Strass Syndicat du travail sexuel - TravailleurSES du sexe en lutte !

Putes violentées pendant la manifestation contre violences faites aux femmes

Ce samedi 5 novembre 2011, plusieurs milliers de personnes défilaient contre les violences faites aux femmes. Des travailleurSEs du sexe, ainsi que leurs alliéEs, venuEs revendiquer des droits furent la cible de violences de la part d’autre manifestantEs s’opposant à leur présence, illustrant une fois de plus que, pour certainEs, les violences faites aux putes ne sont pas des violences faites aux femmes.

Des pancartes arrachées, piétinées, quitte à donner un coup au passage, des huées, des insultes comme « bouffonne à pédés », « fachos », « aliénées » quand nous dénoncions la pénalisation des clients des travailleurSEs du sexe comme violence faite aux femmes et la liberté de parole pour les travailleurSEs du sexe. Des « dégagez » et des « vous êtes la honte de la manifestation » ont fusé  à plusieurs reprises. La présidente du centre LGBT de Paris, Christine Le Doaré, a voulu nous empêcher d’utiliser notre mégaphone et menacé de nous faire éjecter par une batucada… Choqués par une telle violence, quelques manifestantEs se sont d’ailleurs désolidariséEs de leur groupe pour venir marcher à nos côtés.

Quand les slogans invitaient à rompre le silence dont les femmes sont victimes, les putes étaient pousséEs au silence par des méthodes qui n’ont rien à envier aux machistes, qu’elles ne cessent pourtant, avec raison, de dénoncer. Il n’est pas possible d’être plus clair dans l’exclusion des putes de la catégorie des femmes.

La manifestation contre les violences faites aux femmes aurait-elle tourné en une manifestation pour les violences faites aux putes ?

La violence bien réelle n’était sans doute qu’une manière d’entériner la violence symbolique de la revendication de pénalisation des clientEs des travailleurSEs du sexe contenue dans l’appel porté par le CNDF et signé par des dizaines d’associations.

Nous avions dénoncé cette revendication car si elle aboutit, elle précarisera les travailleurSEs du sexe, les poussera dans des endroits plus dangereux et inaccessibles aux associations de prévention du VIH et des IST, elle rendra impossible l’imposition de l’usage du préservatif. Nous avions demandé aux organisations signataires de cet appel de s’en désolidariser, ce qui était le minimum quand on prétend lutter contre les violences faites aux femmes tant la pénalisation des clients des travailleurs du sexe augmenterait les violences faites aux putes. Le silence assourdissant que l’on nous a opposé illustrait déjà leur mépris à notre égard. Parmi les signataires, seul un parti, EELV, et une association, Paroles de femmes, nous ont répondu, disant qu’ils n’avaient pas encore de position déterminée sur cette revendication.

Après cet après midi de violences subies, l’une de nous a dû être transférée aux urgences par les pompiers en raison d’une brutale céphalée. Nous redemandons aux signataires et participantEs de cette manifestation de se désolidariser du projet de pénalisation de nos clientes, et leur demandons de dénoncer les violences dont nous avons été victimes. Act Up-Paris et le STRASS demandent encore une fois aux membres du conseil d’administration du centre LGBT de Paris la démission de sa présidente, Christine Le Doaré ; nous le ferons publiquement à chaque fois qu’elle fera preuve d’autoritarisme.

Parce que les signataires de cet appel, les manifestantEs qui nous ont violentéEs n’ont pas le monopole du féminisme, parce qu’il n’est pas possible de prétendre lutter contre les violences faites aux femmes tout en exerçant des violences à l’égard des putes, parce que la première violence réside dans le mépris de la parole des femmes travailleurSEs du sexe, nous continuerons de nous mobiliser pour porter cette parole, pour nous opposer aux féministes moralistes et paternalistes, pour toujours réaffirmer qu’une violence faite aux putes est bien une violence faite aux femmes.

STRASS, Act Up-Paris, Étudions gayment

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Christine LeDoaré réfléchit elle ?

Une fois de plus le STRASS est attaqué par LeDoaré.
Nous devons donc une fois de plus faire cette mise au point.

1) Le STRASS n’est pas réglementariste. Nous nous sommes déjà clairement exprimées contre la réouverture des maisons closes, auxquelles nous préférerions des maisons ouvertes auto-gérées et surtout le libre choix de nos conditions de travail sans interférence de l‘Etat.
http://www.strass-syndicat.org/2009/11/reouverture-des-maisons-closes-mise-au-point-sur-la-position-du-strass

2) Le STRASS s’est régulièrement exprimé contre toute forme de salariat ou d’exploitation du travail sexuel, et donc de proxénétisme. Or, les lois sur le proxénétisme sont le plus souvent contre-productives et criminalisent autant si ce n’est plus les travailleurs du sexe plutôt que les proxénètes. Ces lois servent à nous exclure du droit commun en nous créant un statut à part, celui d’inadaptées sociales qui a été crée par les ordonnances de 1960 en même temps que le délit de proxénétisme.

Les lois sur le proxénétisme criminalisent et empêchent entre autres:
– le fait de passer des petites annonces dans la presse ou sur Internet
– le fait de travailler à plusieurs pour sa sécurité
– le fait de louer un studio pour y travailler
– le fait de travailler en établissement
– tout acte d’aide à la prostitution et donc toute forme de solidarité entre nous
– le fait de prêter sa camionnette à une collègue
– toute transaction économique en particulier dans l’organisation de son travail
– le fait que quelqu’un vive d’une partie de nos revenus, incluant nos maris, membres de notre famille et enfants majeurs.

Le paradoxe de ces lois font que nombreux sont les travailleurs du sexe qui font appel à des proxénètes pour ne pas être criminalisés eux/elles-mêmes. Elles ne nous offrent d’ailleurs aucune réelle protection puisque les plaintes des travailleurs du sexe sont rarement enregistrées par la police quand nous ne sommes pas directement arrêtées à la suite d’un dépôt de plainte.
Nous exigeons donc l’abolition de ces lois, et que les lois du droit commun et le code du travail contre les violences, l’extorsion de revenus et l’exploitation soient appliquées pour nous comme à tout autre citoyen et travailleur.

3) Le STRASS a une femme comme porte parole nationale, Tiphaine Besnard, mais qui n’est pas nouvelle puisqu’élue depuis la dernière AG de décembre 2009 avec le reste de l’ensemble du bureau et du CA. Elle succède à Isabelle Schweiger, une autre femme. Le STRASS a également 4 porte parole régionales, 2 femmes bios et 2 femmes trans‘. Aucun homme n‘a été élu porte parole. Notre secrétaire générale est aussi une femme.
http://www.strass-syndicat.org/2009/12/une-nouvelle-equipe-pour-le-strass

4) Le STRASS est accusé de négationnisme car nous nions, premièrement, que la majorité des travailleurs du sexe seraient des victimes de la traite ou des enfants gays jetés de chez leurs parents et, deuxièmement, que nous aurions pour la plupart subi des traumatismes sexuels dans l‘enfance. Même si tous les migrants sur le sol français étaient des victimes de la traite et de l’exploitation ce qui n’est bien sur pas le cas, il n’en reste pas moins que la majorité des travailleurs du sexe qui travaillent en France sont d’origine française. Ils ne sont donc pas des victimes de la traite.
S’agissant de la prostitution homosexuelle, nous invitons LeDoaré a consulter les sites d’escorts gays ou à se rendre sur les lieux de drague pour y compter par elle-même le nombre d’enfants jetés de chez leurs parents.

