, les principales associations abolitionnistes qui recevront un budget, explicitement mentionnées en tant qu’ « association têtes de réseau », sont donc le Mouvement du Nid, l’Amicale du Nid, ALC-Nice, et le Comité contre l’esclavage moderne.

Alors que les principales mesures à prendre pour lutter contre l’exploitation des travailleurSEs du sexe sont des mesures transversales telles que la régularisation des travailleuses étrangères, et une revalorisation conséquente des aides sociales et des salaires notamment en direction des femmes et des jeunes, les seules mesures financières de cette proposition ne consistent qu’à donner toujours plus d’argent aux associations abolitionnistes, au détriment de la promotion de la santé des femmes et des populations vulnérables.

En s’alliant, dans leur volonté irrationnelle de voir les clients pénalisés, à un gouvernement qui a pourtant brillé, depuis son arrivée au pouvoir, par ses mesures d’austérité, les féministes abolitionnistes ont donc préféré, à la lutte radicale pour l’accès aux droits des travailleurSEs du sexe, la compromission.

C’est pourquoi, malgré les avancées que constitue le vote du Sénat en seconde lecture, nous continuerons de nous opposer frontalement à cette proposition de loi dans son ensemble, et que nous continuerons à revendiquer la dépénalisation totale du travail sexuel, ainsi que de véritables mesures sociales en direction de celles qui en ont besoin, seules manières d’agir effectivement contre l’exploitation des travailleurSEs du sexe.

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FÉMINISME ET REPRODUCTION SOCIALE : DES LUTTES POUR LE SALAIRE AU TRAVAIL MÉNAGER AUX LUTTES DES TRAVAILLEUSES DU SEXE

féminisme et reproduction sociale web bigger

       

Discussion avec Louise Toupin et Morgane Merteuil.

Lundi 4 mai, 19h15-21h15

Sciences Po Paris, 56 Rue des Saints Pères, Salle François Goguel

 

 

 

 

 

 

 

Louise Toupin, militante féministe et chargée de cours à L’Université du Québec à Montréal, a récemment publié aux Editions du Remue-Ménage « Le salaire au travail ménager. Chronique d’une lutte féministe internationale (1972-1977) ». Elle a également co-dirigé l’anthologie « Luttes XXX, Inspirations des luttes des travailleuses du sexe », également aux Editions du Remue-Ménage. 
Morgane Merteuil est porte-parole du STRASS.

 

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8 MARS, JOURNÉE DE LUTTE DES FEMMES, JOURNÉE DE LUTTE DES TRAVAILLEUSES DU SEXE !

Alors que la proposition de loi visant à « renforcer la lutte contre le système prostitutionnel » sera discutée les 30 et 31 mars prochains au Sénat, le STRASS tient à réaffirmer, à l’occasion de la journée internationale des luttes des femmes, son opposition inconditionnelle à celle ci. En effet, loin de prendre, comme elle le prétend, le parti des femmes, cette proposition de loi ne prend aucunement en compte les vulnérabilités des travailleuses du sexe et des femmes dans leur ensemble.

Cette vulnérabilité, le gouvernement l’a d’ailleurs activement entretenue, par un ensemble de mesures (austérité, loi Macron, lois sur l’immigration) qui n’ont que faire de l’émancipation des femmes, mesures auxquelles s’est ajoutée une répression spécifique à l’égard des travailleuses du sexe, notamment des migrantes et des plus précaires.

Depuis plusieurs années, un certain nombre d’organisations utilisent les luttes féministes pour revendiquer toujours plus de répression à l’égard des travailleuses du sexe. Alors que le délit de racolage n’est toujours pas abrogé, et que les travailleuses du sexe sans papiers subissent régulièrement rafles et expulsions, ces organisations voudraient nous faire croire que la pénalisation des clients serait une mesure nécessaire à l’émancipation des travailleuses du sexe. Nous nous demandons de quelle émancipation il s’agit lorsque les conséquences d’une telle mesure seraient de une éprcarisation des femmes, une réduction de leur pouvoir de négociation face à leurs clients, et une vulnérabilité accrue aux violences et à l’exploitation.

Depuis plusieurs années maintenant, les organisations de travailleuses du sexe, mais aussi des associations féministes, de santé, n’ont en effet de cesse de prévenir des effets catastrophiques que des mesures prohibitionnistes auraient sur les conditions de travail, de santé, et de vie des travailleuses du sexe, et réclament des véritables mesures sociales pour soutenir les femmes qui en ont besoin.

En ce 8 mars, le STRASS participera donc de la mobilisation féministe à l’initiative du Collectif 8mars pour toutes, et appelle toutes les travailleuses du sexe et celles qui les soutiennent à rejoindre la manifestation qui partira de Belleville à 14H, pour revendiquer :

– l’abrogation immédiate du délit de racolage public et des arrêtés municipaux interdisant la présence des travailleuses du sexe dans certaines zones.

– l’opposition inconditionnelle à la proposition de loi de « lutte contre le système prostitutionnel ».

– la régularisation de touTEs les sans-papier, et notamment, pour les victimes de traite, la fin du conditionnement des titres de séjour à la dénonciation de leurs exploiteurs.

– un soutien économique aux mères célibataires, aux étudiantes, et aux femmes précaires en général

– l’individualisation des droits sociaux pour les femmes mariées ou pacsées.

– le droit au RSA sans condition d’âge.

– la dépathologisation de la transidentité, ainsi que l’interdiction de la discrimination fondée sur l’identité

de genre

– la garantie d’un accès à l’IVG dans les meilleurs délais pour toutes les femmes.

Par ailleurs, nous sommes également solidaires

– des femmes qui luttent contre les lois islamophobes qui les empêchent d’accéder à l’école ou d’accompagner leurs enfants lors des sorties scolaires.

– des grévistes de l’université Paris 8, en majorité des femmes, qui demandent une revalorisation de leurs salaires.

– des 18 « grévistes du 57 », qui occupent leur salon de coiffure à château d’Eau.

– du Planning Familial de Toulouse, menacé de fermeture faute de subventions.

RDV DIMANCHE 8 MARS, 14H BELLEVILLE

 

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le STRASS Toulouse était invité par l'émission féministe Voyelles

émission à télécharger et à écouter ici http://voyellesfm.wordpress.com/anciennes-emissions/2014-2/

Marie est notamment revenue sur l’altercation avec Zero Macho lors de la manifestation pour le droit à l’IVG, ainsi que sur la situation actuelle des travailleurSEs du sexe, et nos revendications.

Un grand merci à toute l’équipe de Voyelles pour cette émission !

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DROIT A L'IVG : RDV DIMANCHE 19/01 14H PLACE HENRI LANGLOIS

métro Place d’Italie

le 19 Janvier, les réseaux anti-IVG organisent une marche « pour la vie », en réalité une marche contre le droit des femmes à disposer de leur corps.
le 19 Janvier, nous serons là pour faire entendre que NOS CORPS NOUS APPARTIENNENT.

Cette manifestation aura d’autant plus d’importance que le droit à l’avortement est en ce moment même remis en cause en Espagne et en Suisse

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Pour nous contacter

STRASS, Syndicat du Travail Sexuel
c/o Act Up-Paris
8 rue des Dunes
75019 PARIS

contact@strass-syndicat.org

Permanence POUR LES TRAVAILLEUR-SE-S DU SEXE tous les jeudis de 17h à 21h dans nos locaux à Paris.

La Permanence sera fermée à partir du  jeudi 3 août 2017. Elle ouvrira à nouveau ses portes le jeudi 31 août 2017 à 17H.

Nous contacter en cas de violences : violences@strass-syndicat.org

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