De plus, nous considérons que les affirmations sur les traumatismes sexuels dans l’enfance ne servent en rien à lutter contre ces violences ou à aider les travailleurs du sexe de quelque façon que ce soit. Ces déclarations servent uniquement à décrédibiliser les prises de positions publiques des travailleurs du sexe en expliquant que nos choix et actions ne seraient que le résultat de traumatismes sexuels.

5) LeDoaré ne fournit toujours aucune preuve à ses affirmations mais cite les pires abolitionnistes du monde en référence. Ceux-ci sont pourtant régulièrement critiqués et dénoncés pour fournir des chiffres ne reposant pas sur des bases scientifiques mais sur des interprétations et de l‘idéologie.
Le sociologue Lilian Mathieu a du parmi d’autres revenir sur la fabrication de ces chiffres cités également en exemple par ATTAC: http://www.contretemps.eu/socio-flashs/ce-que-melange-entre-expertise-militantisme-peut-produire-pire

6) En outre de noms, LeDoaré cite deux textes en référence pour dénoncer les lois australiennes et de pays qui ont décriminalisé le travail du sexe. Nous avons déjà publié le texte de nos collègues australiennes qui répondent à ces accusations. http://www.strass-syndicat.org/2010/03/les-lois-sur-le-travail-du-sexe-en-australie
Ces deux textes sont issus de personnes qui sont connues pour leur homophobie et transphobie
– Sheila Jeffreys: http://sisyphe.org/spip.php?article1050
– Julie Bindel: http://www.guardian.co.uk/world/2004/jan/31/gender.weekend7
C’est tout de même un peu maladroit de la part d’une présidente de centre LGBT.

7) LeDoaré nous cite ensuite comme autre grande référence… la télévision, et le dernier numéro d’Envoyé spécial consacré à la prostitution des enfants dans lequel on apprendrait qu’il y aurait 10 000 enfants prostitués, soit 1 prostitué sur 3.
http://www.leblogtvnews.com/article-prostitution-des-mineurs-en-france-enquete-dans-envoye-special-46432525.html
Le problème est que ce chiffre est comme les autres inventé, et ne repose sur aucune base scientifique. L’association abolitionniste ACPE qui lutte contre la prostitution des enfants et citée dans le reportage d’Envoyé Spécial a elle-même du mal à savoir d’où ce chiffre vient.
http://www.acpe-asso.org/2007/04/13/a-la-poursuite-du-chiffre-perdu/
http://www.acpe-asso.org/2007/12/03/enfants-perdus-chiffres-perdus-part-ii/

8) Le STRASS parle des clients comme de partenaires sexuels. Effectivement, nous avons des rapports sexuels avec eux. Ce sont donc des partenaires sexuels. Nous sommes contre la criminalisation de ces hommes (et quelques femmes et trans‘) avec qui nous avons ces rapports sexuels et aussi parce que nous sommes contre de manière générale la criminalisation de tout rapport sexuel consensuel entre adultes.

9) Le STRASS défend les intérêts de tous les travailleurs du sexe qu’ils travaillent par choix, contraintes ou circonstances. Si notre but n’était que de défendre les intérêts d’”escortes et de fils de bonne famille“, nous ne revendiquerions pas par exemple la décriminalisation du racolage comme notre priorité alors que celle-ci touche avant tout les travailleurs du sexe les plus vulnérables. Pour lutter contre la traite et l’exploitation, il faudrait déjà qu’on arrête de criminaliser les travailleurs du sexe. Or, mis à part le STRASS et nos alliées, personne d’autre ne lutte contre la prohibition. LeDoaré demande au contraire de criminaliser nos clients, qui à présent sont encore les seuls à pouvoir constater directement les problèmes de traite et les reporter à la police sans crainte de poursuites légales contre eux.

10) Le STRASS s’interroge enfin sur la cohérence des attaques de LeDoaré, elle si encline à dénoncer les “industries capitalistes et mondialisées de l’industrie du sexe” en s’attaquant à un syndicat de travailleurs mais tout en nouant des partenariats en tant que présidente du Centre LGBT avec des patrons de l’industrie du sexe gay ou qui vivent en partie des revenus de cette industrie. Pour ne citer que le SNEG, Pink TV et Têtu parmi ses membres et financeurs…
http://www.centrelgbtparis.org/spip.php?page=rubrique&id_rubrique=15
http://www.centrelgbtparis.org/spip.php?rubrique38
http://www.centrelgbtparis.org/spip.php?article95

Nous nous demandons où sont ses intérêts à agir de la sorte, et si elle n’en a aucun, nous devons en conclure que c’est simplement par bêtise.

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Les lois sur le travail du sexe en Australie

(Réponse à Christine Le Doaré, suite)

Dans son attaque contre le STRASS, Christine Le Doaré mentionne ce qui serait l’échec des revendications pour la décriminalisation du travail du sexe: « Ils ne parlent jamais non plus de l’expérience des féministes australiennes qui se sont battues pour légaliser la prostitution et le regrettent aujourd’hui, le bilan étant désastreux. »

Si Christine Le Doaré s’appuie sur les propos de Janice Raymond, on pourrait comprendre d’où viennent ses fausses croyances. Or, Raymond n’est pas australienne, et les militants anti-prostitution qui se disent féministes ne se sont jamais battus pour légaliser la prostitution, bien au contraire, mais ont tout fait pour en faire échouer le principe par tous les moyens. Rien d’étonnant donc qu’ils continuent de condamner cette expérience. Expérience qui d’ailleurs n’est pas uniforme. Au lieu de « légalisation de la prostitution », il s’agit plutot de différentes législations. Peut être que tout comme Janice Raymond, Christine LeDoaré semble oublier que l’Australie est un Etat fédéral, composé donc de plusieurs états, qui ont chacun des lois différentes, certaines de légalisation, d’autres de prohibition ou encore de décriminalisation.

Face à ces attaques, le STRASS s’est contenté de contacter nos collègues d’Australie qui ont dejà répondu à Janice Raymond à ce sujet. Voici donc leur réponse que nous avons simplement traduite en français.

La réponse venant d’Australie à « 10 Raisons pour ne pas légaliser la prostitution »

Ce document est de Scarlet Alliance, au nom de nos membres et avec la contribution des travailleurs du sexe en Australie, et s’adresse en reponse au document de Janice Raymond « 10 bonnes raisons pour ne pas légaliser la prostitution ».

Comme l’industrie du sexe en Australie, est réglementée par État et droit Territorial, chaque État dispose d’un modèle différent de réglementation, l’Australie peut être considérée comme une étude de cas sur l’impact des différents modèles des lois sur l’industrie du sexe. Scarlet Alliance, en tant qu’organisation d’envergure nationale des travailleurs du sexe en Australie, avec pour effectif des travailleurs individuels et des organisations de travailleurs du sexe, des réseaux, des projets et des groupes est bien placée pour parler de l’impact de ces modèles sur la vie personnelle et professionnelle de nos membres : les travailleurs du sexe en Australie.

La légalisation et la dépénalisation sont deux cadres réglementaires différents avec des résultats et des impacts différents sur les travailleurs du sexe.

Dans les États australiens que Raymond appelle réglementaristes, l’industrie est en effet régie par un cadre d’homologation. Le modèle de licence inclut le développement d’un organisme gouvernemental visant à réglementer les licences des entreprises de l’industrie du sexe, les opérateurs, les gestionnaires, et dans certains cas, les travailleurs du sexe. Il s’agit d’un modèle complexe qui se traduit par un faible pourcentage de l’industrie travaillant dans la légalité, avec dans certains cas, des conditions extrêmes et illogiques de régulation dans le fonctionnement quotidien. Dans deux Etats, la réglementation est définie par l’organisme de réglementation gouvernemental du système de licences qui a introduit les conditions les plus problématiques.

Tout impact négatif de ce modèle de réglementation ne signifie pas la preuve que la légalisation n’est pas efficace car il ya eu des résultats positifs pour les travailleurs du sexe opérant dans ce secteur juridique. Les résultats négatifs des cadres de licence portent sur les règlements et les conditions qui sont illogiques et non fondés sur des preuves. De nombreuses personnes n’ont d’autre choix que d’opérer en dehors du secteur juridique sous licence et par conséquent, lorsque les règlements sur-réglementent l’industrie. Il faut noter que les féministes anti- travail du sexe ont fait pression pour une réglementation lourde de l’industrie du sexe et ont joué un rôle dans le fait que la création de structures juridiques existantes soient irréalisables.

1. La légalisation / dépénalisation de la prostitution est un cadeau fait aux proxénètes, les trafiquants et l’industrie du sexe (Raymond, 2003).

Réponse Australienne: L’Australie ne dispose pas d’une culture notable de «souteneurs» impliqués dans l’industrie du sexe (AFAO, 2000).

L’industrie du sexe lorsque réglementée par la police est sensible à la corruption de la police. Le fait que la police exige de l’argent et / ou des services sexuels en échange de ne pas fermer les entreprises et d’arreter des travailleurs du sexe est bien documenté lorsque l’industrie du sexe est criminalisée.

L’une des principales raisons pour laquelle la Nouvelle Galles du Sud a dépénalisé l’industrie du sexe a été pour supprimer le role de la police comme régulatrice de l’industrie du sexe et pour diminuer la corruption policière. Beaucoup de travailleurs du sexe avant la dépénalisation voyaient la police comme l’équivalent australien de proxénètes.

La dépénalisation a été efficace pour réduire la corruption de la police de Nouvelle Galles du Sud.

Expérience de l’Australie – La dépénalisation de l’industrie du sexe a réduit la corruption de la police. Au sein d’une industrie du sexe dépénalisée, les entreprises de l’industrie du sexe sont réglementées comme les autres entreprises par exemple. Des inspections sont effectuées par l’administration locale et les autorités de sûreté de santé et du travail. Les entreprises sont autorisées et le zonage est réglementé par les conseils. Les travailleurs du sexe ne sont pas des criminels et leurs lieux de travail ne sont pas illégaux. En tant que tel, les travailleurs sexuels défendent et s’attendent à avoir, les mêmes droits que les autres travailleurs. La probabilité des actes criminels signalés à la police a augmenté.

Un mouvement solide et vocal pour les droits des travailleurs du sexe a donné une voix à la communauté des travailleurs du sexe en Australie pendant plus de vingt ans, en informant la politique du gouvernement, s’adressant aux mythes et stéréotypes dans les médias et en informant les autres travailleurs du sexe de leurs droits humains et civiques. La formation de collectifs et de groupes de pression et la syndicalisation des travailleurs du sexe a vu un groupe, autrefois d’individus isolés et séparés devenir une communauté et qui se sont retrouvés dans des réseaux locaux, nationaux et internationaux pour défendre leurs droits en tant que travailleurs et en tant que citoyens, indépendamment de l’environnement juridique dans lequel ils travaillent.

D’autres facteurs qui ont contribué à l’émancipation des travailleurs du sexe australien comprennent:

Des cadres juridiques qui éliminent les sanctions pénales contre les travailleurs du sexe et nos clients. Cela a permis aux travailleurs du sexe de discuter ouvertement et de négocier des rapports sexuels avec d’autres adultes consentants (nos clients) qui à son tour a réduit la possibilité de conflit et a accru notre capacité à introduire de manière efficace des pratiques sexuelles sécuritaires dans nos rencontres sexuelles avec les clients, ce qui réduit notre risque de transmission au VIH et IST.

Des organisations de travailleurs du sexe financées qui nous permettent de nous rassembler pour faire entendre notre voix sur les politiques, informer le gouvernement, se faire représenter devant les instances gouvernementales, participer librement, et déterminer les questions clés qui touchent les travailleurs du sexe, avec une participation de haut niveau des travailleurs du sexe, notamment dans la consultation des travailleurs du sexe qui sont dans l’incapacité de participer directement. Il convient de noter que les questions touchant les travailleurs du sexe en Australie, tel que définies par les travailleurs du sexe ne sont pas reflétées dans le document de Raymond. En fait, les travailleurs du sexe en Australie ont ouvertement remis en question l’agenda politique de Raymond et ses associés, et de la perpétuation d’une conception fausse et trompeuse des résultats de la réglementation de l’industrie du sexe en Australie.

La législation anti-discrimination dans trois Etats de l’Australie a créé un cadre juridique qui soutient les travailleurs du sexe pour lutter contre la discrimination en vertu de la loi anti-discrimination. L’intégration à la législation anti-discrimination a commencé à s’attaquer à la discrimination systémique en envoyant un message clair aux organismes gouvernementaux, aux fournisseurs de services, la police et la communauté générale.

Tandis que les membres de la CATW ont laissé entendre qu’ils sont favorables à la dépénalisation des travailleurs du sexe, le groupe n’a pas mené d’action publique en Australie, pour soutenir les appels lancés par les travailleurs du sexe en Australie pour la dépénalisation du travail sexuel. Cela a inclus une demande par les travailleurs du sexe a un membre de la CATW de signer une pétition en faveur de la dépénalisation des travailleurs du sexe en Australie occidentale, renversant les lois qui criminalisent les femmes lourdement. La demande a été refusée.

Scarlet Alliance estime que le soutien « pour la dépénalisation des femmes dans la prostitution » est une ligne publique tenue par la CATW pour gagner le soutien des femmes en général. Cependant, la CATW n’a pris aucune mesure active ou de soutien à la dépénalisation, bien que le CATW a exercé de fortes pressions pour des changements de loi sur l’industrie du sexe en Australie.

Les stéréotypes concernant des travailleurs du sexe qui seraient mineurs, les proxénètes et l’usage de drogues ont été utilisés pour justifier la criminalisation ou la réglementation de l’industrie. Souvent, ces problèmes sont examinés aux depens de la santé et de la sécurité. (AFAO, 2000)

2. La légalisation / dépénalisation de la prostitution et de l’industrie du sexe encourage la traite sexuelle (Raymond, 2003).

Réponse australienne: Il n’existe aucune preuve que le trafic du sexe ait augmenté dans des pays dotés d’une industrie du sexe soit légalisée ou dépénalisée. En fait, la Nouvelle-Zélande et l’Australie ont une faible incidence de trafic sexuel.

Que l’Australie a plusieurs différents cadres réglementaires de l’industrie du sexe, y compris la criminalisation des entreprises de l’industrie du sexe dans trois grands États, tout le trafic sexuel qui se produit ne peut être attribué à une légalisation ou la dépénalisation.

En fait, le rapport australien de Beijing +10 et de la CEDAW reconnaissent que la lutte contre la traite par des réponses inappropriées ont accru la vulnérabilité des travailleurs du sexe.

3. La légalisation / dépénalisation de la prostitution ne contrôle pas l’industrie du sexe. Elles l’élargissent (Raymond, 2003).

Réponse australienne: La taille de l’industrie du sexe australienne n’a pas augmenté dans les États et territoires qui ont légalisé ou dépénalisé l’industrie du sexe.

Une clarification doit être faite que la dépénalisation et la légalisation de l’industrie du sexe en tant que modèles de réglementation ne cherche pas à contrôler l’industrie, mais plutôt à réglementer l’industrie du sexe. Comme d’autres entreprises et lieux de travail, les entreprises de l’industrie du sexe doivent être réglementées. L’industrie du sexe n’a pas besoin ou ne requiert une réglementation supplémentaire. Lorsque l’industrie du sexe est signalée comme ayant besoin d’une réglementation supplémentaire sur les autres entreprises, c’est généralement parce que les régulateurs cherchent à influer vers l’interdiction plutôt que la légalisation. En effet, une réglementation supplémentaire souvent décrète tout simplement la discrimination systémique contre les travailleurs du sexe, et leurs lieux de travail.

Les travailleurs du sexe bénéficient d’un choix varié de lieux de travail. Les travailleurs du sexe ne sont pas un groupe homogène et comme toutes les autres professions, les travailleurs sexuels exercant seuls ont des besoins variés et d’arrangements de travail appropriés. L’Australie possède une culture de petites entreprises familiales qui fonctionnent avec peu ou pas d’impact sur le reste de la communauté et fournissent des lieux de travail de moindre taille contrôlés par les travailleurs du sexe. Les grandes entreprises de l’industrie du sexe ont souvent une plus grande rotation des clients (sont plus occupées) et peuvent convenir à des travailleurs du sexe qui préférent ne pas être responsable de la gestion de leur propre business (publicité, demandes de renseignements téléphoniques, les frais généraux, etc.)

4. La légalisation / dépénalisation de la prostitution augmente la prostitution clandestine, souterraine, illégale et de rue (Raymond, 2003).

Réponse australienne: La Nouvelle-Zélande a dépénalisé l’industrie du sexe en 2003. La Nouvelle-Zélande est le seul pays à dépénaliser l’ensemble du secteur, et crée un bon exemple pour une étude de cas des résultats de la dépénalisation. Une étude néo-zélandaise a, dans ses premiers stades trouvé « qu’il n’y a pas eu d’augmentation du nombre de travailleurs de sexe de rue depuis la dépénalisation de l’industrie du sexe. »

Il est également inexact de dire que la légalisation augmente le travail clandestin, illégal et la prostitution de rue dans le contexte australien. Le cadre de légalisation auquel Raymond se réfère est un cadre d’homologation. Un cadre de licences, par son intention, qui divise l’industrie dans des opérations illégales et légales. De cette façon, c’est le cadre de licence lui-même qui rend les opérations de l’industrie du sexe (y compris les travailleurs du sexe et de nombreuses personnes travaillant à titre privé) illégales.

Ce n’est pas un résultat de la légalisation, mais est le résultat d’un modèle de licence sur-restrictives.

Raymond affirme qu' »En Nouvelle-Galles du Sud, les maisons closes ont été dépénalisées en 1995. En 1999, le nombre de maisons closes à Sydney a augmenté de façon exponentielle jusqu’à 400-500. La grande majorité n’ont pas de licence d’exploitation. Pour mettre fin à la corruption endémique de la police, le contrôle de la prostitution illégale a été enlevé des mains de la police et placé dans les mains des conseils locaux et les autorités réglementaires de planification. Le conseil n’a ni les moyens ni le personnel suffisants pour enquêter dans les bordels afin de débusquer et poursuivre les opérateurs illégaux « .

La Nouvelle Galles du Sud ne dispose pas d’un système de maisons closes de licence ou d’individus. Elle a adopté une approche pragmatique qui a cherché à minimiser le futur potentiel de davantage de corruption par des agents gouvernementaux et d’une réglementation irréalisable. En 1995, les réformes législatives importantes ont été introduites à travers la Loi sur les Maisons de désordre. Ces réformes ont été le résultat direct de la Commission Wood Royal dans le travail du Service de police de Nouvelle Galles du Sud qui a identifié une corruption policière généralisée en ce qui concerne entre autres domaines, l’industrie du sexe. L’amendement à la Loi sur les maisons de désordre a aboli le délit de droit commun sur la tenue d’une maison close. Les conseils avaient le pouvoir de prendre des mesures auprès de la Cour Terre & Environnement afin de fermer une maison close en réponse à des plaintes de personnes résidant à proximité ou aux occupants d’autres lieux. Plus tard, la responsabilité réglementaire a été donnée au gouvernement local en vertu de la loi d’évaluation et d’aménagement du territoire de 1979.

La définition d’un bordel inclut le local d’une personne travaillant seule ce qui a conduit à des allégations sans fondement que le nombre de « maisons closes » en Galles du Sud a augmenté.

Les conseils ont des pouvoirs suffisants pour réglementer les entreprises de l’industrie du sexe – ils ont les mêmes pouvoirs que ceux qu’ils ont de réglementer toutes les industries en usage sur leur territoire.

5. La légalisation de la prostitution et la dépénalisation de l’industrie du sexe, augmente la prostitution des enfants (Raymond, 2003).

Raymond a dénaturé les conclusions de l’enquête nationale 1998 ECPAT «Jeunesse a vendre».

Raymond affirme: «La prostitution des enfants a considérablement augmenté dans l’etat de Victoria par rapport aux autres Etats australiens dans lesquels la prostitution n’a pas été légalisée. De tous les pays et territoires d’Australie, le plus haut nombre de cas signalés de prostitution des enfants venaient de Victoria. Dans une étude de 1998 menée par ECPAT (End Child Prostitution et traite des personnes) qui a effectué la recherche au Centre national australien sur la prostitution enfantine, qui s’est sensiblement accrue de l’exploitation organisée du commerce des enfants ».

ECPAT a signalé que pour leur « enquête nationale » ils  » ont sondé 451 agences dont 258 étaient au courant de faits de jeunes s’engageant dans la norme CSA [commerce d’activité sexuelle]. » Sur les 258 organismes, ils ont déclaré que 3100 jeunes ont été confirmés ou soupçonnés d’être participants à une « activité sexuelle commerciale».

Cette enquête n’a pas, pour des raisons d’éthique et de ressources, pu parler ou interroger directement tous les jeunes.

Il est clair que cette méthode ne peut être invoquée pour fournir des chiffres fiables. Ce rapport ne fait non plus aucun lien entre le nombre de jeunes prestataires de services sexuels et la légalisation de l’industrie du sexe. En opposition aux allegations de Raymond, le rapport énumère une série de facteurs, dont le fait d’etre sans-abri, sans accès à un revenu, etc; des raisons que les prestataires de services interrogés ont cru, expliquent davantage la participation des jeunes dans «l’activité sexuelle commerciale».

Le rapport identifie les limites de l’enquête sur le manque de contact avec tous les jeunes, le recours à des prestataires de services qui ne tiennent pas de statistiques, des incohérences avec le questionnaire et que les données ont «un fondement statistique instable».

7. La légalisation / dépénalisation de la prostitution accroît la demande de prostitution. Cela motive les hommes à acheter des femmes pour le sexe dans une gamme beaucoup plus large et plus admissible de paramètres socialement acceptable (Raymond, 2003).

Réponse australienne: Les résultats d’une étude représentative d’un grand nombre d’adultes en Australie, publiée en 2003 a révélé que 15,6% des hommes australien a deja payé pour du sexe, et que 1,9% l’avaient fait dans l’année précédente. Une précédente étude de 1986, date à laquelle l’industrie du sexe etait illégale dans tous les États, a trouvé que 19,2% avaient deja payé pour du sexe, avec 2,5% l’ayant fait dans l’année précédente. Cela se compare à des études dans des populations d’hommes européens, ou le cas de 6,6% à 39% des hommes avaient déjà payé pour du sexe, avec une moyenne européenne étant de l’ordre de 15%. Ces mêmes études ont constaté que de 1% à 11% des hommes avaient payé pour du sexe dans l’année précédente, une moyenne de 2-3%. De toute évidence, la légalisation ou la dépénalisation de la prostitution en Australie n’a pas créé une demande accrue.

La légalisation ne donne pas lieu à une publicité incontrôlée comme ce qui peut être compris de la prétention de Raymond selon laquelle « Les publicités en ligne sont des autoroutes vers la Victoria ». En fait, la publicité est très réglementée dans le cadre de licences à Victoria et seraient encore régis aussi par la dépénalisation. Les publicités pour les entreprises de l’industrie du sexe à Victoria sont peu nombreuses et leur représentation des femmes est beaucoup plus discrète que la publicité pour les voitures, chocolats, glaces, produits pour les cheveux, etc. Dans nos réseaux et communications avec les travailleurs du sexe de Suède, nous avons construit une prise de conscience croissante de l’impact négatif que la pénalisation des clients a eu sur les travailleurs du sexe. Plus particulièrement, le modèle a fait naître la peur des clients de visiter les travailleurs du sexe ayant des répercussions négatives pour les travailleurs du sexe. Comme les clients n’iraient pas dans un établissement en intérieur ou visiter une maison qui peut facilement être sous surveillance, les travailleurs du sexe doivent désormais s’organiser pour rencontrer des clients dans un lieu public ou une rue tranquille ou cachés dans des endroits déterminés par les clients. Pour les travailleurs du sexe en Australie, cela signifie que le contrôle habituel que les travailleurs du sexe ont à déterminer où et quand cette interaction a lieu serait supprimé et les clients plus exigeants de contrôler le lieu du service afin de se protéger contre les poursuites. De toute évidence ce résultat n’est pas un résultat positif pour les travailleurs du sexe. Ainsi, plutôt que de prouver qu’en «interdisant l’achat de services sexuels, la prostitution et ses effets nocifs peuvent être contrecarrés, ce que Raymond fait valoir, le modèle suédois a abouti à un changement culturel dans la facon, et où, le travail du sexe a lieu en Suède, et ces changements comprennent de nouveaux et dangereux résultats pour les travailleurs du sexe.

Les travailleurs du sexe se sont prononcés fermement contre le modèle suédois de législation de l’industrie du sexe depuis un certain nombre d’années maintenant. Le fait que Janice Raymond préconise la même chose est en opposition directe avec ce que les travailleurs du sexe en Suède affirment avoir besoin pour protéger leur sécurité.

Petra Ostregren dans son document «travailleurs du sexe Critique de la politique de prostitution suédoise » affirme que les travailleurs du sexe en Suède « ont fortement déconseillé d’autres pays d’adopter une législation similaire. La loi contre la violence contre les femmes en Suède, 1997/98: 55, plutôt que d’avoir amélioré les conditions pour les travailleurs du sexe tel que décrit par Raymond, les travailleuses du sexe locales expliquent que ces lois contre l’achat de services sexuels ont augmenté les risques et la violence contre les travailleurs du sexe et que la loi contre le proxénétisme leur rend impossible le fait de travailler en toute sécurité ».

8. La légalisation / dépénalisation de la prostitution ne favorise pas la santé des femmes (Raymond, 2003).

De nombreuses études montrent que les travailleurs du sexe en Australie jouissent d’une santé sexuelle meilleure que la communauté en général et ont un faible taux de VIH / sida. Bien que cela seul ne prouve pas que la légalisation ou la dépénalisation de l’industrie du sexe encourage la santé des femmes, ou bien la santé sexuelle, il réfute toute allégation selon laquelle les travailleurs du sexe ne maîtrisent pas et ne seraient pas « en contrôle » suffisant pour négocier l’utilisation du préservatif. Les travailleurs du sexe en Australie font état de taux très élevé d’utilisation du préservatif.

Rien ne favorise la santé des femmes plus que d’avoir accès à la justice sociale et l’égalité. Comment les femmes peuvent elles sentir qu’elles ont des droits égaux pour quoique ce soit quand elles et leurs lieux de travail sont incriminés, sans aucun recours légal à la justice ?

9. La légalisation / dépénalisation de la prostitution n’augmente pas les choix des femmes (Raymond, 2003).

Beaucoup de travailleurs du sexe en Australie, ont décrit leur décision de travailler en tant que travailleur du sexe comme une décision prise après avoir examiné un éventail d’options. Pour beaucoup, le travail du sexe offre une plus grande flexibilité des horaires et la capacité d’obtenir de grandes quantités d’argent dans un temps plus réduit – ce qui permet aux parents célibataires et étudiants, par exemple, de consacrer plus de temps pour leurs enfants ou études sans pour autant sacrifier leurs revenus. Toutefois, comme les travailleurs du sexe ne sont pas un groupe homogène, nos motivations pour entrer dans l’industrie sont très divers et non uniques et individuelles.

Raymond dénature l’interaction entre les travailleurs du sexe et leurs clients par sa déclaration « Sa conformité est exigée par le fait même d’avoir à s’adapter à des conditions d’inégalité instaurées par le client qui paie pour qu’elle fasse ce qu’il veut d’elle. »

Dans une interaction entre une prostituée et un client le contenu du service est, dans la plupart des cas, négocié avant que le service commence et à d’autres occasions lorsque le service se passe. Dans un forum de discussion national des travailleurs du sexe en Australie, les travailleurs du sexe ont décrit la négociation initiale comme un temps pour fixer des limites avec un client, de déterminer le prix, d’introduire des discussions sur le sexe sans risque et de faire le choix d’accepter une réservation ou non.

L’affirmation de Raymond selon laquelle les travailleurs sexuels fourniraient des services sexuels non protégés, ou d’autres services, qu’ils ne veulent pas fournir, simplement parce qu’ils sont offerts un paiement supplémentaire, est une perpétuation du mythe selon lequel les travailleurs du sexe sont cupides ou des femmes « avides d’argent » sans normes professionnelles .

Les travailleurs du sexe déterminent régulièrement de ne pas faire certaines activités ou refusent des services dangereux, car, comme la plupart des gens, leur incitation à rester en santé est solide. Ceci est démontré par les taux élevés d’utilisation du préservatif parmi les travailleurs du sexe et les faibles taux d’IST.

Une caractéristique des écritures contemporaines anti- travail du sexe est l’utilisation d’une terminologie qui est à la fois répugnante et désobligeante envers les travailleurs du sexe. Raymond et les autres membres de la CATW, dont Sheila Jeffreys, utilisent le terme «femmes prostituées», même si les travailleurs du sexe ont souligné l’impact débilitant du terme, et déclarent sentir son utilisation comme très stigmatisante.

10. Les femmes dans les systèmes de la prostitution ne veulent pas la légalisation ou la dépénalisation de l’industrie du sexe. (Raymond, 2003)

Scarlet Alliance et nos adherents réfutent fermement la declaration de Raymond selon laquelle les travailleurs du sexe « ne veulent pas que l’industrie du sexe soit légalisée ou dépénalisée ». En Australie, les travailleurs du sexe ont appelé publiquement à ce que l’industrie du sexe soit dépénalisée et l’ont fait de façon systématique depuis le milieu des années 1980. Les travailleurs du sexe et nos organisations et réseaux régionaux et internationaux plaident en faveur de la dépénalisation de l’industrie du sexe.

Scarlet Alliance et l’Australian Sex Workers Association, tiennent un forum national de trois jours chaque année. Les délégués travailleurs sexuels de chaque État et Territoire participent tout comme les travailleurs du sexe locaux en tant qu’individus. Le comité exécutif de l’organisation est nommé et élu à l’assemblée générale annuelle joint à la réunion. Scarlet Alliance est informée et dirigée par ses membres travailleurs du sexe et les organisations de travailleurs du sexe / projets / réseaux et groupes. La décision de plaider en faveur de la dépénalisation de l’industrie du sexe en Australie a été mise au point à partir d’une représentation forte par les travailleurs du sexe exigeant qu’une dépénalisation soit introduite dans tous les États et Territoires australiens en Australie. Raymond a clairement décidé de ne pas représenter les vues d’appel publiquement exprimées en faveur de la dépénalisation de l’industrie du sexe par les travailleurs du sexe en Australie et dans de nombreux autres pays, dans une tentative d’induire en erreur les lecteurs.

L’expérience australienne est que les féministes anti-travail du sexe ont à maintes reprises une fausse représentation des points de vue des travailleurs du sexe afin de faire progresser leur propre agenda.

Conclusion:

Scarlet Alliance et nos adhérents recommandons fortement que la voix des travailleurs du sexe devrait être au premier plan de tout débat concernant les lois sur l’industrie du sexe. Ce sont souvent les lois faites pour notre « protection » à l’esprit, qui ont l’impact le plus dévastateur sur notre travail, sécurité et vie personnelle. Un exemple d’un tel modèle est le modèle suédois qui est promu par les féministes anti-travail du sexe dans le monde, bien que les travailleurs et travailleuses du sexe suédoises elles-mêmes experimentent qu’il contribue à des lieux de travail et des pratiques de travail dangereux et à une autonomie diminuée.

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Réponse LeDoaré, votre féminisme est putophobe.

Le 3mars 2010, Christine Le Doaré dans son article sur le blog de Têtu : “Non votre féminisme n’est pas nouveau” s’attaque aux féministes pro-sexe qu‘elle qualifie tout au long de son texte de “nébuleuse alternative” constituée de “groupuscules et individus”. Faisant partie du collectif féministe qui a lancé ces autres appels aux marches annuelles du 8 mars, et étant directement citée comme organisation, le STRASS a proposé à Têtu ce droit de réponse qui a été refusé.

La position universaliste de Christine Le Doaré n’est pas nouvelle. Elle s’est toujours déclarée anti-communautariste et n’a jamais compris pourquoi des transpédégouines refusaient les politiques assimilationnistes qui leur demandent toujours de faire l’effort de bien se comporter auprès des hétéros, d’être bien sages et bien discretes, de ne pas s’afficher et provoquer, de ne pas faire de mariage symbolique dans Notre-Dame et de ne pas choquer les valeurs religieuses des croyants, de faire attention quand il y a des enfants, de ne pas faire de prosélytisme, de ne pas jeter du faux sang sur les murs de l’Élysée ou crier sur un Ministre de la Culture, et tout ça pour mériter d’être acceptées dans leur système qui continue de nous refuser ne serait-ce que l’égalité de leurs droits d’hétéros.

Mais ce qui fait polémique dans le monde féministe ce n’est pas tant les transpédégouines, qui de toute façon sont maintenant dans leurs propres mouvements. Et puis les féministes mainstream ont leurs propres lesbiennes, la plupart bien planquées sous le label “femme” ou “féministe” pour ne pas avoir à être visibles en tant que lesbiennes dans le mouvement, même si tout le monde le sait, et qu’en fait elles sont bien pratiques car il faut toujours des lesbiennes de service pour ne pas paraître homophobes.

Ce qui fait polémique en ce moment ce sont les putes et les musulmanes qui portent le voile, et c’est en particulier sur ces deux questions, parmi d’autres, que notre collectif féministe s’est fondé, puisque nous sommes exclues des mouvements féministes classiques. Le Doaré, fait mine de ne pas comprendre comment nous pouvons à la fois dénoncer la participation de GayLib aux Prides et nous plaindre d’être nous-mêmes exclues par ces féministes quand il s’agit pour elle d’exclusions comparables. Elle ne dit d’ailleurs pas qu’elle est contre la participation de GayLib mais précise bien pourquoi les travailleurs du sexe ne peuvent pas participer aux marches féministes.

Exclure les putes et les femmes voilées d’une manifestation féministe c’est se positionner politiquement contre des femmes minoritaires. Stopper 20 minutes le char de l’UMP à la Pride en fin de manif, c’est refuser qu’un parti politique menant des politiques homophobes et allant à l’encontre des revendications LGBTI puisse parader et faire sa promotion parmi les personnes mêmes qu’il opprime. Dans un cas il s’agit de protester contre l’exclusion de groupes opprimés, dans l’autre de demander l’exclusion d’un groupe oppresseur quand bien même ce groupe est représenté par ses gays-alibis qui lui servent de caution politique.

Oui il y a des travailleurs du sexe membres de ce collectif féministe, puisque nous en faisons partie avec d’autres, mais non nous ne demandons pas la légalisation de la prostitution. La prostitution est déjà légale. Nous demandons la décriminalisation de l’organisation du travail du sexe, dont le racolage.

Le STRASS, Syndicat du TRAvail Sexuel n’est pas majoritairement un groupe d’hommes biologiques. Le STRASS est composé de 10 % d’hommes, 20 % de trans’ et 70 % de femmes, et cette représentativité peut se retrouver dans le CA du syndicat. Plus de la moitié de nos membres travaillent dans la rue, ce qui est une très bonne représentativité étant donné que la majorité des travailleurs du sexe exercent à présent via Internet. Nul besoin d’ailleurs d’être un ou une “escorte de luxe” pour travailler sur Internet.

Cette attaque sur notre représentativité est courante. Chaque fois qu’un ou une travailleuse du sexe prend la parole publiquement on l’accuse tout de suite d’être non représentative. On fait pourtant rarement ou jamais ce procès aux autres mouvements, alors qu’on pourrait très bien le faire à l’encontre de Christine Le Doaré et de ses amies féministes, qui se font la spécialité de parler au nom des femmes tout en excluant les femmes minoritaires.

S’agissant des clients, ce n’est certainement pas Le Doaré qui va nous expliquer comment les hommes avec qui nous avons des rapports sexuels envisagent leur rapport à l’autre ou à l’intime. S’il y a des personnes qui ont peut-être une idée sur la question, c’est certainement davantage nous, les travailleurs et travailleuses du sexe, qui ayant baisé avec des centaines ou des milliers d’hommes ont plus de chances de comprendre comment ils fonctionnent sexuellement, bien que nous non plus ne soyons pas dans leur tête et ne puissions parler à leur place.

Le Doaré nous ressort le petit couplet classique sur les esclaves de l’Est et d’Afrique, et des gamins gays jetés de chez leurs parents, des traumatismes sexuels dans l’enfance, etc. Toujours les mêmes affirmations sans preuves. Ce qui est surprenant c’est que ce sont les mêmes qu’on sortait au sujet des homosexuels pour dénier leur légitimité à parler.

Elle devrait pourtant savoir en tant que lesbienne ce que ça signifie quand des homophobes lui disent qu’elle est devenue lesbienne à la suite de traumatismes sexuels inconscients dans son enfance, qu’elle souffre d’un Syndrome de Stockholm qui explique pourquoi elle prétend aimer sa condition et qu’elle ne réalise même pas à quel point sa sexualité est néfaste et dangereuse, que son mode de vie mène à la dépendance aux drogues et à l’alcool, aux contaminations d’IST et VIH, et à subir la violence des hommes. Face à cette vie de souffrance, aucune femme ne choisirait d’être lesbienne, aucun parent ne souhaiterait ça pour son enfant, et c’est pourquoi la plupart sont heureuses de pouvoir être guéries et réhabilitées par la bienveillante aide des experts. Ce que Le Doaré dit des putes, elle le dénoncerait comme lesbophobe si on en disait ne serait-ce qu’un dixième au sujet des lesbiennes.

Pour bien prétendre que les putes ne seraient pas libres, elle met le mot “volontaires” entre guillemets et donne l’exemple d’un cas particulier, celui d’une prostituée qui a arrêté par amour, pour en conclure que toutes veulent “s’en sortir”, et on note ici le même vocabulaire stigmatisant que pour designer les usagers de drogues.

Le Doaré nous sort un chiffre d’on ne sait où : “en France 92 % des prostituées veulent s’en sortir”. On ne sait même pas combien il y a des prostituées en France puisque ca fait 30 ans qu’on nous sort la même estimation de 15 000 à 20 000 prostituées et que personne n’est capable d’expliquer comment on a créé ce chiffre. Au même moment il y aurait 80 000 putes au Royaume Uni et 400 000 en Allemagne. Mais sans doute que la France est exceptionnellement moins penchée sur le sexe. En fait, nous avons une petite idée d’où ce chiffre sort : certainement de la militante abolitionniste Melissa Farley, connue pour aller dans les hôpitaux psychiatriques interviewer des putes pour en conclure que nous sommes victimes de désordres psychologiques post-traumatiques. Ce chiffre de 92 % apparaît dans son “étude” de la prostitution dans 5 pays: l’Afrique du Sud, la Thaïlande, la Turquie, les USA et la Zambie. En fait, il n’existe aucun chiffre de ce genre pour la France.

Mais pourquoi ne pas considérer ce chiffre comme universel. Seulement il faut voir aussi comment la question a été posée. Parce que si on pose aux personnes sondées la question de savoir “si on vous proposait quelque chose de mieux arrêteriez vous la prostitution ?”, on se doute bien que la plupart diront oui. Et si on vous proposait quelque chose de mieux, Madame Le Doaré, arrêteriez vous d’écrire sur des sujets que vous ne connaissez manifestement pas ? Vous, tellement convaincue que vous êtes de ne pas stigmatiser les prostituées, mais que faites-vous en nous décrivant comme des esclaves, violées et forcées, ou bien des escortes de luxe qui osent parler à leur place pour défendre les hommes et le capitalisme ?

Vous dites que les féministes comme vous ne veulent pas la poursuite des prostituées, mais que font-elles donc alors ces féministes pour lutter contre les lois répressives contre le proxénétisme, qui nous affectent directement en criminalisant le fait de travailler à plusieurs pour être en sécurité, le fait de partager un studio ou de prêter une camionnette pour bosser, le fait de passer une annonce dans la presse, ou que nos partenaires ou nos familles vivent d’une partie de nos revenus ? Que faites-vous? Vous les défendez. Parce que vous maintenez l’amalgame entre proxénétisme de soutien et proxénétisme de contrainte. Vous défendez même la criminalisation de nos clients, qui est une attaque directe contre nos revenus et notre existence.

Les bilans australien et néo-zélandais n’ont rien de désastreux, bien au contraire.(1)(2) La décriminalisation a permis de retrouver la confiance des travailleurs du sexe dans la police et de mieux lutter contre les violences subies en permettant que ces crimes soient enregistrés et pris en compte.(3) Elle a permis aux travailleurs du sexe de s’auto-organiser sans crainte de risques légaux au point qu’un char de travailleurs du sexe a fait sensation au dernier Mardi Gras LGBT de Sydney il y a quelques jours.(4) Il reste certes des problèmes pour les travailleurs du sexe souffrant d’addictions ou étant non documentés et il reste encore de la traite des êtres humains, mais comme dans tous les autres secteurs économiques dont la légalité n‘est pas suffisante en soi pour lutter contre ces problèmes. Il ne s’agit pas de nous croire sur parole mais de simplement regarder les faits en face et d’arrêter de répéter les mêmes mensonges et chiffres faux ou formules toutes faites, comme l’amalgame persistant entre prostitution et esclavage.

Non, défendre les droits des travailleurs du sexe ce n’est pas “défendre les industries capitalistes et mondialisées du sexe”. Oseriez-vous dire des autres syndicalistes qui luttent pour la survie de leur emploi, contre leurs licenciements ou de meilleures conditions de travail qu’ils sont tous des libéraux capitalistes mondialistes complices des exploiteurs pour accepter de mettre leur corps à disposition du capital ?

Et vous avez beau nous sortir un couplet sur le bon vieux Marx, ça ne fait pas de vous une championne de la lutte des classes. Le travail sexuel n’est pas une invention du capitalisme. Ca a existé un peu plus longtemps on va dire. L’exploitation de l’homme ou de la femme par l’homme existe partout. Or, la différence que vous faites pour les travailleurs du sexe ne se résume qu’à l’usage de notre sexe. Parce que vous ne qualifiez pas les autres travailleurs d’objets, et pour cause. Vous maintenez une hiérarchie entre ceux qui seraient de vrais travailleurs et ceux qui ne seraient que des corps-objets et par là-même empêchez toute forme de solidarité.

Mais nous devons vous dire, Madame Le Doaré, que ce qui fait de nous des objets, ce n’est pas le fait de nous faire enculer ou de sucer des bites pour de l’argent. En tout cas pas plus que quand on travaillait dans les autres boulots que la plupart d’entre nous faisions avant le travail du sexe, 35 heures par semaine, et avec un patron sur le dos. Parce que se faire pénétrer ne veut pas dire que l’on donne son corps. Parce que l’organe le plus important que nous utilisons pour baiser est notre cerveau, bien que vous pensiez sans doute, à vous lire, que nous ne faisons qu’écarter les jambes en attendant que ca se passe.

Ce qui fait de nous des objets, ce sont les discours politiques comme le vôtre qui tentent de nous réduire au silence en discréditant nos mouvements. C’est le fait de vouloir criminaliser nos partenaires sexuels comme lorsque les jeunes transpédégouines ne pouvaient pas baiser avec des plus de 21 ans. C’est le fait de nous refuser les mêmes droits qu’aux autres travailleurs et citoyens sous prétexte que ce serait encourager l’exercice de la prostitution. C’est le fait de refuser de reconnaitre notre auto-détermination et jusqu’aux mots que nous employons pour nous définir nous-mêmes.

En matière de lutte de classes, les féministes non-putes auraient beaucoup à apprendre des féministes putes. Votre abolitionnisme est né dans l’Angleterre victorienne qui considérait que les femmes devaient rester asexuelles en-dehors du mariage. A celles qui ne se pliaient pas à cette injonction était réservé le sort de femme déchue, y compris aux lesbiennes, d’ailleurs, puisqu’une femme respectable ne pouvait se douter que de telles pratiques existaient. Josephine Butler, la fondatrice de ce mouvement n’a jamais caché ses valeurs et son sens du devoir chrétien pour sauver les femmes déchues. Il ne faut pas s’étonner d’où vient cette expression de “vente du corps” quand autrefois les femmes du peuple étaient accusées de sorcellerie par d’autres femmes pour “vendre leur âme au Diable”. Oui, il s’agit bien d’héritage religieux, et les abolitionnistes sont autant, si ce n’est plus, issus de mouvements chrétiens que féministes.

Il s’agit aussi d’une philosophie de classe, car ce sont ces féministes victoriennes des classes supérieures qui ont entrepris de vouloir moraliser leur société trop encline au sexe, tout comme quand vous décrivez la sexualisation à outrance dans les médias. Le discours n’a pas tant changé. Ces féministes qui prétendaient vouloir le bien des femmes prostituées, elles non plus ne semblaient pas trop préoccupées par le fait que leurs campagnes anti-prostitution résultent en de nouvelles lois répressives, comme la criminalisation du racolage ou encore de l’homosexualité masculine en 1885 par le Criminal Amendment Act.

Elles ne s’en préoccupaient pas car à cette époque il était normal de civiliser le peuple et d’apporter l’œuvre civilisatrice bienfaitrice en colonisant le reste du monde. Un peu comme aujourd’hui, quand sous couvert de lutter pour l’émancipation des femmes afghanes on envahit leur pays, ou quand pour apporter la démocratie on impose des élections frauduleuses.

Et oui, votre féminisme est un féminisme blanc et de classe. Autre exemple, quand le CNDF fait appel à la protection de la police et de l’Etat contre les violence faites aux femmes. Pendant ce temps-là, les femmes du peuple savent qu’elles ne peuvent pas faire confiance à une police qui préfère protéger la propriété privée et les riches plutôt que les pauvres. Pendant ce temps-là, les putes sont violées par les flics, comme encore la semaine dernière à Nice. Et là, bizarrement, on n’entend jamais les féministes mainstream pour dénoncer les viols des putes. Ah ben oui, c’est vrai, il suffit de dénoncer la prostitution en tant que telle puisque toute prostitution est en soi un viol… Désolées, mais nous on sait encore faire la différence entre un rapport consenti et un viol.

Défendre le droit de se prostituer, c’est défendre le droit de disposer librement de son corps quand bien même ça ne plaît pas aux féministes bourgeoises de savoir ce que les femmes du peuple font avec. Pourtant elles font bien souvent la même chose, sauf que ca ne s’appelle pas prostitution pour elles, mais mariage et rendez-vous amoureux ou fêtes de la St-Valentin. Oui, le travail du sexe est une contrainte économique, comme tous les métiers. Mais vous ne dites ça que pour nier notre libre choix. Or c’est facile pour des bourgeoises, quand elles n’ont pas à faire ce choix-là justement.

La plupart des femmes n’aimeraient pas avoir à faire le choix d’avorter par exemple. Mais nous sommes bien toutes contentes que l’avortement soit légal et qu’il puisse se faire dans de bonnes conditions, quand bien même on n’avorte pas par plaisir. Lutter contre la prostitution sous prétexte que des femmes en meurent c’est comme lutter contre l’avortement sous prétexte que des femmes en meurent.

Évidemment, comme d’habitude, on nous vante le “modèle suédois”. Mais contrairement à la Nouvelle-Zélande et l’Australie, le gouvernement suédois n’autorise pas d’études indépendantes sur sa loi. Mona Sahlin, l’ancienne ministre pour l’égalité de genre, explique qu’évaluer la loi de criminalisation d’achat de services sexuels serait comme évaluer les lois sur le viol et la pédophilie. Contrairement à la Nouvelle-Zélande et l’Australie, en Suède les travailleurs du sexe sont exclus des débats et consultations sur les politiques les concernant. La ministre de la Justice Beatrice Ask a déclaré que la Suède ne devait pas respecter le droit des prostituées de choisir librement de travailler comme prostituées ni les laisser être entendues sur les sujets qui les concernent, car ce serait un point de vue étranger qui ne correspond pas à celui dont elle pense qu’on devrait l’avoir.(5)

Le point commun des luttes pro-putes et des luttes anti-racistes c’est donc déjà d’être discriminées par les féministes mainstream. Mais c’est aussi de se placer en-dehors de leur universalisme républicain, comme si toutes les oppressions de genre étaient celles de blanches bourgeoises, juristes en entreprise comme vous par exemple.

Par exemple, quand vous parlez de “double et triple oppression” comme s’il s’agissait uniquement d’additionner une à une les discriminations, vous faites encore une erreur d’analyse. Le problème est davantage l’intersectionalité entre ces discriminations, qui fait que quand bien même on ajoute le racisme au sexisme, on continue de percevoir le racisme comme un problème d’hommes noirs et arabes et le sexisme comme un problème de femmes blanches. Il suffirait pourtant juste de lire Bell Hooks, surtout maintenant qu’Elsa Dorlin a publié une compilation sur le black feminism.

Ce que vous ne semblez pas encore avoir compris, pour ignorer les liens entre luttes putes et luttes anti-coloniales et anti-racistes, c’est que la criminalisation du travail sexuel sert a lutter contre l’immigration. Toutes vos histoires sur la traite des femmes, si vous étudiez ne serait-ce qu’un petit peu le problème, ou si vous étiez en contact avec des putes migrantes, vous comprendriez que c’est un problème de contrôle migratoire qui n’a rien à voir avec la demande des hommes pour du sexe. Quand on peut migrer et travailler légalement, il n’y a aucune raison de s’endetter auprès de passeurs ou organisations plus ou moins criminelles. On peut juste faire la même chose auprès de sa banque qui trouvera d’autres moyens légaux que la violence pour vous faire rembourser vos dettes.

Les luttes lesbiennes et trans’ sont elles aussi liées à celle des travailleurs du sexe, ne serait ce que parce que les transpédégouines sont nombreuses dans l’industrie du sexe. Mais aussi parce que si on compare les mécanismes de discriminations, il n’y a pas tant de différences entre par exemple des psys transphobes qui se posent en experts de ce qu’on peut faire de son sexe ou non en réduisant les trans’ à des malades, victimes de trouble de l’identité, et des abolitionnistes qui nous expliquent que c’est mal de se prostituer et qu’ils vont nous sauver avec leur centre de réhabilitation où on fait faire aux putes des travaux tellement pourris et non-formateurs que la plupart retournent sur le tapin après. Il n’est en effet donc pas étonnant de trouver certaines de ces féministes bourgeoises être à la fois transphobes et putophobes, pour ne citer en exemples que Janice Raymond ou Patricia Mercader.

Les “meilleurs alliés des mafieux du crime organisé et des patrons des industries du sexe” ne sont pas ceux que vous croyez. En maintenant la criminalisation des travailleurs du sexe, en voulant celle de nos clients, et en nous excluant du droit commun, c’est vous qui leur permettez de nous exploiter sans que nous ne puissions avoir le moindre recours légal contre eux.

Et pour quelqu’une qui prétend être contre l’industrie du sexe et pour la criminalisation des clients, il est tout de même surprenant de faire héberger son blog par le site web du magazine Têtu qui bénéficie directement de l’argent de ses annonceurs de l’industrie du porno, ou encore de faire business avec les monsieur gay propres de la mairie de Paris pour faire subventionner son centre LGBT, alors que la plupart d’entre eux sont clients et/ou se branlent sur les films porno dans lesquels les membres du STRASS jouent.

(1) http://www.justice.govt.nz/policy-and-consultation/legislation/prostitution-law-review-committee/publications/plrc-report/report-of-the-prostitution-law-review-committee-on-the-operation-of-the-prostitution-reform-act-2003

(2) http://192.190.66.46/search/serve-db-document.tcgi?collection=first&record_id=35473/

(3) http://www.scarletalliance.org.au/library/quadara08/file_view

(4) http://www.youtube.com/user/queerRTchoke#p/a/u/0/Wt2NMmKIZBs

(5) http://www.ihra.net/Assets/276/1/2008_Wednesday_Concurrent_SexWork_Jakobsson.pdf

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STRASS, Syndicat du Travail Sexuel
c/o Act Up-Paris
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